ces Français qui parcourent le monde pour faire des Hyrox


Un week-end à Barcelone pour enchaîner running et burpees ? Longtemps cantonné aux salles de sport, l’Hyrox devient un nouveau moteur de voyage. Quitte à traverser l’Europe, voire les continents, pour prendre le départ. Décryptage d’un phénomène en mouvement.

« Avec mon frère, on cherchait une destination sportive pour l’été 2024 aux États-Unis, et on est tombés sur Hyrox, que je ne connaissais pas bien. On a immédiatement accroché avec le concept », raconte Louis, 39 ans, directeur dans le conseil. L’Hyrox ? Vous avez forcément déjà vu passer ces vidéos sur les réseaux sociaux : des milliers de personnes dans d’immenses halls, enchaînant course, burpees et fentes dans une sorte de chorégraphie collective, millimétrée et presque hypnotique.

Créé en 2017 en Allemagne par Christian Toetzke, organisateur d’événements sportifs, et Moritz Fürste, double champion olympique de hockey sur gazon, l’Hyrox s’est progressivement imposé à l’international, avant d’arriver plus récemment en France. Le concept ? Une compétition standardisée (8 kilomètres de course entrecoupés d’exercices de fitness), reproductible partout dans le monde, avec les mêmes épreuves, dans le même ordre, quel que soit le pays. Un format simple qui explique en partie son expansion rapide et son succès auprès d’un public bien plus large que les seuls athlètes confirmés.


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« Je voulais enchaîner les Hyrox tous les deux ou trois mois, j’étais piquée »

Si bien que l’Hyrox devient un motif de déplacement à part entière. Louis en prévoit deux par an : « Un dans une destination lointaine et un en Europe. Par exemple, l’an dernier c’était Rio et Francfort. » Pour Amélie, 40 ans, responsable de magasin de sport, passée par Rome, Barcelone, Londres, Amsterdam ou encore Chicago, le déclic est d’abord logistique. « C’est difficile de s’inscrire en France », explique-t-elle. Pour Camille, coach sportive de 36 ans, tout commence par une logique de rythme. « Il y a deux ans, j’ai choisi Rimini surtout pour la date : je voulais enchaîner les Hyrox tous les deux, trois mois car j’étais piquée, et l’Italie était une destination sympa et accessible. »

Durant ces séjours, rien n’est laissé au hasard. « On loge souvent dans un Airbnb ou des appart-hôtels afin de pouvoir préparer les repas », explique Amélie. L’objectif est clair : maîtriser son alimentation avant l’effort. Même discipline chez Camille. « Pas d’alcool, ni de nourriture trop grasse. L’idée c’était d’être le plus reposé possible. » Le programme est pensé pour optimiser la performance.

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Sport d’abord, visites ensuite

Idem pour les visites. « On se limite pour ne pas avoir les jambes trop lourdes le jour J », reconnaît Amélie. Il faudra attendre la fin pour lâcher prise. « Après, on bascule sur un mode plus classique : visites, restaurants, repos, explique Louis. Pour les destinations éloignées, on part généralement une dizaine de jours minimum. »

Dans ce contexte, le voyage se vit de manière particulière. Camille résume : «Il reste très centré sur la course. Mais les meilleurs souvenirs viennent souvent de ce qu’on n’avait pas prévu. On a découvert le parc Warner à Madrid… Puis un spectacle de flamenco à Malaga. On a plus profité que si tout ça avait été planifié à l’avance. » Les activités touristiques sont plutôt un bonus. Parfois, elles s’invitent même dans l’épreuve. « L’ambiance change beaucoup selon la ville. À Rio de Janeiro  par exemple, il y avait des spectacles de samba toute la journée », se souvient Louis.

VOIR LE DOSSIER – Brésil, un voyage grandeur nature


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Un séjour qui se prépare et se partage

Reste la question du coût. Le prix du dossard se situe généralement entre 100 et 200 euros. Mais ces escapades ont un prix. « Entre les courses, le billet d’avion et le logement, il faut compter 1200 euros environ », avance Amélie. Louis évoque « 2500 à 3500 euros pour partir hors Europe ». Camille confirme : « facilement 3000 euros en comptant les vols et les extras ». Un budget assumé. « On ne regarde pas vraiment parce qu’on peut se le permettre financièrement », admet Amélie. « On n’y va pas que pour la compétition, on en profite pour faire un week-end. »

Une pratique qu’ils vivent rarement seuls. Louis alterne les formats : en solo, en double avec son frère ou un ami, et embarque souvent ses enfants avec lui. Quant à Amélie, elle participe avec son mari, entre contraintes professionnelles et logistique familiale, quitte à s’adapter pour faire garder sa fille ou l’emmener. Camille, elle, ne part jamais sans un binôme ou un proche, entourée parfois de sa mère ou son fils, « mes supporters numéro 1 ». Elle prévoit désormais de pousser plus loin l’expérience, avec un prochain Hyrox à Cape Town, en Afrique du Sud. « Je prévois d’y rester dix jours pour rejoindre mon copain Mitch ! ». Comme si la ligne d’arrivée comptait autant que ceux avec qui on la franchit.

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