Vacances d’été: pourra-t-on partir ?


Une saison estivale encore incertaine

Après plusieurs semaines de confinement, de nombreux Français réfléchissent à leurs vacances d’été malgré la pandémie de coronavirus. Et espèrent pouvoir voyager plus ou moins loin, dans leur région, en France ou ailleurs. Lors de sa conférence de presse du 19 avril, le premier ministre a appelé les Français à la vigilance : «Je crains qu’il ne soit pas raisonnable d’imaginer voyager loin à l’étranger très vite.» Édouard Philippe estime que le transport aérien ne pourra pas «reprendre dans de bonnes conditions rapidement». Par ailleurs, «les conditions d’entrée ou de ré-entrée sur le territoire national» seront probablement «assez exigeantes vis-à-vis de ceux qui arrivent de l’étranger».

Une prudence partagée par la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. «Il serait mal aisé de dire que vous pouvez prendre un billet pour aller faire une croisière à l’autre bout du monde», a-t-elle déclaré lundi 20 avril. Le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, conseillait déjà le 7 avril d’«attendre» avant de réserver. Il avait appelé les Français à «la plus grande prudence sur la préparation de leurs voyages car la situation aujourd’hui est encore trop incertaine». La ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, avait apporté quelques précisions : «Ce n’est pas le moment d’acheter un billet pour partir à l’autre bout de la planète avec toutes les incertitudes qu’on peut avoir sur ce que sera l’état de l’épidémie.» La ministre laissait entendre que les voyages en France seraient néanmoins possibles : «On peut recommander aux Français de profiter de notre beau pays pour les prochaines vacances, ce qui aidera aussi le secteur du tourisme.»

Le déconfinement se fera à partir du 11 mai de manière très progressive en France. Mais les mesures destinées à enrayer la pandémie (réduction de l’offre de transport, restrictions des déplacements, fermeture des lieux recevant beaucoup de public pour le moment…) feront de l’été 2020 une saison touristique pas comme les autres, à la fois pour les vacanciers et les professionnels du tourisme.

Vers un tourisme franco-français ?

En ces temps difficiles, voyager en France est ce qu’il y a de plus sûr. D’autant que les témoignages de nombreux touristes bloqués à l’étranger et parfois traités comme des «pestiférés» pendant la propagation de la pandémie ont marqué l’opinion et alerté sur les difficultés du rapatriement…

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Par choix ou par contrainte, les Français devraient donc rester dans l’Hexagone cet été. Et peut-être privilégier la voiture pour se déplacer. «Le tourisme cet été sera franco-français», a argumenté dans un entretien au Figaro Didier Arino, le directeur général associé du cabinet de conseil Protourisme. Avec deux conditions à réunir au préalable pour les professionnels comme pour les autorités : informer sur la mise en place de mesures sanitaires; mais aussi rassurer sur les conditions d’annulation et de remboursement. «Le phénomène de réservation de dernière minute devrait être important», complète l’expert.

Les hôtels et lieux touristiques nationaux pourraient par ailleurs capter cette saison une grande partie des neuf millions de Français qui passent habituellement leurs vacances d’été à l’étranger. Pour appeler nos compatriotes à découvrir leur patrimoine, plusieurs acteurs du tourisme ont lancé l’opération #CetEteJeVisiteLaFrance sur les réseaux sociaux.

Quelles sont les mesures mises en place par les professionnels ?

Hôtels, cafés, restaurants et musées resteront portes closes le 11 mai, date annoncée pour amorcer le déconfinement. À ce jour, aucun agenda de réouverture n’a été évoqué par les autorités. De leur côté, les professionnels du tourisme, en particulier les agences de voyages, règlent les demandes de report ou d’annulation de séjours. Une ordonnance du 25 mars les autorise à proposer un avoir plutôt qu’un remboursement. Cet à-valoir, qui correspond aux sommes engagées, est valable pendant 18 mois à compter de la date d’émission. Le remboursement sera possible à l’issue de cette période.

Pour permettre aux Français de planifier leurs congés en toute sérénité, quelques professionnels adaptent déjà leurs offres et assouplissent leur politique d’annulation.

Au niveau des transports, la SNCF propose l’annulation sans frais des billets de TGV inOui, Ouigo et Intercités jusqu’au 24 juin. Air France permet le report et l’annulation sans frais des vols prévus avant le 3 juillet. La compagnie vient aussi d’annoncer des mesures spécifiques pour les adhérents de son programme de fidélité Flying Blue.

Côté hébergement, plusieurs initiatives sont lancées pour préparer le terrain estival. Le géant de l’hôtellerie Accor va créer un label pour rassurer sur l’hygiène dans ses établissements. Le spécialiste de la location touristique Odalys Vacances (250 résidences en France) propose, lui, de réserver un séjour cet été sans avancer de frais grâce à son «offre Sérénité».

