En France, le prix des billets d’avion a flambé de 20 % en 2022


Sur les vols moyen-courriers, la hausse des prix est alimentée en grande partie par les compagnies à bas coûts, observe la DGAC. Daniel SLIM / AFP

Les vols vers les départements d’outre-mer sont particulièrement touchés avec une hausse supérieure à 30%, ainsi que les moyens-courriers, selon le premier indice des prix de l’année 2023 de la Direction de l’aviation civile.

Vous l’avez sans doute constaté si vous avez réservé un vol ces derniers mois : le prix des billets d’avion a fortement augmenté. Et ce n’est pas près de s’arrêter. Le dernier indice des prix du transport aérien de passagers (IPTAP) réalisé par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) (1) confirme une hausse des prix de 21,7 % depuis janvier 2022 au départ de la métropole. Cette hausse est légèrement inférieure (20,6%) si l’on prend l’évolution, en glissement annuel, entre décembre 2021 et décembre 2022.

Des disparités existent toutefois selon les destinations. La flambée est moins forte sur les long-courriers (10,8 %) et touche davantage les trajets vers le Moyen-Orient et l’Asie Pacifique que vers l’Amérique du Nord. «Pour la première fois depuis le mois de février 2022, toutes destinations confondues, un faisceau présente une baisse de tarifs par rapport au même mois de l’année précédente : l’Amérique Latine», souligne le rapport. À l’inverse, le réseau moyen-courrier est celui subit le plus la hausse des prix (+24,2%), une «augmentation qui reste portée principalement par les transporteurs à bas coûts». De quoi entériner la fin des billets à 10 € évoquée cet été par le patron de Ryanair, Michael O’Leary.

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En décembre 2022, les vols au départ de la Martinique sont ceux qui ont subi la plus forte de hausse des prix (+58,9%) par rapport à décembre 2021. IPTAP DGAC, données décembre 2022, n° 123

L’outre-mer particulièrement touché, surtout la Martinique

L’augmentation la plus forte concerne les vols au départ des départements d’outre-mer (Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique et Mayotte) avec une évolution de +34,6 % depuis un an. Elle touche plus particulièrement la Martinique (+58,9 %). Face à cette situation, Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), réclame un bouclier tarifaire afin de garantir que les billets de la classe économique ne dépassent pas le tarif de 500 €. Auditionnés par les députés d’outre-mer le 14 décembre, les dirigeants des compagnies aériennes desservant les territoires ultra-marins (Air Caraïbes, Corsair…) invoquent deux raisons principales : l’augmentation du prix du carburant et la forte appréciation du dollar face à l’euro qui impacte les coûts de maintenance.

Prendre l’avion aujourd’hui coûte globalement plus cher qu’avant l’épidémie de Covid-19. «Par rapport à décembre 2019, les prix de billets d’avion au départ de France, toutes destinations confondues, sont en augmentation de 26,5 %.», indique le rapport. Une tendance également observée par les comparateurs de vols. En septembre 2022, «le prix moyen des billets d’avion (vol sec aller-retour) a augmenté de 28% par rapport à la même période en 2019», a récemment affirmé au Figaro Frédéric Pilloud, directeur marketing et e-commerce de MisterFly.

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : la hausse des prix du pétrole (le carburant représentant 30 % du prix d’un billet), la désertion des classes affaires qui pénalise la rentabilité des vols et l’allongement des temps de parcours d’une à deux heures de/vers certaines destinations asiatiques à cause de l’interdiction de survol de la Russie. Sans oublier une forte demande qui a pris de court le secteur aérien ; en témoigne la pagaille qui a affecté cet été certains aéroports européens du fait d’un manque de personnel. Autre explication : les clients ont encore tendance à moins anticiper et à réserver leurs billets de plus en plus tard. Or, bien souvent, plus la date de départ approche, plus les prix augmentent.

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Être flexible dans ses dates de voyage, privilégier les départs en milieu de semaine, décoller d’un aéroport secondaire… Plusieurs astuces permettent de payer son vol moins cher et ainsi échapper à la hausse généralisée des prix. Si vous résidez en Outre-mer, vous pouvez bénéficier de l’aide à la continuité territoriale (ACT) une fois tous les trois ans sous conditions de ressources. Il s’agit d’un bon de réduction de 270 à 440 € valable sur un billet d’avion aller/retour en classe économique au départ de l’Outre-mer et à destination de la métropole.

(1) Méthodologie : «L’IPTAP DGAC est construit sur une base de tarifs aériens relevés pour plus de 400 lignes aériennes (origine, destination, transporteur) directes et indirectes, assurées par plus de soixante transporteurs. Tous les prix collectés concernent des voyages aller-retour au départ de France (métropole ou DOM) et incluent toutes les taxes, redevances et surcharges applicables», détaille le site du ministère de la Transition écologique.

Cet article est régulièrement mis à jour.



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