cinq lieux où admirer les feuillages d’automne dans l’archipel


Après le printemps et ses cerisiers, l’automne est la saison préférée des Japonais. Cinq endroits où il flamboie le plus fort.

C’est l’autre saison préférée des Japonais. Celle que l’on épie dès que les températures faiblissent, le nez en l’air, à l’affût des premières taches carmin sur les feuillages, prémices de l’embrasement. Koyo, terme qui désigne le rougeoiement des feuilles d’arbres à l’automne, s’épanouit en novembre, jusqu’aux premiers jours de décembre, sur l’île principale de Honshu, la plus grande du Japon. Rois, les érables rubis et les ginkgos or illuminent les rares journées grises de la saison. Jardins et lieux de randonnée font en cette période de l’année l’objet de véritables pèlerinages célébrant l’éphémère, qui a l’avantage d’être moins fugace que lors de la floraison des cerisiers au printemps. Voici où profiter de ces feux de joie qui empourprent les cœurs.

Le mont Takao, près de Tokyo

Le mont Takao se situe à une heure de train de Tokyo. Aimie Eliot / Le Figaro

Située à moins d’une heure de train, à l’ouest de Tokyo, la montagne sacrée attire autant de pèlerins que de locaux amateurs de randonnées accessibles. Vous les croiserez fort équipés, l’automne venu, lorsque la montagne se pare d’une belle robe fauve. En sortant de la gare, œuvre de l’architecte japonais Kengo Kuma, empruntez le premier sentier, celui des pèlerins, pour profiter de ses pentes douces où viennent se poser les feuilles d’érables rougies, qui nourriront les herbiers. Pour abréger la marche, on embarque à bord du télésiège, l’occasion d’un bref voyage suspendu. L’arrivée au sommet offre de beaux points de vue sur le mont Fuji, qui surplombe les collines chamarrées de la région du Kanto. En redescendant, une allée de cèdres centenaires mène au joli temple dédié à la divinité de la montagne. Les dango (brochette de boulettes à base de riz gluant) qui grillent non loin de là constituent une collation de choix avant de retrouver le bitume.

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Depuis la gare de Shinjuku à Tokyo, empruntez la ligne Keio jusqu’à la gare de Takaosanguchi (env. 50 min.)

Le jardin Okochi Sanso, près de Kyoto

Le jardin Okochi Sanso, sur les hauteurs d’Arashiyama, à Kyoto. Aimie Eliot / Le Figaro

L’ancienne capitale impériale abonde de jardins qui rivalisent de beauté en automne. Situé sur les hauteurs d’Arashiyama, à la sortie de la forêt de bambous qui fait la réputation de ce quartier du nord-ouest de Kyoto, le jardin Okochi Sanso est singulier : la propriété était autrefois celle de l’acteur japonais Denjiro Okochi (1898-1962), star des films de samouraïs, qui consacra une partie de sa fortune à la construction et à l’entretien du domaine. Il y fit élever une villa au cœur d’un jardin-promenade, à la mise en scène remarquable (influence des talents du propriétaire ?). Son étroit chemin de pierre se fraye un passage à travers pins et érables, s’enfonçant dans de denses zones boisées aux allures de forêt indomptée, et conduit au sommet de la colline. Soudain dégagée, la vue sur Kyoto se révèle grandiose, la ville semblant flotter au-dessus d’une foultitude d’érables blonds. Mais la véritable chute n’arrivera qu’un peu plus tard : derrière un rideau de feuillages, les montagnes environnantes plantées de cyprès se dressent, spectaculaires, de l’autre côté de la vallée.

Le jardin est situé à 15 minutes à pied de la gare Arashiyama (environ 30 min en train depuis la gare de Kyoto). Ouvert de 9h à 15h. Entrée : 1000 yens (env. 7 euros), matcha et confiserie japonaise compris.

Le Kenroku-en, à Kanazawa

Le Kenroku-en est considéré comme l’un des plus beaux jardins du Japon. Aimie Eliot / Le Figaro

C’est en automne, lorsque les feuillages entremêlés arborent leur plus belle palette, du jaune moutarde au rouge carmin, en passant par l’orange citrouille, que la renommée de ce jardin majestueux – il est considéré comme l’un des trois plus beaux du pays – prend tout son sens. Situé sur les hauteurs de Kanazawa, cité féodale au bord de la mer du Japon surnommée « la petite Kyoto Â», le Kenroku-en est un joyau jadis commandité par le clan Maeda, puissante famille de samouraïs qui régna sur la région et encouragea le développement des arts. Fondé à l’époque Edo (1603-1868), il a été conçu pour répondre aux caractéristiques du jardin parfait, selon la tradition chinoise, donnant l’illusion d’un paysage naturel. Elément central de la composition, l’étang artificiel se découvre sous d’infinies perspectives, où se mirent de chatoyants momiji, les érables aux feuilles d’un rouge intense.

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Depuis la gare de Tokyo, comptez environ 2h30 de trajet en Shinkansen pour rejoindre Kanazawa.

Les bords du lac Ashi, à Hakone

Le lac Ashi, cerné de montagnes flamboyantes à l’automne. JNTO / Photo presse

Proche de la capitale, cette station thermale réputée pour ses eaux bienfaisantes et ses panoramas sur le mont Fuji, est une destination nature particulièrement prisée. On y trouve toutefois bon nombre d’endroits à l’écart de la foule où observer en toute tranquillité les flots du lac Ashi, cerné de montagnes flamboyantes. Ne manquez pas l’ascension de la vallée volcanique d’Hakone en télécabine, mais une fois en bas, oubliez la balade à bord de l’incongru bateau pirate et longez plutôt la rive à pied, en descendant vers le sud. Après avoir dépassé la série de pontons de bois, que se partagent pêcheurs et loueurs de pédalos, remontez légèrement sur votre gauche, et empruntez le sentier de randonnée qui sillonne la forêt. La balade, qui surplombe le lac, fait partie des chemins thérapeutiques certifiés par la Forest Therapy Society, qui promeut les bienfaits des bains de forêt, une invention japonaise.

Rejoignez la gare de Togendai via les télécabines au départ de Souzan, le terminus du funiculaire Hakone Tozan qui s’emprunte depuis la gare de Gora.

La vallée de Kiso, près de Nagano

La vallée de Kiso, dans les Alpes japonaises. JNTO / Photo presse

Nichée dans les Alpes japonaises, la vallée de Kiso, au sud-ouest de la préfecture de Nagano, est la promesse de somptueuses randonnées à travers les denses forêts de cèdres et de cyprès qui peuplent les lieux. Les pentes abruptes des montagnes se colorent début novembre et deviennent la toile de fond idéale pour arpenter la route historique du Nakasendo, la voie qui reliait autrefois Kyoto à Edo, l’ancien nom de Tokyo. Les plus belles sections de ce chemin d’environ 500 kilomètres se situent dans la région et comportent encore des tronçons pavés, ajoutant au pittoresque de la balade. En cette saison, les camaïeux orangés de la montagne environnante s’accordent à ravir aux façades brunes des onze villes relais jalonnant la vallée. Sur le sentier, l’automne s’admire ; se déguste aussi. Les kurikinton, délices locaux à base de purée de châtaignes fraîches, qu’on achète dans l’une des jolies boutiques des villages de Tsumago ou Magome, se savourent en tête à tête avec la montagne.

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Depuis Nagoya (environ 1h30 en shinkansen depuis Tokyo), prenez la ligne Shinano jusqu’à Nakatsugawa (env. 1h). De là, des bus rejoignent les villes-relais du Nakasendo, comme Magome ou Tsumago.



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