ce que ces Français ont vécu (et combien cela leur a coûté)


TÉMOIGNAGES – Lagons turquoise, bungalows sur pilotis, et îles volcaniques : la Polynésie française reste l’un des grands fantasmes des couples en voyage de noces. Entre pensions de famille, hôtels haut de gamme et nuits à Bora Bora, ces Français racontent ce qu’ils ont réellement dépensé pour s’offrir ce voyage au bout du monde.

«La Polynésie est la première destination de voyage de noces, loin devant les autres», confie Laura Martinez, directrice générale de l’agence de voyages sur mesure Amplitudes. L’archipel concentre à lui seul près des trois quarts des demandes de lunes de miel reçues par l’agence, loin devant les Seychelles et l’île Maurice, deux autres grands classiques de l’océan Indien. Le spécialiste observe que la destination attire aussi bien des jeunes couples, le plus souvent âgés de 25 à 35 ans, que des personnes qui se remarient, davantage représentées parmi les quadragénaires et quinquagénaires. Tous viennent y chercher «une déconnexion du quotidien, le sentiment d’être loin de tout, des paysages de carte postale, des lagons infinis».

«La Polynésie est la destination romantique par excellence», estime de son côté Laurent Tapotofarerani, directeur du développement Europe de Pearl Resorts of Tahiti, une collection de cinq hôtels haut de gamme, dont quatre établissements Relais & Châteaux. Son attrait repose autant sur l’imaginaire attaché à Tahiti, Bora Bora ou Moorea que sur la promesse d’un séjour d’exception. Le groupe exploite notamment un établissement à Nuku Hiva, dans l’archipel des Marquises, au nord-est de Tahiti. Avant la crise sanitaire, Pearl Resorts of Tahiti y possédait deux hôtels, dont le taux de remplissage atteignait environ 30%. «Après le Covid-19, on a doublé la fréquentation», affirme-t-il. Cette reprise s’inscrit dans une dynamique plus large : la Polynésie française a accueilli 281.227 touristes en 2025, un record historique de fréquentation selon l’Institut de la statistique de la Polynésie française.

Adrien – «C’était une façon de célébrer notre amour dans un lieu qui comptait beaucoup pour moi»


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À l’âge de 7 ans, Adrien Rollet découvre la Polynésie française avec ses parents. Des années plus tard, lorsque vient le moment de choisir sa destination de lune de miel, ce souvenir d’enfance refait surface. «J’avais envie que ma femme puisse vivre ce que j’avais connu enfant. C’était une façon de célébrer notre amour dans un lieu qui comptait beaucoup pour moi», raconte au Figaro cet homme de 37 ans. En juin 2019, après un mariage civil en France, le couple s’envole pour 28 jours. Leur itinéraire, préparé avec une agence locale, les mène de Tahiti à Moorea, puis à Huahine, Bora Bora, Tikehau ou encore Rangiroa. Au fil des escales, ils passent des pensions de famille aux hôtels trois ou quatre étoiles, d’un lagon à l’autre, avec une même sensation : celle d’être au bout du monde.

À Moorea, ils s’offrent une seconde célébration. L’idée naît sur place, presque par hasard. Après avoir trouvé une organisatrice sur des groupes Facebook, le couple participe à une cérémonie inspirée des traditions polynésiennes, sans valeur juridique. Sous une arche, un officiant les accompagne, entouré de musiciens et de danseurs. «Nous avions des liens de feuilles autour des poignets et de l’eau de coco a été versée sur nos mains. Nous avons échangé nos vœux avant de jeter le bouquet dans l’océan», se souvient Adrien. Pour cette expérience, le couple dépense environ 600 euros, une somme qui s’ajoute au budget du séjour.

Le reste du périple se vit au rythme des excursions. À Moorea, Adrien et sa femme partent en jet-ski, embarquent sur un voilier pour une sortie de snorkeling. À Tahiti, ils quittent le littoral pour la vallée de Papenoo, lors d’une excursion en 4×4 à travers l’intérieur montagneux de l’île. À Bora Bora, ils réalisent l’image de carte postale associée à la Polynésie : trois nuits dans un bungalow sur pilotis, au-dessus du lagon turquoise. «C’est l’expérience que tout le monde a en tête, mais c’est aussi la plus chère», reconnaît Adrien. Pour dormir au-dessus de l’eau, il faut prévoir un budget de 1000 euros par nuit. Pour ces vingt-huit jours, billets d’avion compris et réservés trois à quatre mois avant le départ, Adrien estime le budget à environ 10.000 euros par personne.

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Marqué par ce voyage, Adrien a depuis créé Tahiti Bucket List, un groupe Facebook où il partage les adresses, les activités et les itinéraires qu’il aurait aimé connaître avant son premier départ. «Le problème de la Polynésie, c’est qu’une fois qu’on y va, c’est dur de choisir d’autres destinations», glisse-t-il en riant. Le couple y est d’ailleurs retourné en 2023.

Ilona – «La Polynésie réunit le côté paradisiaque et une culture très forte»

Grande voyageuse installée à Versailles, Ilona Sylvestre, 27 ans, n’a pas hésité longtemps au moment de choisir la destination de son voyage de noces. Après les Seychelles, Bali et les Philippines, la Polynésie française s’est imposée comme une évidence. «La Polynésie réunit le côté paradisiaque et une culture très forte», insiste-t-elle. Son mari se laisse à son tour convaincre, séduit par les images et les vidéos de la destination qu’elle lui montre sur les réseaux sociaux. Le 10 août, le couple quitte Paris, avec une escale à Los Angeles, pour rejoindre Tahiti. Au programme : un peu plus de deux semaines à passer d’île en île, de Tahiti à Moorea, Raiatea, Maupiti et Bora Bora, avant le retour.


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Habituée à organiser elle-même ses voyages, Ilona avait pourtant d’abord imaginé préparer cette lune de miel sans intermédiaire. Mais, au fil des recherches, l’itinéraire se complique : les liaisons aériennes entre les îles ne sont pas quotidiennes et toutes les correspondances ne sont pas possibles. Après un an et demi de préparation, le couple finit par confier à une agence locale la réservation des vols inter-îles, des transferts et des hébergements. «Nous avons choisi de payer la tranquillité», résume-t-elle. Une fois sur place, elle garde néanmoins la main sur le programme des journées et réserve elle-même les activités, afin d’éviter les sorties en trop grands groupes.

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Les prestations réservées auprès de l’agence — hébergements, transferts et vols — ont coûté 16.000 euros pour deux. À cela s’ajoutent un peu plus de 2000 euros dépensés sur place pour les repas, les activités, la location de voiture et l’essence. Pour concilier confort et budget, Ilona et son mari alternent pensions de famille à Tahiti et à Maupiti, hôtels classiques à Moorea et Raiatea, puis bungalow sur pilotis à Bora Bora. «Nous voulions un certain confort pour notre voyage de noces, sans pour autant exploser le budget», résume-t-elle.

Le rêve a toutefois un coût, y compris au quotidien : même dans les roulottes, ces food trucks populaires en Polynésie, le couple débourse environ 50 euros pour deux plats et deux boissons. «C’est un voyage qui a un certain coût, il faut le savoir avant de partir», prévient-elle. Mais l’addition ne ternit pas le souvenir. À l’autre bout du monde, le couple a trouvé le dépaysement recherché, sans renoncer à la facilité de pouvoir parler français.



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