«Pouvoir anticiper profite avant tout au consommateur»


Calendrier des vacances scolaires : quels sont les enjeux pour les acteurs du tourisme et que souhaitaient-ils ? Adobe Stock

ENTRETIEN – Les dates des vacances scolaires des trois prochaines années viennent d’être dévoilées. Un soulagement pour le secteur touristique qui les attendait de pied ferme. Jean-Virgile Crance, président de la Confédération des Acteurs du Tourisme (CAT), aborde avec nous les enjeux.

Par les parents comme par les acteurs du tourisme, le calendrier des vacances scolaires est chaque année attendu de pied ferme. Il permet aux uns d’anticiper leurs prochains séjours, aux autres d’avoir une visibilité sur l’offre touristique à développer. Il revient au seul ministre de l’Éducation nationale de prendre l’arrêté qui définit ces dates. Mais, pour 2023/2024, elles tardaient à être fixées, au grand dam de la Confédération des Acteurs du Tourisme (CAT), qui regroupe 14 organisations professionnelles du secteur (hôtellerie, restauration, armateurs fluviaux, domaines skiables, etc.). Ce jeudi 8 décembre, l’arrêté fixant le calendrier scolaire des années 2023-2024, 2024-2025 et 2025-2026 a finalement été publié au Journal Officiel. Jean-Virgile Crance, le nouveau président du CAT, explique au Figaro les enjeux de cette publication.

LE FIGARO. – Les dates des vacances scolaires sont enfin annoncées. Vous voilà donc soulagé ?

Jean-Virgile CRANCE. – Oui. On se réjouit d’avoir été écoutés. Le travail a été fait et il était temps. L’industrie touristique, c’est 8 % de PIB et plus de 2 millions d’emplois sur lesquels les choix de calendrier scolaire ont forcément une incidence. Mais en fin de compte, ce sujet est sûrement le bon exemple que notre activité est interministérielle. Les choix politiques nécessitent de prendre en compte la transversalité du sujet, donc c’est un bon exemple.

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Quelles étaient vos revendications ?

En tant qu’acteurs du tourisme, nous avons insisté pour que les vacances estivales conservent une base de huit semaines. La rentrée est le lundi 4 septembre 2023, c’est une très bonne chose. Si le choix s’était porté sur un jeudi ou un vendredi, il est évident que l’on perdait cette dernière semaine, en sachant que bien souvent, les premières et les dernières semaines de vacances scolaires sont des périodes plus accessibles en termes de tarifs pour les voyageurs. On souhaitait également le maintien de l’étalement des vacances de février et de printemps sur quatre semaines et la sauvegarde pour l’année 2023 des ponts du mois de mai. C’est là aussi un point positif. Les ponts sont un indicateur d’une bonne (ou moins bonne) saison touristique à venir et ils ont une incidence importante sur nos activités, en particulier sur des destinations touristiques et littorales.

Président du Groupement ­national des chaînes hôtelières (GNC) et directeur des relations institutionnelles pour Louvre Hotels Group, Jean-Virgile Crance a pris la présidence de la Confédération des Acteurs du Tourisme (CAT) mi-septembre 2022. Photo presse

Le calendrier final revient pourtant au seul ministre de l’Éducation nationale. Comment travaillez-vous en amont ?

Aujourd’hui, il y a un vrai travail interministériel avec un arbitrage qui prend en compte les deux parties, c’est-à-dire à la fois le monde enseignant et économique. Nous avons rencontré les cabinets de Pap Ndiaye (ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, NDLR) et d’Olivia Grégoire (ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, NDLR), à plusieurs reprises sur le sujet et nous avons été très insistants dernièrement parce que l’on ne voyait pas de dates sortir. Les premiers échos n’allaient pas forcément dans le bon sens, tout particulièrement sur le jour de la rentrée. Or ce point a vraiment un effet important sur notre économie.

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Le calendrier a été dévoilé jusqu’en 2025-2026. Quel est l’intérêt de l’avoir trois ans à l’avance ?

C’est un atout parce que cela permet d’anticiper un certain nombre de typologies de voyage, comme le voyage de groupe organisé qui a des préventes ouvertes longtemps à l’avance. Cela fait partie des revendications sur lesquelles nous avons été entendus. Encore une fois, l’arbitrage interministériel a bien intégré les incidences que cela avait sur la filière touristique et donc l’impact économique que pouvaient avoir ses choix.

Au final, les consommateurs vont donc pouvoir payer moins cher leurs vacances ?

Oui et c’est important. Aujourd’hui, anticiper un voyage profite avant tout au consommateur. On peut accéder à de meilleurs tarifs en préservant par exemple les huit semaines de vacances étalées sur l’été. Si on réduit la période touristique, on va concentrer les estivaliers sur une période plus courte sur la même destination. Et donc le jeu de l’offre et de la demande sera plus en faveur des professionnels, moins en celle du vacancier.



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