Après la SNCF et Eurostar, Skyscanner mise à son tour sur ChatGPT
Le comparateur de vols s’installe dans l’assistant d’OpenAI. Derrière la facilité d’usage se dessine une bataille bien plus large : celle de la porte d’entrée du voyage de demain.
«Trouve-moi le vol le moins cher pour New York en décembre.» Plus besoin de cocher des cases, de jongler entre les onglets ou de remplir un formulaire. Une phrase, tapée comme si l’on écrirait à un ami, suffit désormais à lancer une recherche Skyscanner.
Le comparateur de vols a annoncé il y a quelques jours l’arrivée de son application dans ChatGPT. Le principe ? Il faut d’abord l’installer depuis la boutique d’applications de l’assistant d’OpenAI. On la convoque ensuite d’un simple «@skyscanner», et la conversation peut commencer.
Un comparateur dans la conversation
Les vols défilent alors en images, au fil de la discussion. Une envie de partir un jour plus tôt, un aéroport plus accessible, un hôtel moins cher ? Il suffit de le dire, et les résultats s’ajustent aussitôt. Sous le capot, rien ne change. Les prix proviennent du même moteur que le site, qui passe au crible plus de 100 milliards de tarifs chaque jour d’après l’entreprise.
Skyscanner promet ensuite une réservation «exactement de la même manière» que sur son application. La formule mérite d’être décodée. Le comparateur ne vend pas lui-même de billets, et le voyageur est toujours renvoyé vers la compagnie ou l’agence partenaire pour payer. ChatGPT tient donc davantage de la vitrine que du guichet. La nouveauté est d’ailleurs moins inédite qu’il n’y paraît. Britanniques et Américains y ont eu droit dès la fin février, avant une ouverture plus large au printemps. Les voyageurs français prennent donc le train, ou plutôt l’avion, en marche.
La confiance en l’IA comme argument de vente
Pour séduire, Skyscanner avance un mot plutôt qu’une fonctionnalité : la confiance. L’IA «révolutionne notre façon de rechercher des séjours, mais la confiance reste le critère absolu au moment de réserver», fait valoir Piero Sierra, directeur de l’intelligence artificielle du groupe, dans un communiqué. En creux, le comparateur se pose en garde-fou face aux réponses parfois fantaisistes des assistants conversationnels.
Les voyageurs, eux, semblent se laisser apprivoiser. D’après le baromètre annuel de Skyscanner, plus d’un sur deux se dit prêt à confier à l’IA la préparation et la réservation de ses voyages en 2026. Ils étaient moins de la moitié un an plus tôt. Fort de plus de 1400 partenaires dans 52 pays, le groupe n’en est pas à son coup d’essai. Des agents conversationnels guident déjà les recherches d’hôtels et de voitures de location sur ses propres outils.
ChatGPT séduit le secteur
Skyscanner rejoint une file d’attente qui ne cesse de s’allonger. Expedia et Booking.com ont ouvert le bal dès octobre 2025, lorsque OpenAI a accueilli ses premières applications tierces. Les hôteliers Accor et Hyatt ont suivi. En France, SNCF Connect a franchi le pas fin avril, imitée par Eurostar cet été.
Tous courent après le même objectif. Être présent là où le voyage commence désormais à se rêver, plutôt que de regarder ce flux leur échapper au profit d’un concurrent. Car pour l’heure, la conversation se transforme encore rarement en achat. D’après Eurostar, les plateformes d’IA n’ont pesé qu’environ 1 % de ses réservations entre mai et juillet.
Né en 2003, quand les moteurs de recherche bousculaient déjà les agences de voyages, Skyscanner connaît bien ce genre de révolution. Vingt ans plus tard, il parie que la prochaine se jouera au détour d’une conversation.
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