2024 sera-t-elle l’année pour voyager en Chine ?


TENDANCE – Pour la première fois, les voyageurs français peuvent se rendre en Chine sans visa depuis le 1er décembre. De quoi susciter des vocations ? Oui, à en croire les derniers chiffres de réservation. Jusqu’à faire oublier la mauvaise réputation de l’Empire du Milieu ? Pas si sûr.

Janvier 2024 marquera une date importante : à quelques jours du Nouvel An chinois, le 10 février, la France et la République populaire de Chine célébreront le soixantième anniversaire de leurs relations diplomatiques. Une décision officialisée par le général de Gaulle dans un discours resté célèbre, le 31 janvier 1964. 2024 sera aussi l’année franco-chinoise de la culture. Mais l’année à venir sera-t-elle celle de la Chine… tout court ? Elle s’ouvre en tout cas sur une perspective alléchante pour les voyageurs : la possibilité, pour la première fois, de franchir la frontière de l’Empire du Milieu sans visa.

Le 24 novembre, le pays a en effet annoncé la mise en place d’une exemption temporaire d’un an pour les voyageurs de six pays, dont la France. Celle-ci vaut pour les courts séjours de quatorze nuits maximum du 1er décembre 2023 au 30 novembre 2024. L’expérimentation pourrait bien faire date et être prolongée dans le temps.

Depuis cette annonce au sujet du visa il y a une semaine, les demandes ont fait un bond : environ 25 dossiers de réservation déposés, soit une cinquantaine de personnes

Karine Vampouille, responsable de la Chine pour le tour-opérateur Asia

Cette annonce semble, en tout cas, avoir eu un effet immédiat sur l’attractivité de la destination Chine. Comme l’a fait savoir ce jour l’administration de l’immigration chinoise, depuis le début de l’exemption vendredi, plus de 2000 personnes sont entrées en Chine sans visa dont 227 Français. Le moteur de recherche de vols Kayak note de son côté un bond de 65 % des requêtes pour le pays d’Asie en seulement une semaine. Cette hausse s’élève même à 95 % si l’on compare les chiffres de novembre à ceux du mois précédent.

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Parmi les villes les plus prisées, selon la même source, on retrouve sans surprise les deux grandes mégapoles chinoises, Shanghai et Pékin. Elles sont suivies de Wenzhou, Canton et Shenzhen. Karine Vampouille, en charge du pays pour le tour-opérateur Asia, confirme un «boom» inédit depuis la pandémie de Covid-19 : «Depuis la réouverture du pays (en mars 2023, NDLR), nous avions bien quelques réservations, mais à un rythme très lent. Depuis cette annonce au sujet du visa, les demandes ont fait un bond d’un coup : environ 25 dossiers de réservation déposés, soit une cinquantaine de personnes.»

Mah-jong et papiers d’identité

Suffisant pour redonner des couleurs à une destination ternie par son statut de «berceau du Covid» et les trois longues années en autarcie complète qui ont suivi ? Marie Féjoz, du voyagiste Les Maisons du Voyage (groupe Figaro), note le même entrain mais reste prudente. «On croit en 2024, car cette exemption de visa est inédite dans l’histoire. Nous avons certes plusieurs groupes confirmés mais c’est plus lent pour les individuels. Dans tous les cas, les taux de réservation restent loin de ceux de 2019.»

Cela ne peut d’ailleurs être un hasard : les deux professionnelles reviennent justement d’un séjour en Chine, le premier en plus de trois ans. Ce pays qu’elles connaissent tant, l’ont-elles trouvé changé ? Marie Féjoz s’est étonnée de voir dans les rues du nord de Pékin des gens jouer au mah-jong, «comme avant». «En revanche, il faut désormais montrer sa carte d’identité pour visiter certains monuments comme la Cité interdite. Question de traçabilité et aussi pour limiter l’affluence.»

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Une destination plus si bon marché

Les rizières en terrasse de Longji. (Photo extraite du reportage «Guangxi, au pays des collines debout») STANISLAS FAUTRE

Outre cette nouvelle facilité d’entrer, la Chine ne manque pas d’atouts pour séduire le voyageur français. Les voyagistes citent de concert son histoire et sa culture millénaires, mais aussi son immensité. 17 fois l’Hexagone, rien que ça ! «L’avantage de la Chine, c’est qu’on peut y aller puis y retourner et découvrir un nouveau pays à chaque voyage. D’où le fait que la majorité de nos clients sont ce que l’on appelle des ‘repeaters’ : ils y vont pour la deuxième ou la troisième fois», détaille Karine Vampouille.

Jusqu’ici, le pays pouvait aussi se targuer d’être moins cher que certains de ses voisins d’Asie, comme le Japon ou la Corée du Sud. Las, la pandémie a, là aussi, changé la donne. «Les prix de l’aérien ont en moyenne pris 30%» note Karine Vampouille. Une inflation qui s’explique par la chute du nombre de vols directs entre la France et la Chine continentale. Depuis juillet, seuls 34 trajets hebdomadaires sont assurés entre les deux pays, toutes compagnies confondues. Et le constat est le même du côté des «prestations terrestres». Hôtels, restaurants, bus, guides touristiques… ont tous augmenté leurs tarifs en raison d’une forte demande domestique entre 2019 et 2023. «Jusqu’ici, le visa – qui coûtait environ 200 euros par personne rappelons-le – était un vrai frein au tourisme. Les prix sont en train d’en devenir un autre», regrette Karine Vampouille qui veut tout de même croire en une baisse prochaine.

La Corée a su s’exporter vers l’international, le Japon aussi, pas la Chine.

Marie Féjoz, responsable de la Chine pour les Maisons du Voyage

Mais la plus grosse aiguille dans le pied de la Chine est sûrement cette «mauvaise réputation» qui ne date pas du Covid. Arrivant derrière le Japon, la Thaïlande, le Vietnam et l’Indonésie, la Chine n’a jamais été la destination asiatique préférée des Français. La faute, notamment, à son régime politique autoritaire. Fondé par des sinologues et baptisé à sa création en 1991 La Maison de la Chine, le voyagiste Les Maisons du Voyage tente de redorer cette image. «La Corée a su s’exporter vers l’international, le Japon aussi, pas la Chine. On essaie de mettre en avant ce pays pas toujours aimé des reportages alors qu’on a des clients qui y sont allés dix fois. Il faut aller voir par soi-même pour se faire un avis.»

Pour découvrir une Chine loin des sentiers battus, elle propose par exemple un séjour autour du thé dans le Anhui avec un spécialiste en théiculture. «Le paysage ? Des villages classés par l’Unesco, de grandes demeures d’anciens riches marchands en boiseries, murs en chaux, tuiles grises. Pas loin, on peut voir le mont Huangshan, représenté sur tant d’estampes chinoises.» Arguons que l’année-anniversaire 2024, sera en outre riche en animations et en événements, portés par une nouvelle directrice à l’office de tourisme de Chine en France. Le programme des festivités sera dévoilé dans les semaines à venir. Autre symbole, l’année sera placée sous le signe du dragon, gage de chance et de succès dans le zodiaque chinois…

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