drôle de destin pour les dindes graciées par le président des États-Unis


Peanut Butter (ou «Beurre de cacahouète») a été «pardonnée» en 2021 par le président Joe Biden. OLIVIER DOULIERY / AFP

Chaque année, deux volailles sont graciées par le chef d’État américain. Un sauvetage qui ne leur permet pas pour autant une vie plus longue.

Il ne fait pas bon d’être une dinde au moment de Thanksgiving. Pendant cette célébration, qui a lieu le quatrième jeudi de novembre (soit ce 24 novembre cette année), quelque 46 millions de volatiles sont consommés. Dans ce massacre organisé, certains arrivent tout de même à en réchapper. En effet, le président des États-Unis accorde sa «grâce» annuelle à deux dindes «chanceuses». En 2022, Chocolate et Chip ont ainsi eu la possibilité de rencontrer Joe Biden et de réchapper à l’enfer des fourneaux.

Une pratique immuable ? En réalité, ce pardon annuel est plus récent qu’on ne le croit. Si Thanksgiving est célébrée depuis 1671, ce rituel n’a lui «que» 75 ans. La cérémonie, regardée par des millions d’Américains, a été lancée sous la présidence d’Harry S. Truman, en 1947. Même si, selon le Federal Times, la tradition est plus ancienne. Au XIXe siècle, Abraham Lincoln aurait été le premier à épargner une dinde sur la demande de son fils, Tad, qui voulait en faire son animal de compagnie.

«Aujourd’hui, dernier jeudi de novembre, les Américains célèbrent leur Thanksgiving-day, c’est-à-dire rendent grâce au Seigneur pour les bienfaits de l’année. Ce jour de fête est religieusement observé en Amérique ; il n’est pas d’établissement public ou privé, de maison de commerce, etc., qui reste ouvert.» C’est ce que l’on pouvait lire dans les colonnes du Figaro le jeudi 25 novembre… 1886 ! En effet, sur la deuxième page du quotidien, on trouve une longue colonne dédiée à Thanksgiving, alors très peu connue en France.

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Entre retraite dorée et engraissement

Reste que toute dinde ne peut prétendre à être choisie. Les volailles «pardonnées» doivent en effet remplir des critères de choix. Elles sont désignées en fonction de leur beauté, mais aussi de leur capacité à se tenir en public. Calme et volupté sont donc les principales qualités à avoir. La sélection, organisée par la Fédération nationale des éleveurs de dindes, peut s’avérer rude et très longue. Seules deux heureuses élues finissent par être choisies parmi plusieurs milliers de candidates.

Mais que deviennent ces volatiles sauvés ? Selon un communiqué de la Maison-Blanche, Chocolate et Chip continueront leur vie dans un centre de recherche spécialisé dans la volaille, à la North Carolina State University de Raleigh. D’autres avant elles ont pu s’octroyer une retraite royale dans le très chic domaine de Morven Park, en Virginie. Même sauvées des fourneaux, leur destin n’est pas pour autant enviable. Car très peu atteignent l’âge de deux ans. Trop gâtées, trop engraissées… La célébrité brûle vite les ailes de ces divas d’un jour. Et certaines ont pu finir, comme bien nombre de leurs congénères, dans des usines de transformation… pour faire de la saucisse. Ou quand le destin nous rattrape.



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