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Quels sont les grands événements annulés cet été ?

Le carnaval de Venise, écourté en février, avait donné le ton : l’épidémie a contraint autorités et organisateurs à annuler ou reporter la plupart des grands événements touristiques ou sportifs internationaux. À commencer par les Jeux olympiques d’été de 2020 à Tokyo, initialement planifiés du 24 juillet au 9 août, reportés d’un an (du vendredi 23 juillet au dimanche 8 août 2021).

En France, les grands festivals subissent de plein fouet la pandémie. Festival d’Avignon, les Francofolies de La Rochelle, les Eurockéennes de Belfort… Ces temps forts ne rythmeront pas cette saison estivale 2020. Lors de son allocution du 13 avril, Emmanuel Macron indiquait que les «grands festivals et événements avec public nombreux ne pourront se tenir au moins jusqu’à mi-juillet». Le Tour de France, qui aurait dû se dérouler en juillet, est maintenu mais se tiendra du 29 août au 20 septembre.

Pourra-t-on voyager à l’étranger ?

Peut-être en Europe, mais pas en dehors de l’espace Schengen. Les frontières, fermées jusqu’au 15 mai, pourraient le rester jusqu’en septembre. Emmanuel Macron a évoqué cette hypothèse au cours d’une vidéoconférence avec des partenaires sociaux, mais n’a pas abordé ce sujet lors son allocution. Néanmoins, le président de la République a déclaré que les frontières françaises avec les pays non européens resteront closes «jusqu’à nouvel ordre».

Par ailleurs, chaque pays européen applique ses propres restrictions d’accès. Ainsi, l’Espagne qui souhaite encourager le tourisme national et éviter une deuxième vague de contamination, réfléchit à une prolongation de la fermeture de ses frontières durant l’été.

Au Portugal, l’État va prendre des mesures en vue de la saison estivale. Le premier ministre Antonio Costa, interrogé par le journal Expresso, envisage de limiter le nombre de personnes se rendant sur les plages généralement bondées en été. «Ce virus n’hiberne pas en été», a-t-il expliqué . «Les rassemblements de masse ne peuvent pas avoir lieu. Les municipalités devront prendre les mesures nécessaires pour que nous puissions aller à la plage sans surpopulation.» Cette mesure pourrait figurer dans un plan visant à alléger le confinement. Il sera dévoilé le 30 avril.

La plage d’Alvor, à Portimao (Algarve) . Le Portugal songe à limiter le nombre de personnes autorisées à venir sur le sable cet été. e55evu – stock.adobe.com

Quant à la réouverture des frontières en dehors de l’Europe, plusieurs scénarios sont imaginables selon Jean-François Rial, PDG du groupe Voyageurs du Monde : «On peut envisager des groupes de pays – au sein de l’Europe par exemple mais pas seulement – qui ouvriraient leurs frontières entre eux pour permettre des voyages ; ou alors des déplacements autorisés seulement entre les pays qui auraient jugulé l’épidémie», déclare-t-il. Autre possibilité : les voyages seraient autorisés «partout dans le monde pour ceux immunisés ou non-porteurs du virus, et qui pourraient le prouver de façon incontestable».

Peut-on déjà réserver ses vacances d’été ?

Compte tenu de l’évolution de l’épidémie, le mieux est de préparer ses vacances sans les réserver dans l’immédiat. Bien que les compagnies aériennes continuent à vendre des billets voire proposent des prix attractifs pour cet été et au-delà, il est peu probable que les vols soient tous maintenus, en particulier hors de l’Europe.

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Air France assure pouvoir assurer 30% de ses vols à partir de juillet, contre 5 à 10% aujourd’hui. La compagnie s’engage par ailleurs à distribuer des masques aux passagers lorsque les taux de remplissage des avions ne permettent pas la distanciation sociale.

Côté ferroviaire, le patron de la SNCF projette de faire circuler «100% des TGV au début de l’été». Pour Jean-Pierre Farandou, «le déconfinement devra absolument passer par l’obligation du port du masque pour les passagers». Il est aussi trop tôt pour dire si tous les hôtels seront en mesure de rouvrir d’ici à juillet août, même si de nombreuses chaînes d’hôtels et resorts ont relancé les réservations.

En outre, les assurances voyage pourront refuser de vous indemniser, estimant que la situation sanitaire était connue au moment de la réservation. Le plus prudent à l’heure actuelle reste donc de réserver en dernière minute, en fonction de la situation.

En vidéo, «Les vacances estivales à l’étranger sont peu probables», selon Christophe Castaner





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