«La grandeur du territoire force un respect perpétuel»


ENTRETIEN – L’aventurier canadien Samuel Lalande-Markon publie Marche au pays réel, aux éditions Arthaud, le fruit de 3000 kilomètres et cent jours à parcourir le Québec de son point le plus au sud à son extrémité septentrionale, à vélo et à ski, en plein hiver 2023. Un livre sensible, qui relève plus de l’objet littéraire que du récit, de l’introspection que de la chronique d’exploit sportif. Qui sonde l’âme du pays autant que celle de l’auteur. Rencontre.

LE FIGARO. – Quel a été selon vous le plus grand challenge de ce grand voyage ?

Samuel LALANDE-MARKON. – Peut-être que c’est le temps qui fait son œuvre mais je conserve surtout de beaux souvenirs. La grandeur du territoire force un respect continuel. On peut être désorienté facilement, mordu par le froid… Il n’y a rien qui bloque le vent. La tente travaille, il faut faire confiance à son matériel. Mais il y a aussi des moments de grâce, au Nord, dans ces journées qui s’étirent. Un repas, un café ou un thé avec le coucher du soleil… Les moments de misère, les plus difficiles, sont dus à la lassitude qui vient quand on fixe le même point pendant une année complète. Mais la routine du quotidien peut aussi mettre en joie et occasionner des bonheurs immenses. Ici, on a tout le temps besoin de raffinement, de choses complexes et de divertissement. Là-bas, apercevoir des traces d’animaux au milieu de la toundra, quand on a vu juste du blanc depuis une heure ou deux, devient un événement



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