À deux pas de la tour Eiffel, cet hôtel parisien s’offre une métamorphose spectaculaire
ON A POUSSÉ LES PORTES – À deux pas du Champ-de-Mars, l’hôtel La Bourdonnais dévoile 53 chambres entièrement repensées et un nouveau bar aux airs de train de luxe.
Acheté il y a 11 ans par le groupe français Inwood, comme ne l’indique pas son nom, l’hôtel La Bourdonnais attendait d’être restauré. Autant par les voyageurs attirés par cet emplacement unique, entre la Tour Eiffel et les Invalides, que par le quartier, en manque d’un lieu de vie où s’attarder la nuit tombée, autour d’un cocktail. C’est cette mission que s’est fixé « Minuit Express », le nouveau bar de La Bourdonnais by Inwood Hotels, qui occupe le rez-de-chaussée sur rue de l’établissement. Derrière de grandes baies, dans un style Orient Express, comme dans un train de luxe, les banquettes sont rangées en alvéoles et bordent un espace étroit, à la manière d’un wagon. L’univers est feutré. Velours cramoisis, petit traversin de soies imprimés, le ton du bar donne celui de l’hôtel. Un bâtiment de style haussmannien, entièrement réhabilité, après des mois de travaux.
ERWAN FIQUET
Dans les 53 chambres et junior suites, dont 6 offrent une vue sur le haut de la Tour Eiffel, trois univers chromatiques s’enchaînent. D’une chambre à l’autre, la palette change franchement : ici du bleu et des motifs floraux, ailleurs des tonalités sable et des animaux stylisés ; plus loin, des terracotta et des lignes orientalisantes. Le parti pris aurait facilement pu virer au décor de théâtre.
Il n’en est rien : l’ensemble reste étonnamment feutré. Quel que soit l’univers choisi, une même chaleur domine, portée par des teintes apaisantes et des éclairages subtils. Des abat-jour froufroutants, très années 1930, achèvent de planter le décor.
Le voyage selon Oscar Lucien Ono
ERWAN FIQUET
Les têtes de lits, travaillées comme des paravents et posés de manière asymétrique, ajoutent au dépaysement de ces chambres. Assises en velours et soies, plutôt très réussies. On doit cette déco élégante à Lucien Oscar Ono. L’architecte d’intérieur, figure de Saint-Germain-des-Prés où est installé son studio Maison Numéro 20, a puisé son inspiration dans la vie de Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais, officier de la Marine et grand explorateur du XVIIIe siècle, qui a donné son nom à l’avenue et à l’hôtel La Bourdonnais.
ERWAN FIQUET
L’architecte n’en est pas à son coup d’essai. Il a déjà œuvré pour le groupe Inwood, en signant la déco de l’hôtel Le Soleia à Nice et de la Villa Miraé au Cap d’Antibes. Habitué aux atmosphères feutrées, aux matières nobles et aux textures sensuelles, Oscar Lucien Ono travaille les bois vernis, les laques profondes et les velours chaleureux. Dans cette adresse de l’avenue de la Bourdonnais, il s’est entouré de la crème des artisans et fournisseurs, comme la Maison Ulgador, pour les motifs peints à la main, ou les maisons Rubelli, Lelièvre et Casamance, pour ce qui concerne le choix des tissus.
Oscar Lucien Ono est aussi de son époque et n’en ignore pas les contraintes. En témoigne des meubles de salle de bains ultra-pratiques, des revêtements en marbre dans les couloirs des chambres, histoire de se protéger du choc des valises et des moquettes unies, peu salissantes, traversées par ailleurs d’un zigzag de couleurs particulièrement original. C’est d’ailleurs toute la réussite de cette réhabilitation, que d’offrir, certes un cadre raffiné et une adresse de charme supplémentaire au 7e arrondissement de Paris, mais surtout un hôtel où le voyageur tient la première place au cœur du projet.
Hôtel La Bourdonnais by Inwood Hotels, 111-113 avenue de La Bourdonnais, Paris 7è. À partir de 400 € la chambre double classique.
PRIX, PHOTOS ET DISPONIBILITÉS
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