où et quand les admirer dès le mois de mars ?


Bien que fugace, la floraison des cerisiers s’étend sur près de deux mois, selon les régions du Japon. Où et quand assister à ce spectacle unique?

Après trois ans de relations à distance, les retrouvailles avec la bien-aimée saison des cerisiers en fleur approchent. Faites-vous partie des impatients qui ont commencé à scruter la carte du pays, à la recherche du lieu idéal où vivre l’éphémère spectacle ? Le Japon, qui a fait de l’arbre un de ses emblèmes, en regorge. Et parce que le territoire s’étire en latitude, la floraison, bien que fugace entre l’éclosion des premiers boutons et l’envol des derniers pétales, s’étend sur près de deux mois, selon les régions.

Partant du sud, l’onde rose et blanche naît avec les premières efflorescences de Kyushu et Shikoku à la mi-mars, déferle sur Honshu avant d’atteindre le Tohoku puis l’île septentrionale d’Hokkaido, où elle s’évanouit dans les feuillages vert tendre, à la mi-mai. Parce que son tempo peut varier, l’agence météorologique japonaise publie ses premières estimations en début d’année, qu’elle affine semaine après semaine. Selon le calendrier des années précédentes, voici où et quand prendre la vague au printemps prochain.

Kyushu : à Fukuoka, yatai et premières éclosions

La cité de Fukuoka qui semble émerger d’une mer poudrée. Adobe Stock

La plus méridionale des principales îles du Japon a bien souvent le privilège de déclarer la saison ouverte : en 2022, les premières fleurs de somei yoshino, espèce star des hanami, ont été aperçues dans la ville de Fukuoka, la plus grande ville de l’île. Celle qui fut jadis le principal port de commerce avec la Chine et la Corée se pare de cumulus pâles, qui embaument de leur subtil parfum les rues. À la nuit tombée, les yatai, des restaurants ambulants s’emparent de la ville. Porte d’entrée idéale pour la découverte de l’île, Fukuoka se contemple depuis les ruines du château, qui domine le parc Maizuru. La cité semble flotter sur une mer poudrée.

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La période idéale : deuxième quinzaine de mars

S’y rendre : comptez 5h en empruntant le plus rapide des Shinkansen (Nozomi) depuis Tokyo, 2h30 depuis Osaka.

Shikoku : hanami au bord de la Méditerranée japonaise

La vue depuis le mont Shiude. Adobe Stock

La moins peuplée des quatre grandes îles nippones est surtout connue pour son pèlerinage des 88 temples, que des récits de voyage devenus best-sellers ont rendu célèbres. Elle reste néanmoins préservée du tourisme de masse, et ce, malgré ses nombreux atours. La préfecture de Kagawa et ses rivages bordant la mer de Seto, surnommée « la Méditerranée du Japon », où l’on cultive des olives et agrumes, en font partie. Planté de mille cerisiers, le mont Shiude laisse découvrir à son sommet un panorama en parfaite harmonie avec les lumières rosées du soleil se couchant sur l’horizon marin. À Takamatsu, la capitale de la préfecture, prévoyez une balade au Ritsurin-koen, l’un des plus beaux jardins paysagers du Japon, conçu à l’époque Edo.

La période idéale : dernière semaine de mars, première semaine d’avril

S’y rendre : Empruntez le Shinkansen jusqu’à Okayama, puis la ligne locale qui relie Shikoku via le grand pont de Seto, (environ 5h30 de trajet).

Kansai : randonner dans la montagne aux 30.000 sakura

Le mont Yoshinoyama, près de Nara. Adobe Stock

C’est un spectacle propice à la rêverie qu’offre ce site classé au patrimoine de l’Unesco : quand la brise souffle sur le mont Yoshino, il y pleut des pétales tourbillonnant depuis le sommet avant de devenir par terre de confettis. Situé à une quarantaine de kilomètres de Nara, un petit village perché à mille mètres d’altitude fait déplacer le pays entier, venu contempler ses 30.000 cerisiers.

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Parce que les arbres sont plantés à différents niveaux d’altitude, la floraison dure un mois, et compose un tableau impressionniste changeant, aux dégradés pastel. L’observatoire d’Hanayagura, auquel on accède par un étroit petit sentier, offre un superbe point de vue sur la montagne et constitue le point de départ de plusieurs sentiers de randonnée.

La période idéale : premiers jours d’avril

S’y rendre : via la ligne Kintetsu, depuis la gare de Yoshino, un funiculaire permet de rejoindre Yoshino-yama.

Kanto : célébrer les cerisiers au festival d’Odawara

Le château d’Odawara. Aimie Eliott / Le Figaro

Le château le plus proche de la capitale, à deux pas de la baie de Sagami, accueille au printemps un joyeux festival dédié à la floraison des cerisiers qui agrémentent ses jardins. L’occasion est tout trouvée pour célébrer l’événement dans l’assiette : sakura mochi (boulette de riz pilé entourée d’une feuille de cerisier saumurée) crème glacée parfum sakura et autres douceurs photogéniques se dégustent accompagnées de sakuracha, une infusion de fleur de cerisier salée.

Une série d’itinéraires, au départ du château, permettent de découvrir les autres sites en fleur de la ville : cerisiers pleureurs, tunnel de sakura, ainsi que par temps clair, une vue fleurie sur le mont Fuji.

La période idéale : entre la fin du mois de mars et les premiers jours d’avril

S’y rendre : depuis Tokyo, comptez une trentaine de minutes en Shinkansen.

Tohoku : baie de poète à Miyagi

Près de Sendai, au nord du Japon. Adobe Stock

Les fameuses descriptions du poète Matsuo Basho, qui entreprend, à la fin du XIXe siècle un pèlerinage vers Tohoku, grand nord alors considéré terre sauvage, ont rendu célèbre la région septentrionale de Honshu. Il y découvrira, en longeant la côte pacifique, la superbe baie de Matsushima, à l’est de la ville de Sendai, constellée d’une multitude d’îlots coiffés de pins, dont certains abritent des lieux de culte. Constituant l’un des plus beaux paysages du Japon, les lieux sont encore plus spectaculaires au printemps depuis l’observatoire du parc Saigyo Modoshi no Matsu, couvert de cerisiers.

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La période idéale : deux premières semaines d’avril

S’y rendre : empruntez la ligne Senseki depuis Sendai (environ 2h en Shinkansen depuis Tokyo). Comptez une heure de trajet.

Hokkaido : l’épilogue de la floraison

Le château de Matsumae. Adobe Stock

L’île aux vastes étendues naturelles attire nostalgiques et retardataires. Là, les derniers cerisiers de l’année s’épanouissent jusqu’aux premiers jours de mai. Les villes de Sapporo et Hakodate, d’où un voyage à Hokkaido débute souvent, abritent nombre de sites propices au hanami.

À Sapporo, la capitale, le parc Maruyama est le lieu idéal pour déjeuner d’un bento sous les cerisiers, tandis qu’à Hakodate, on se rendra dans les jardins de l’ancienne forteresse de Goryogaku, au plan étoilé inspiré de Vauban, pour une promenade sous les cerisiers. De là, la ville Matsumae, à la pointe sud de l’île, n’est plus qu’à une heure de voiture : le parc du château fait partie, selon un classement japonais, des plus beaux endroits du pays où observer les cerisiers.

La période idéale : derniers jours d’avril, première semaine de mai

S’y rendre : le Shinkansen Tohoku-Hokaido relie Hakodate depuis Tokyo (comptez environ 6h). Empruntez ensuite la ligne Hokuto pour vous rendre à Sapporo.

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