«c’est une expérience à vivre au moins une fois»


TÉMOIGNAGES – Laboratoire du bonheur nordique, la Finlande revendique plus que jamais son statut de pays le plus heureux du monde. En 2023, une poignée de visiteurs ont été conviés à en faire l’expérience. Verdict.

La Finlande n’en finit plus de caracoler en tête du World Happiness Report, ce classement mondial fondé sur l’évaluation que les habitants portent sur leur propre qualité de vie. Dans cette hiérarchie du bien-être, les pays nordiques occupent, année après année, le haut du tableau.

Publié pour la première fois en 2012 sous l’égide de l’ONU, ce rapport compare désormais plus de 150 pays. Et depuis 2018, la Finlande y règne sans partage. En 2026, elle a conservé sa première place pour la neuvième année consécutive. Loin de laisser ce titre honorifique au rayon des satisfactions symboliques, le pays en a fait un véritable argument d’attractivité. Ces dernières années, cette réputation de champion du bonheur a nourri une partie de sa communication touristique, avec l’idée de transformer une distinction statistique en expérience concrète.


Passer la publicité

C’est dans cet esprit qu’a été lancée, en 2023, la Masterclass of Happiness, un séjour immersif proposé à quelques voyageurs internationaux invités à venir tester, sur place, les ressorts du bien-être finlandais. Parmi eux, un seul duo français : Romain Castillo, photographe de 37 ans, et sa compagne Melliça Piquemal, 31 ans, retenus après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux. Tous deux ont été conviés à passer quatre jours au Kuru Resort, au cœur de la région des lacs.

À Kuru, une masterclass en immersion

Si le pays ²évoque d’ordinaire l’hiver, la neige et la Laponie, c’est en plein été – au moment du solstice – que le couple découvre le pays. Et la surprise est totale. Pour ces amoureux du voyage qui connaissaient déjà le Danemark, l’Islande, la Norvège ou l’Écosse mais n’avaient encore jamais mis les pieds en Finlande, l’expérience s’avère très convaincante. «L’été y est magique. C’est une carte postale : des lacs à perte de vue, des forêts, des chalets… et surtout cette lumière incroyable et constante, se souviennent-ils. On oublie le temps, cela participe vraiment à l’expérience».

Dès les premiers jours, la nature s’impose comme fil rouge. Installés dans des cabanes au cœur de la forêt, face au lac, avec sauna et accès direct à l’eau, les Français ont vécu en accéléré la carte postale que l’office de tourisme met en avant dans sa communication. «On sent tout de suite qu’on ne vient pas ici pour remplir ses journées. On vient au contraire pour apprendre à les laisser respirer», rapporte le Montpelliérain.

Voir aussi :  Сергей Михайлин - Voyage, Voyage - Голос 3 сезон

De Helsinki à la Laponie : 10 hôtels finlandais pour vivre le Grand Nord à votre façon

L’accès à la nature est en quelque sorte inscrit dans la loi

Romain Castillo, photographe français

Au cours d’une journée passée dans un parc national avec un guide de Laponie, ce dernier expliquait «que l’accès à la nature est en quelque sorte inscrit dans la loi, comme un droit de l’humain», résume Romain, en référence à l’Everyman’s right, le principe nordique de «droit de tout un chacun» qui permet à toute personne d’accéder librement à la nature (marcher, randonner, cueillir, camper temporairement), y compris sur certaines terres privées, à condition de respecter l’environnement et les propriétaires.

«Pour certains participants, notamment Américains – habitués à une nature parfois plus distante, encadrée par les propriétés privées, c’était incroyable que la nature soit aussi accessible, observe le couple, alors que pour un Français familier des parcs nationaux, cette ouverture paraît moins dépaysante».


Passer la publicité

La forêt dans l’assiette

Le végétal s’invite aussi dans l’assiette. Dans le restaurant du resort, le chef compose ses menus au rythme du vivant. «Il nous expliquait comment chaque saison dicte sa carte : les poissons pêchés dans les eaux alentour, les herbes sauvages qu’il cueille lui-même en forêt». Une approche locavore qui n’a certes, «rien de dépaysant pour un Français», mais renforce cette impression de vivre la destination jusque dans l’assiette.

Une attention qui se prolonge jusque dans les intérieurs, où le design cherche à faire entrer la forêt chez soi, surtout quand l’hiver s’éternise et qu’il faut composer avec des mois de nuit quasi totale. Lors d’un atelier consacré au design, les participants découvrent un art où bois brut, laine tissée et matières naturelles recréent, dans le salon, le sentiment d’être dehors. «L’idée est que même si la nature n’est pas accessible tous les jours, on peut déjà se sentir mieux si chez soi on retrouve ses matières et ses textures qui y font penser», résume-t-il.

Voir aussi :  Voyager cet été, peut-on en rêver ?

Une leçon de bonheur… qui continue en France

De retour dans l’agglomération de Montpellier, la vie reprend son rythme : travail, contraintes, et, depuis peu, une petite fille, née cinq mois après l’aventure finlandaise. «On essaie de garder des choses dans notre quotidien, même si avec une vie à 100 à l’heure, ce n’est pas toujours évident», reconnaît le photographe. Le couple s’échappe dès qu’il le peut : «le week-end dernier, nous étions dans le Cantal pour passer une journée dans un petit bungalow de camping. Cela paraît anecdotique, cela ne paye pas de mine, mais cela fait du bien. Et cela rappelle que nous ne sommes pas obligés d’aller à l’autre bout du monde pour en prendre plein les yeux». Pour Romain et Melliça, l’histoire finlandaise n’est pas terminée. Le couple espère revenir un jour, cette fois avec leur fille, pour lui transmettre cette passion des grands espaces et des plaisirs simples.



Source link

Related posts:

Vous aimerez aussi...