réservations, quotas, amendes… ce qu’il faut savoir


Face à l’afflux croissant de touristes, plusieurs plages emblématiques de Sardaigne imposent désormais des quotas de visiteurs, des réservations obligatoires voire des droits d’accès.

À première vue, la Sardaigne n’a rien perdu de ce qui fait sa renommée : eaux cristallines et plages de sable fin comptent toujours parmi les plus spectaculaires de Méditerranée. Deux d’entre elles, Cala dei Gabbiani et La Pelosa, figurent d’ailleurs dans l’édition 2026 des «World’s 50 Best Beaches».

Mais depuis plusieurs années, l’île italienne durcit sa politique de protection du littoral. À l’approche de l’été, de nombreux sites très fréquentés, plages en tête, sont désormais soumis à des règles strictes, parfois inattendues, allant de la réservation obligatoire à la limitation du temps de présence. Une évolution qui s’inscrit dans un contexte de forte affluence : l’île a accueilli près de 4,5 millions de touristes pour 18,9 millions de nuitées en 2024.


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À La Pelosa, même la serviette est réglementée

Située à Stintino, la plage de La Pelosa illustre cette volonté de préservation. Pour limiter l’érosion et la dispersion du sable, sa fréquentation est plafonnée à 1500 visiteurs par jour en haute saison. L’accès, payant (3,50 euros), doit être réservé à l’avance. Une règle peu commune s’y applique également : il est interdit de poser sa serviette directement sur le sable. Les vacanciers doivent utiliser un tapis afin d’éviter que les grains ne s’y accrochent, sous peine d’une amende pouvant atteindre 100 euros.

Dans l’archipel de La Maddalena, les rivages de Cala Coticcio et Cala Brigantina sont eux limités à 60 personnes par jour. Leur accès nécessite une réservation et la présence d’un guide agréé, en plus d’un droit d’entrée de 3 euros au parc. Au nord-est, Cala Brandinchi et Lu Impostu fonctionnent également avec des quotas journaliers entre fin juin et début septembre, encore plus restrictifs en juillet et août.

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Contributions environnementales et temps limité

Certaines communes ont instauré des contributions financières pour soutenir la protection des espaces naturels. À Cala Mariolu, sur la côte orientale, la fréquentation est limitée à 700 personnes simultanément en été, avec une contribution comprise entre 1 et 3 euros selon le mode d’accès. À Villasimius, l’accès à Punta Molentis est soumis à un ticket de 10 euros, tandis que d’autres littoraux appliquent des frais de stationnement pour mieux maîtriser les flux.

Dans la région d’Ogliastra, la régulation passe aussi par la durée de visite. À Cala Birìala, limitée à 300 personnes par jour, les visiteurs arrivant par bateau ne peuvent rester que 90 minutes. À Cala dei Gabbiani, également plafonnée à 300 touristes, la présence est restreinte à 70 à 90 minutes selon les conditions d’accès.

Le sable rose de Budelli toujours sous haute protection

La Spiaggia Rosa, sur l’île de Budelli en Sardaigne, classée en zone de protection intégrale après sa forte surfréquentation dans les années 1990.
danielefontana – stock.adobe.com

Parmi les sites les plus emblématiques figure la Spiaggia Rosa, sur l’île de Budelli, célèbre pour son sable aux reflets rosés, composé de fragments de corail et de coquillages. Fragilisée par les prélèvements et la surfréquentation dans les années 1990, elle est aujourd’hui classée en zone de protection intégrale. L’accès y est interdit : il n’est plus possible d’y marcher ni de s’y baigner.


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Elle ne peut désormais être observée qu’à distance, depuis la mer ou des points de vue aménagés, souvent dans le cadre de visites encadrées par le parc de l’archipel de La Maddalena. Les contrevenants risquent des amendes pouvant atteindre 3500 euros en cas de prélèvement de ces grains. Sur les plages les plus célèbres de l’île, il ne suffit désormais plus d’arriver avec sa serviette sous le bras : il faut souvent réserver sa place bien avant.

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