pour les longs week-ends de mai, les Français se tournent davantage vers les campings
Portés par un calendrier idéal en 2026, les longs week-ends de mai font grimper les réservations dans l’hôtellerie de plein air. Du val de Loire au Var, les campings profitent à plein de l’essor des courts séjours et du tourisme de proximité.
En 2026, les ponts de mai s’annoncent comme un temps fort majeur pour le tourisme français, au point de faire du mois un véritable accélérateur de saison pour l’hôtellerie de plein air. «Nous commençons à parler de “mini-été”», résume Nicolas Beaurain, directeur général du groupe maeva&co (ex‑maeva, filiale du groupe Pierre & Vacances‑Center Parcs). «Le calendrier est favorable et les ponts sont toujours très propices aux séjours. Pour les professionnels de l’hôtellerie de plein air, c’est un deuxième boom de saison», insiste-t-il.
Dans le prolongement des vacances de printemps déjà dynamiques, ces derniers constatent une nette accélération des réservations. La Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air (FNHPA) anticipe un mois de mai susceptible de concentrer près de 40% des séjours printaniers. Sans être une année record, la tendance est solide, confirme Vanguelis Panayotis et président de MKG Consulting, cabinet de conseil et d’études de marché spécialisé dans l’hôtellerie : «Nous sommes sur une progression de l’ordre de 5 à 10 %, ce qui est déjà significatif.»
Après une année 2025 record, les campings français pourraient attirer davantage de vacanciers à la recherche de meilleurs prix
Des courts séjours en forte progression
Le phénomène clé de ces ponts de mai est l’explosion des séjours de courte durée. Chez maeva&co qui accompagne désormais plus largement le développement des hébergeurs indépendants en Europe (campings, agritourisme, immobilier de vacances, franchises…), quatre réservations sur dix concernent désormais des séjours d’une à quatre nuits, contre un tiers l’an dernier. Une évolution directement liée au calendrier, mais aussi aux contraintes de pouvoir d’achat. «Les arbitrages ne se font plus sur le fait de partir ou non, mais sur la durée et la dépense», analyse Vanguelis Panayotis. «Les Français partent moins longtemps, mais plus souvent.»
Autre caractéristique majeur selon ce professionnel du tourisme : «la polarisation des comportements». Entre les vacanciers qui anticipent pour sécuriser leur séjour et ceux qui s’y prennent à la dernière minute, notamment en fonction de la météo, le marché se tend aux deux extrêmes. Chez Maeva, une réservation sur quatre pour l’Ascension est ainsi effectuée dans les quinze jours précédant le départ.
Le Val de Loire en tête des réservations
Manu reyboz
Certaines régions tirent particulièrement leur épingle du jeu, à commencer par la vallée de la Loire. Autour des Châteaux et du ZooParc de Beauval, les campings enregistrent une forte hausse de fréquentation. Chez Maeva, les réservations y progressent de 35 % par rapport à l’an dernier. «Il y a une vraie tendance à se rapprocher de lieux à visiter pour optimiser chaque jour de vacances», observe Nicolas Beaurain.
Même constat chez Huttopia. Sur son site Les Châteaux, à proximité du Château de Chambord, les hébergements affichent déjà près de 80 % de taux de remplissage, avec des week-ends souvent complets. «Les clients arrivent, posent la voiture et partent à vélo visiter les châteaux», explique Valérie Groccia, directrice régionale du groupe. «Chambord est à seulement 30 minutes à vélo», détaille-t-elle. «Les clients recherchent un séjour clé en main. Ils visitent la journée, puis profitent de la piscine chauffée, des activités ou du restaurant», ajoute Valérie Groccia. La destination séduit aussi par sa facilité d’accès et sa position centrale. «C’est un lieu idéal pour se retrouver en famille ou entre amis, notamment pour des groupes venant de différentes régions», souligne-t-elle, évoquant de nombreux séjours en tribu avec plusieurs hébergements réservés côte à côte.
Cette combinaison d’expériences multiples – patrimoine, activités de plein air et détente – correspond aux nouvelles attentes des vacanciers. «Nous ne partons plus pour une seule raison, confirme Vanguelis Panayotis. Les destinations capables d’offrir plusieurs expériences sont les plus attractives.»
Le Var en hausse grâce à l’essor du van
Camp du Domaine
Sur le littoral méditerranéen, le dynamisme est tout aussi marqué. Dans le Var, les réservations progressent de 23 % chez Maeva, avec une forte demande attendue sur les week-ends prolongés. «Le Var, il fait très beau et les complexes de plein air sont devenus de vrais lieux de vie», souligne Anne Caillat, vice-présidente de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air du département et directrice de son propre établissement à Bormes-les-Mimosas.
Si une partie des réservations restent en partie dépendantes de la météo — avec un effet de dernière minute marqué —, certains week-ends, notamment celui de l’Ascension, affichent déjà complet dans de nombreux sites. «Dans mon établissement, nous sommes déjà autour de 60 % de remplissage et le week-end de l’Ascension, en locatif, on fait le plein», précise-t-elle. Le groupe Huttopia note également une bonne dynamique de réservation pour son site Forêt de Janas, dans le Var. Les réservations pour les ponts de mai y progressent, même si elles sont moins anticipées que sur les destinations du Val de Loire.
Autre évolution marquante : l’essor des vans et du camping traditionnel. «Les ponts de mai vont être une explosion de petits vans», observe la professionnelle. Une clientèle plus jeune en quête de liberté, mais qui trouve dans ces sites confort et sécurité. Sur son site, cette mutation est déjà visible : «Nous avons encore une grande partie en terrain nu, mais avec des sanitaires privatifs sur les emplacements, ce qui lève les freins pour des clients qui n’avaient jamais fait de camping», explique Anne Caillat.
Au-delà de l’hébergement, c’est l’ensemble de l’expérience qui séduit. Entre mer, vignobles, randonnées et patrimoine culturel, le Var réunit tous les atouts du tourisme de printemps. «Les campings sont un point de chute idéal pour découvrir la région la journée, puis se détendre sur place avec des équipements de plus en plus complets comme des spas ou des piscines », souligne-t-elle.
Un camping plus attractif face à l’hôtellerie
Longtemps considéré comme une option bon marché, le camping a profondément changé de visage. Mobil-homes tout équipés, espaces bien-être, piscines, services multiples… L’hôtellerie de plein air s’est modernisée et monte en gamme. «Aujourd’hui, on retrouve tout le confort d’un hébergement classique, avec en plus le plaisir du plein air», insiste Anne Caillat.
Elle rivalise donc désormais directement avec l’hôtellerie traditionnelle sur certains segments, en particulier les courts séjours. «Nous observons un déclassement d’une partie des classes moyennes, qui se tournent vers des solutions offrant un meilleur rapport qualité prix», analyse Vanguelis Panayotis. Pour autant, ce n’est pas un jeu à somme nulle. «La demande touristique globale est en hausse», rappelle l’expert. Hôtels comme campings profitent de cet appétit croissant pour les voyages, devenus «une nécessité» pour les clients. Sans détrôner l’été, les ponts de mai s’imposent désormais comme un rendez-vous clé du calendrier touristique. Reste une inconnue de taille malgré tout : la météo.
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