pourquoi aime-t-on se faire peur dans les parcs d’attractions ?


Nombreux sont ceux qui aiment se faire peur dans des attractions à sensations fortes. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

PSYCHO – Terrorisé à l’idée d’accompagner vos proches dans les grands parcs d’attractions, en vous demandant pourquoi ils s’amusent à se faire peur dans des loopings ou grand huit ? Décryptage.

Pour certains, les montagnes russes riment avec boule à l’estomac, hurlements et parfois syncope. Pour d’autres, elles sont synonymes d’adrénaline, frisson et sensations fortes. Et pour ceux qui fréquentent les parcs d’attraction, lancés dans une course aux animations vertigineuses, s’offrir le manège à sensations est parfois un défi, souvent un plaisir à reproduire lors de plusieurs visites. Alors pourquoi adorer se retrouver la tête à l’envers et le cœur au bord des lèvres ?

Pour Delphine Py, psychologue, « il y a cette idée de se dépasser soi-même, de surpasser ses peurs et ses limites. Cela peut même donner confiance en soi ». La recherche d’adrénaline et de dopamine explique aussi ce goût de certains pour ces attractions. «Cela provoque un sentiment de vitalité et d’évasion», développe cette spécialiste en thérapies cognitives et comportementales. Réussir à monter dans ce type de manège nous pousse également à nous confronter à nos peurs «de manière contrôlée là où, dans la vie, on ne maîtrise pas les moments de frayeur». Par ailleurs, le fait de le faire à plusieurs offre un moment de partage, renforce le lien social : « Il y a un aspect rituel de passage », abonde la psychologue.

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Une question d’équilibre

À Disneyland Paris, l’attraction Space Mountain propulse les passagers jusqu’à 75 km/h. AdobeStock/Nicolas ROCHETTE

Les concepteurs doivent s’adapter à la demande d’un public à la recherche d’expériences toujours plus intenses. « Les différents éléments du roller coaster (l’autre nom des montagnes russes, NDLR) doivent être innovants et variés. On peut, par exemple, intégrer des chutes abruptes, des moments d’apesanteur – appelés air time -, des changements soudains de direction, des accélérations rapides, des inversions, des vrilles, des virages serrés… » énumère Christian von Elverfeldt, directeur général de MackRides, une société allemande de construction de montagnes russes et dont la famille fondatrice détient aussi le parc Europa-Park. Le tout doit être organisé selon un ordre stratégique pour maximiser la sensation de vitesse et d’intensité.

De nombreux autres paramètres entrent en compte, comme la hauteur : des collines de montée élevées créent de l’anticipation chez les passagers avant la plongée vers le bas. «La libération de la tension accumulée lors de la montée est source d’exaltation», rajoute Christian von Elverfeldt. «Le tout, en prenant en compte la fluidité et le confort du passager», précise Branko Mamula, responsable régional des ventes chez Intamin AG, qui construit également des attractions à sensations fortes. Celui qui monte à bord d’un grand huit ne doit en effet pas être brusqué dans son parcours : «Les sensations doivent être intenses et surprenantes, tout en semblant naturelles. Il faut arriver à un juste équilibre entre tous ces éléments, c’est dans cela que réside l’art de la conception».

Ce professionnel sait de quoi il parle, la compagnie suisse Intamin AG a créé le premier système de propulsion hydraulique (aussi appelé Rocket Coaster), un procédé utilisé pour catapulter le train de 0 à 240 km/h en quelques secondes pour ensuite lui faire gravir des hauteurs vertigineuses. Thibaut Deleaz, journaliste, documente pour Le Figaro les nouveautés dans les parcs d’attractions. Il abonde dans son sens : «La fluidité du parcours est ce qui rend les montagnes russes d’aujourd’hui agréables».

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Vertige, claustrophobie et acrophobie

Victimes de vertige, d’acrophobie ou de claustrophobie, certains sont incapables de monter à bord d’attractions à sensations fortes. AdobeStock/kovalenkovpetr

Reste que certains visiteurs des parcs sont totalement tétanisés à l’idée d’embarquer dans ce type de manège. «C’est l’hypothalamus qui joue le rôle de chef d’orchestre de plusieurs sensations, dont la peur», explique Delphine Py. Là où certains sont tout simplement plus sensibles à l’idée de se confronter à des situations à risque, d’autres possèdent de véritables phobies.

« C’est l’hypothalamus qui joue le rôle de chef d’orchestre de plusieurs sensations, dont la peur »

Delphine Py

Pêle-mêle, on peut citer les personnalités souffrant de vertige, d’acrophobie (peur excessive du vide, même en l’absence de réel danger) ou encore de claustrophobie (qui craignent d’être bloquées dans l’attraction sans pouvoir s’en échapper). « Et il y a les anxieux qui s’imaginent le pire, de la panne au décrochage de la nacelle, et craignent de ne pas pouvoir contrôler la situation. La psychologue se veut cependant rassurante : ce sont des choses sur lesquelles il est possible de travailler en thérapie, en se désensibilisant progressivement.»


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