du «n’importe quoi» selon un expert en aéronautique


Erreurs mathématiques, approximations… Selon le spécialiste en sécurité aérienne Xavier Tytelman, plusieurs des théories exposées dans la série documentaire diffusée le 8 mars relèvent du non-sens.

C’est l’un des plus grands mystères dans l’histoire de l’aviation civile. Dans la nuit du 7 au 8 mars 2014, le vol Malaysia Airlines MH370 décolle de Kuala Lumpur, en Malaisie, pour se rendre à Pékin, en Chine. Pourtant, peu de temps après son départ, l’avion disparaît brusquement des écrans radars, alors qu’il se retrouve dans une zone grise située au-dessus de la mer, entre la Malaisie et le Vietnam. À son bord : 239 personnes, dont 4 Français et 12 membres de l’équipage. Presque dix ans après, la carlingue et les passagers n’ont toujours pas été retrouvés. Une question continue de hanter l’inconscient collectif : comment un avion a-t-il pu se volatiliser sans laisser de trace ?

C’est à cette question que tente de répondre MH370 : L’avion disparu. La série documentaire en trois épisodes a été dévoilée sur Netflix ce mercredi 8 mars, à l’occasion du neuvième anniversaire de la catastrophe. Elle revient sur la disparition de l’avion, mais expose aussi de nombreuses théories qui ont émergé par la suite. Accident ? Suicide du pilote ? Acte de guerre ? Détournement ? Interception ? La série est pensée comme un jeu de pistes, qui débute avec les incohérences et les contradictions des autorités malaisiennes, puis avance plusieurs hypothèses, laissant parfois le téléspectateur confus. Et mal à l’aise, les interventions des familles de victimes ne semblant être là que pour accréditer des thèses plus ou moins farfelues.

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«Ce n’est pas possible de dire des choses comme ça»

Pour Xavier Tytelman, expert en aéronautique, la série documentaire donne trop de crédit à des théories, qui sont «démontables scientifiquement». «Elles sont dignes d’un scénario hollywoodien, mais techniquement, elles ne tiennent pas», souligne-t-il. À commencer par l’hypothèse avancée par Jeff Wise, un journaliste américain spécialiste de l’aviation, qui constitue le fil rouge de la série documentaire. Après avoir accusé le pilote Zaharie Ahmad Shah d’avoir volontairement fait couper les communications et détourné l’avion vers le sud de l’océan Indien, le journaliste et blogueur livre l’une de ses idées : l’avion aurait été détourné par trois Russes et se serait dirigé vers le Kazakhstan. Une théorie farfelue selon notre expert. «Ce n’est pas possible de dire des choses comme ça», s’indigne Xavier Tytelman. Au-delà de l’histoire en elle-même, l’expert dénonce une théorie «mathématiquement fausse.»

Le 8 mars 2014, l’avion MH370 a disparu des radars. Netflix

Selon le journaliste américain, l’un des trois Russes se serait introduit pendant le vol dans un compartiment sous une trappe, à l’avant de la première classe, pour accéder au «cerveau» électronique de l’avion. Il aurait fait disparaître l’appareil des radars, avant d’en prendre le contrôle. Outre le fait qu’il soit peu probable pour Xavier Tytelman qu’un passager ait pu avoir accès aussi facilement à ce compartiment, il pointe une autre incohérence. «Dans son scénario, quelqu’un s’est introduit dans la soute pour modifier la trajectoire, déterminée à partir de l’analyse de la fréquence de l’onde. Sauf qu’on ne peut pas modifier la fréquence de l’onde. C’est n’importe quoi», assène-t-il.

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Interception par les États-Unis ?

Le documentaire fait également intervenir une autre figure : Florence de Changy, journaliste collaborant pour Le Monde et auteure de MH370 : La disparition. Cette dernière avance que l’avion n’aurait jamais fait demi-tour vers l’océan Indien, comme indiqué par les autorités malaisiennes quelques jours après la disparition du MH370. Il aurait été intercepté par les États-Unis, parce qu’il transportait une cargaison secrète vers la Chine. Plus exactement, une arme ultrasensible américaine que le régime chinois ne devait pas avoir en sa possession.

Pour appuyer ces propos, elle met en avant le fait que la cargaison n’ait pas été scannée aux rayons X. Un élément suspect, selon elle. Ce que réfute Xavier Tytelman. «Parfois, un objet est trop gros pour passer dans le scanner. Cela arrive tous les jours. Mais il y a d’autres méthodes pour vérifier ce qu’il y a dedans, notamment en faisant intervenir des chiens», explique l’expert en aéronautique. Autre hypothèse avancée par Florence de Changy : le signal de l’avion aurait disparu en raison d’un brouillage extérieur, provoqué par des avions AWACS. Il s’agit d’avions-radars, considérés comme les «yeux» de l’OTAN. Ils interviennent en soutien à des activités de lutte contre le terrorisme ou encore pour des opérations d’évacuation.

Le mystère du vol MH370 a passionné des experts et médias du monde entier. Netflix

Un élément qui, à nouveau, n’est pas plausible pour notre expert. «On peut éventuellement brouiller un radar, mais on ne peut pas empêcher l’avion d’envoyer des émissions. Si on veut ‘brouiller’ un avion, on fait du bruit sur la même fréquence que lui pour l’empêcher de parler, mais on ne peut pas couper l’émetteur», détaille Xavier Tytelman.

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Détournement ou problème électrique ?

Si l’on décide d’écarter ces thèses, quelles pourraient être les raisons de la disparition du MH370 ? Si notre expert ne veut s’avancer sur aucune théorie en particulier, deux restent néanmoins plausibles. «Il y a celle du détournement par une personne à l’intérieur du cockpit. Il y a un élément intrigant : quand il y a eu coupure de l’envoi des messages de positionnement, un message a été envoyé qui indiquait la position, mais pas l’altitude. Cela indique que la position STAND BY a été actionnée depuis le cockpit», explique Xavier Tytelman.

Outre cette piste, l’expert indique celle du problème électrique. «Il est très compliqué, mais possible. Il implique une succession d’événements, dont un incendie et un déchargement électrique. L’incendie aurait pu provoquer une dépressurisation. La dépressurisation aurait éteint l’incendie et endormi tout le monde à bord. L’avion aurait poursuivi en ligne droite, comme ça a déjà pu arriver par le passé», poursuit l’expert en aéronautique. Plausible mais sans doute trop banale, la thèse de la défaillance technique n’est même pas abordée dans le documentaire Netflix…



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