l’archipel au-delà de la «Golden route»


ITINÉRAIRE – Les rails longeant la façade pacifique de Honshu mènent jusqu’à l’extrême-ouest de l’île principale de l’archipel. Une voie jalonnée de trésors nationaux, sites Unesco et autres petits joyaux méconnus.

Tokyo la capitale, puis Kamakura, la ville côtière au Grand Bouddha. Hakone, aux portes du mont Fuji, l’incontournable Kyoto puis les temples de Nara. Et pour finir, la trépidante Osaka. Et si le voyage se poursuivait au-delà de la capitale du Kansai ? De là, la ligne de Shinkansen Sanyo pousse jusqu’aux confins de Honshu, où s’épanouit la lointaine préfecture de Yamaguchi. En chemin, une petite Venise, le bouleversant passé d’Hiroshima, une source chaude miraculeuse… En route !

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Héron blanc

Notre Shinkansen quitte les gratte-ciels de la gare de Shin-Osaka pour mettre le cap vers l’est, en longeant la mer intérieure. Une première halte nous mène à la ville d’Himeiji, que domine le «héron blanc», surnom donné à son château grandiose, enduit de chaux blanche. Un rescapé. Sur la centaine de bâtisses du Japon, elles ne sont qu’une poignée à conserver leur structure de bois originelle. Vues des hauteurs, les murailles laissent imaginer l’étendue considérable de la construction initiale, dont il ne reste que le donjon, trésor national. De l’autre côté des douves, le moderne Koko-en s’inspire des jardins qui ornaient jadis les résidences des samouraïs d’Edo. Bordant son bassin central traversé de ponts, le pavillon de thé sur pilotis sert dans les règles de l’art le matcha, qui s’apprécie sur tatami.

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Comme un air de Venise

Okayama abrite le Korakuen, l’un des plus beaux jardins du pays.
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Située à une demi-heure de là, Okayama abrite un autre bijou paysager : le Korakuen, qu’un de ces classements dont le Japon est friand hisse au rang des trois plus beaux jardins du pays. Celui-ci occupe un îlot entier de la rivière. Conçu au début du XVIIe siècle pour époustoufler les hôtes du seigneur de la ville, cet immense jardin-promenade simule un grand voyage à travers l’archipel, composant en miniature ses paysages.

Après un baru-zushi pour le déjeuner – bol de riz vinaigré recouvert de tranches de poisson et de fruits de mer, façon mosaïque – c’est en train local qu’on rejoint Kurashiki et son quartier historique. La ville, traversée de canaux, fut d’abord comptoir marchand puis haut-lieu de production de coton, raconte le musée du quartier. Ses voies d’eaux bordées de saules restent sillonnées de longues barques, que naviguent d’aguerris matelots baladant les visiteurs à la force de leur perche. Sur les rives, d’anciens entrepôts, convertis en boutiques, musées ou restaurants invitent à multiplier les pauses.

Résiliente cité

Le dôme décharné du Genbaku, devenu symbole de la catastrophe nucléaire.
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Les tramways bicolores qui sillonnent Hiroshima sont l’un des emblèmes de sa résilience. Quelques jours après le drame du bombardement atomique, qui dévasta la ville le 6 août 1945, ils reprirent du service. Autour de l’épicentre, un parc de la paix a été élevé. Les lieux invitent au recueillement guidé par des bénévoles, qui proposent de nous emboîter le pas jusqu’au dôme décharné du Genbaku, devenu symbole de la catastrophe nucléaire. Un peu plus loin, le bouleversant musée du Mémorial de paix organise des rencontres avec des Hibakushas (survivants de la bombe) et leurs descendants, passeurs de mémoire.

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Alors que le soleil tombe, des rires sonores s’envolent dès fenêtres des izakayas, laissant poindre une autre facette de la ville, joyeuse et vivante. On s’y attable pour savourer l’okonomiyaki – une crêpe au chou et aux nouilles, dans sa version locale – et des huîtres au citron, or de la région.

Chef-d’œuvre de charpentier

Enjambant son fleuve habité par des pêcheurs aux cormorans, le superbe pont Kintai.
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La ligne locale qui sillonne le littoral semble campée sur le sable. Depuis la fenêtre, les flots de la mer de Seto scintillent. Un dernier virage et nous voici à Iwakuni. Enjambant son fleuve habité par des pêcheurs aux cormorans, le superbe pont Kintai. Ses cinq arches gracieuses témoignent du précieux savoir-faire des charpentiers japonais : sans clou ni vis, ils élèvent leurs structures de bois grâce à de complexes emboîtements, dont les techniques risquent de disparaître avec les derniers maîtres.

Eau précieuse

Terre volcanique, les sources d’eau chaude jalonnent tout l’archipel et ont donné naissance à une vivace culture du bain. À Yamaguchi brille Yuda Onsen, l’une des stations thermales les plus appréciées de la région. La légende qui l’entoure a probablement contribué à sa popularité : ses eaux bienfaitrices auraient soigné un mystérieux renard blanc qui, blessé, y aurait fait trempette. Aussi, la figure du canidé est-elle omniprésente dans la ville : des sculptures de pierre veillent sur les nombreux ashiyu en plein air, où les habitants viennent se tremper les pieds.

Petite Kyoto

La céramique est l’une des spécialités de Hagi.
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Située sur la côte de la mer du Japon, la petite ville de Hagi se mérite. C’est par la route parfois sinueuse, longeant le plateau d’Akiyoshidai, qu’on y accède. Mais c’est précisément son isolement qui a fait sa valeur : la ville fait partie des cités de l’époque Edo les mieux préservées de la région et a rejoint la liste officielle des petites Kyoto, ces jumelles méconnues de l’ex-capitale impériale. On se promène dans le dédale de ses rues calmes, aux façades de bois tanné, avant de rejoindre le musée Hagi Uragami, qu’on visite autant pour son impressionnante collection d’ukiyo-e et de céramiques que pour son écrin de béton et de verre, conçu par le prix Pritzker Kenzo Tange.

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