le Maroc confirme son statut de destination «de confiance»


Porté par une croissance sans précédent, alimentée par une politique volontariste de développement, le royaume chérifien se prépare à battre des records de fréquentation touristique. En dépit d’un contexte troublé par la guerre au Moyen Orient, il confirme sa réputation de destination «secure» voire alternative.

Un climat idyllique, au diapason du baromètre de l’activité touristique de la ville Rouge, calé sur le beau fixe : les files d’attente s’étiraient de nouveau à l’aéroport en ce début mai, tandis que la médina fourmillait de touristes, avides de se percher sur les rooftops pour une pause bonne mine, loin des frimas et des conflits qui embrasent le Moyen Orient.

Au-delà de la compassion vis-à-vis des populations éprouvées par la guerre et des inquiétudes sur les retombées économiques, un même son de cloche : « le constat que nous pouvons faire actuellement est que l’activité est normale pour la saison », résume Mustafa Amalik, secrétaire général du Conseil Régional de Tourisme de Marrakech. «Le semestre 2026 s’annonce exceptionnel avec des taux d’occupation autour de 90% pour le printemps», renchérit Samuel Roure président de Moroccan Guest Houses (MGH).


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Comme la ville Rouge, d’autres ex-cités impériales affichaient également de bonnes perspectives pour le tourisme de loisirs. « À part le marché asiatique, en légère baisse, les autres marchés, notamment en Europe, se portent bien », indique Moulay Ahmed Sentissi, président du Conseil Régional du Tourisme de Fès où l’on s’attend à faire le plein ce printemps jusqu’au Festival des Musiques Sacrées en juin.

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L’une des rares destinations en hausse

Chez les voyagistes français, cette performance du Maroc est jugée remarquable au regard de la tendance générale. Alors que nombre de destinations enregistrent des baisses significatives depuis le déclenchement du conflit le 28 février dernier, le royaume chérifien a très vite repris sa croissance. « Le Maroc est l’une des rares destinations du monde arabe qui a progressé au mois de mars», remarque Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour operating (Seto), pour qui le pays fait partie « des destinations de repli comme les Canaries ou le Cap Vert » appelées à «tirer leur épingle du jeu en 2026 ».

À une plus petite échelle, le constat est identique chez le voyagiste en ligne Misterfly dont les réservations pour le Maroc affichent une croissance de 4% à fin mars (versus N-1) alors que le marché global subit une baisse de 30%. Et chez Transavia France qui opère une soixantaine de vols vers le royaume chérifien au départ de nombreuses villes, ce phénomène de report ne fait aucun doute. «Nous constatons une dynamique de réservations soutenue vers le Maroc pour ce printemps, en particulier durant les vacances d’avril et les ponts de mai », indique Julien Mallard, directeur général adjoint commercial de Transavia France, qui a redéployé «des vols supplémentaires (…) principalement vers le Maroc (qui concentre près de 30 % des capacités réaffectées), mais également vers l’Espagne, le Portugal et l’Italie », le tout avec une légère augmentation de 10 euros par aller/retour.

Une desserte aérienne exceptionnelle

 «En France, le Maroc est considéré comme une destination secure, organisée et proposant un panel d’offres bien diversifié », résume Patrice Caradec pour expliquer cette force tranquille marocaine. « Le pays a des objectifs ambitieux, passer de 6 à 10 millions de voyageurs français d’ici à cinq ans et il s’en donne les moyens, la capacité hôtelière se développe, et l’accessibilité n’a jamais autant été une réalité». Point fort de la stratégie de développement, dans la perspective du Mondial de football en 2030, la création de lignes aériennes point à point s’est accélérée ces derniers mois. Lancement d’une douzaine de nouvelles lignes par Transavia au départ de la France à l’automne, création d’une nouvelle base (la 5e au Maroc) à Rabat par Ryanair cet hiver, ouverture récente d’une base à Tétouan par Royal Air Maroc avec notamment une nouvelle liaison vers Paris CDG, et inauguration ce printemps d’une base Easyjet à Marrakech, sa 1ère en Afrique avec deux nouvelles lignes au départ de Lille et Strasbourg…Une desserte aérienne « exceptionnelle » servant « une offre touristique en pleine expansion », note Frédéric Pilloud, digital director de Digitrips/Misterfly

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Car si Marrakech continue de drainer une grande part des flux, notamment chez les Français (elle caracole en tête des résas pour les vacances de printemps et les ponts de mai selon la toute dernière étude réalisée par Opodo, leader européen des voyages en ligne), d’autres villes commencent à recueillir les fruits de cette politique volontariste. Au mois de janvier, les arrivées ont bondi de 27% à l’aéroport de Tanger Ibn-Battouta et de 29% à l’aéroport de Rabat-Salé contre 9% à Marrakech. Une croissance qui ne s’explique pas uniquement par la fréquentation liée à la tenue de la Coupe d’Afrique des Nations dans six villes marocaines. À l’écart des compétitions, Ouarzazate a affiché une hausse de 35% des nuitées en janvier, signant son retour sur la scène touristique grâce à un début d’amélioration de sa connectivité et de son offre touristique, avec tout un programme de rénovations, mises à niveau et création de nouveaux établissements.


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Reports

Reste tout de même une forte incertitude générale liée au contexte géopolitique et économique. Au vu des premiers indices « nous sommes plutôt rassurés », note un hôtelier implanté dans plusieurs villes au Maroc, « mais le souci est tout de même la visibilité et la durée de la crise actuelle ». Le gouvernement marocain avait même décidé d’accorder une aide directe exceptionnelle aux transporteurs notamment touristiques et aux taxis jusqu’au 15 avril, pour compenser les effets de la hausse des prix des carburants. « Allons-nous bénéficier de reports ? Il est trop tôt pour l’évaluer, cela dépend de l’équilibre mondial, hyper instable pour le moment», estime Samuel Roure. « Mais si le Maroc attire, ce n’est pas pour ce que le monde traverse, c’est pour ce qu’il est, une destination de confiance, proche, pas chère, dépaysante, avec des valeurs humaines ».



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