Ouzbékistan, la destination d’Asie centrale qui cherche à séduire davantage de Français
Mis à l’honneur au salon du tourisme professionnel, l’Ouzbékistan veut séduire davantage de Français au-delà des circuits classiques, en misant sur la sécurité, le voyage en autonomie et de nouvelles infrastructures.
Samarcande, Boukhara, Khiva et leurs coupoles turquoise : ces images de la Route de la soie restent indissociables de l’Ouzbékistan. Mais le pays veut désormais élargir son récit touristique. Pays à l’honneur de la 48e édition de l’IFTM (plus grand salon professionnel du tourisme et des voyages en France, NDLR), qui s’est achevée jeudi à Paris, l’Ouzbékistan veut renforcer sa visibilité auprès des voyageurs français.
Sur le salon, Sukhrob Bobokalonov, vice-président de la Commission du tourisme de la République d’Ouzbékistan, a défendu une nouvelle ambition : «ne plus seulement augmenter le nombre de visiteurs, mais aussi allonger leur durée de séjour et diversifier leurs itinéraires». L’Ouzbékistan affirme avoir accueilli 11,7 millions de visiteurs étrangers en 2025, un record porté notamment par les arrivées en provenance des pays voisins d’Asie centrale. Pour les autorités, le défi consiste désormais à accroître la part des marchés européens et à allonger la durée des séjours.
Selon Gayane Umerova, directrice du département de l’économie créative et du tourisme de la présidence ouzbèke, «plus de 22.000 visiteurs français ont été recensés au premier semestre 2026, soit près de 21% de plus qu’un an auparavant.» À l’horizon 2030, les autorités visent 20 millions de touristes internationaux.
Les paysages étaient exceptionnels et l’architecture incroyable.
Inès, étudiante et créatrice de contenus
@ne2sy_
Avant son départ, Inès, 23 ans, connaissait encore peu l’Ouzbékistan. En mai 2026, cette étudiante, également créatrice de contenus sur TikTok, s’y est envolée pour dix jours avec sa sœur de 19 ans. Les deux jeunes femmes ont organisé leur itinéraire sans recourir à une agence de voyages : après quelques jours à Tachkent, la capitale, elles ont rejoint Samarcande en train, avant de poursuivre leur périple jusqu’à Boukhara. Le renforcement du réseau ferroviaire figure d’ailleurs parmi les infrastructures mises en avant par les autorités ouzbèkes pour fluidifier les circuits touristiques et faciliter les voyages en autonomie.
À Tachkent, les deux sœurs ont notamment visité le complexe Hazrati Imam, qui abrite différents édifices religieux ainsi que le musée de l’Histoire et de la civilisation islamique. «Les paysages étaient exceptionnels et l’architecture incroyable», raconte-t-elle. Cette mise en valeur des sites s’accompagne d’un travail plus discret de préservation du patrimoine, mené avec plusieurs partenaires français. Gayane Umerova précise que «des restaurateurs de l’Institut national du patrimoine sont ainsi présents sur place dans la durée afin de former des spécialistes ouzbeks».
Une destination jugée sûre
Pour organiser son escapade, Inès s’est principalement appuyée sur Google, des blogs, des forums de voyageurs et TikTok. La réservation des billets de train a toutefois été l’étape la plus délicate : le site officiel étant en russe, elle a utilisé des outils de traduction pour comprendre les différentes étapes. Une fois arrivée, elle n’a pas rencontré de difficulté majeure. Pour se déplacer en ville, elle utilisait une application de taxis, Yandex. À l’IFTM, Sukhrob Bobokalonov a également évoqué la mise en place d’un service d’assistance destiné aux étrangers, accessible pour environ 5 euros par mois. Il doit permettre d’obtenir une assistance en cas de difficulté pendant le séjour. Une mesure qui s’inscrit dans la volonté des autorités de rendre la destination d’avantage accessible et rassurante pour les visiteurs internationaux.
Avant son départ, Inès confie avoir éprouvé quelques craintes. Elle ne connaissait encore rien du pays et voyageait avec sa sœur cadette. Pourtant, dès leur arrivée, les deux jeunes femmes se disent rassurées. «En tant que Parisienne, je me suis sentie beaucoup plus en sécurité là-bas», raconte-t-elle. Ni dans la rue, ni dans les hôtels, ni lors de leurs déplacements, elles assurent n’avoir rencontré de difficulté particulière.
Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères estime que le niveau d’insécurité est « faible » en Ouzbékistan, tout en rappelant que les visiteurs étrangers peuvent susciter des convoitises. Il recommande de ne pas afficher d’objets de valeur, de faire preuve de vigilance lors des retraits d’espèces et d’éviter de se déplacer seul, à pied et de nuit, dans les quartiers isolés ou peu fréquentés.
Cette expérience positive ne dispense donc pas de respecter les précautions élémentaires. Elle constitue néanmoins un argument que les autorités ouzbèkes entendent faire valoir auprès des femmes envisageant de voyager seules, en mettant en avant la facilité des déplacements et l’accueil réservé aux visiteurs étrangers.
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Un territoire encore peu fréquenté par les Européens
À travers sa promotion à l’IFTM, l’Ouzbékistan se présente comme une destination ouverte toute l’année, entre sports d’hiver, nature, culture, gastronomie et traditions. Lors de la conférence inaugurale de l’IFTM, Sukhrob Bobokalonov, vice-président de la Commission du tourisme d’Ouzbékistan, a annoncé la création prévue de plus de 1 000 nouveaux hébergements et de 41 villages touristiques dans le pays.
Pour Inès, cette montée en puissance ne se traduit pas encore par une fréquentation européenne massive. «Nous avons surtout rencontré des touristes sur les grands sites historiques et les monuments importants, principalement originaires de Russie ou d’Asie», se souvient-elle. Pour les autorités ouzbèkes, le défi consiste désormais à inciter les visiteurs européens à venir et à prolonger leur séjour, au-delà du triptyque le plus connu.
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