le coup de gueule d’un fondateur


Marc Audineau, ancien numéro 1 mondial en ­dériveur olympique 49er, s’insurge contre la «campagne de dénigrement» dont fait l’objet son île flottante nomade, bloquée dans le port de la Seyne-sur-Mer.

Deux mois que dure la polémique. Sept ans qu’a commencé le projet. Qu’est-ce qui a pêché pour que Canua Island, ce lieu hybride d’art de vivre en mer, îlot hôtel, restaurant, beach club, plate-forme éco-conçue de sensibilisation à la protection des fonds marins, île classifiée comme un ­navire, se retrouve bloquée dans le port de la Seyne-sur-Mer au moment d’aboutir ?

Fin mai, Canua Island a quitté par la mer son site de production en Italie. Son lancement dans les eaux bleues de Mandelieu-la-Napoule, sur la Côte d’Azur, était annoncé dans la foulée , trois ans après que Le Figaro Magazine avait raconté le premier la genèse de cette initiative innovante unique au monde, dans le cadre de sa série, «Voyager au futur». «On n’a pas assez expliqué qui on était, ce qu’on faisait. Si non, cela ne serait pas médiatiquement monté comme ça», se désole Marc Audineau, à l’origine de l’aventure lancée avec Tony Philp.

Si le trimaran géant (1750 m² avec un étage), a obtenu le 31 mai le feu vert de la commission de sécurité pour recevoir du public, il est toujours dans l’attente d’une ultime validation de la direction des affaires maritimes. Certains élus locaux et associations dénoncent un impact écologique et une concurrence déloyale pour les professionnels de la Côte d’Azur.

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«Sentiment d’écœurement»

En coulisses, une bataille politique, entre Renaud Muselier, président de la région sud et Sébastien Leroy, maire de Mandelieu, fait rage. Et les actionnaires s’impatientent. Seize millions d’euros sont en jeu, cent emplois directs en plus des trois cents indirects, menacés. Tout se joue maintenant, à l’aube de la saison d’été.

Les transats de Canua Island Canua Island/Photo presse

La communication est sans doute tardive. «Malgré une instruction pointilleuse par les services de l’État et que nous soyons 100% conforme à la réglementation et écologiquement bien au-dessus des standards pratiqués sur la côte tous les jours, nous n’avons toujours pas reçu les permis nécessaires à l’exploitation de Canua», ont prévenu lors d’une conférence de presse le 6 juin Jean-Bernard Falco, président de Canua Island, avec Marc Audineau et Tony Philp qui sont tous deux sportifs de haut niveau, amoureux de la mer.

C’est d’ailleurs Marc, le Cannois, qui a convaincu Tony, aux trois nationalités Française, Australienne et Fidjienne, de ne pas succomber aux sirènes de Dubaï ou de l’Afrique de l’Ouest qui appellent toujours de leurs vœux le projet, pour le développer en France, là où il est né.

Marc Audineau Collection personnelle

J’étais fier il y a 7 ans de me lancer dans l’entrepreneuriat en France sur un projet novateur, une 1re mondiale, sur la mer, mon ADN.

Marc Audineau

Alors au Figaro, l’ancien numéro 1 mondial en ­dériveur olympique 49er, répète ses mots amers qu’il a écrits sur le réseau professionnel LinkedIn : «J’ai représenté mon pays, la France, en voile aux Jeux Olympiques d’Athènes avec fierté, après avoir été n°1 mondial. J’étais fier il y a 7 ans de me lancer dans l’entrepreneuriat en France sur un projet novateur, une 1re mondiale, sur la mer, mon ADN… Avec le soutien de l’État, aux côtés de nombreux entrepreneurs 100% français et avec le financement de 4 banques françaises […] Et voilà qu’aujourd’hui, à quelques jours de l’ouverture, ce même pays dont j’ai porté fièrement les couleurs, me ferme la porte à cause d’un élu qui accueille les paquebots et les yachts, et qui s’oppose à notre navire, au prétexte qu’il pollue… Alors que CANUA coche toutes les cases de la transition écologique, utilise le biocarburant».

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Marc Audineau avoue un «sentiment d’écœurement». Il tempête, en écho à son post sur LinkedIn : «Oui, j’ai honte de mon pays et de ces élus qui m’ont soutenu hier, encouragé à investir, à entreprendre, poussé à vendre ma maison pour financer le projet, à mettre ma femme et mes 3 enfants en danger». L’entrepreneur s’est endetté de cinq millions d’euros. Le compte à rebours est lancé. «Si au plus tard lundi 12 juin au matin le feu vert ne nous est pas donné, nos actionnaires licencieront tout le monde et la société sera en dépôt de bilan», annonce Marc Audineau. Avant de conclure : «Mais je suis un sportif. Tant que la ligne n’est pas franchie, on peut encore gagner».


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