en France, sept villages fantômes à visiter pour se faire peur


SÉLECTION – Les riverains qui tentent de redonner vie à ces lieux délaissés détestent qu’on les appelle villages fantômes. Et pourtant, seules les âmes des anciens habitants ainsi que quelques tas de pierres y témoignent encore d’une vie passée. Visite hantée…

Cachés dans les entrailles d’une forêt, gisant sous les eaux d’un lac de retenue, abandonnés à leur isolement, ravagés par la guerre, il existe en France des dizaines de villages oubliés de tous. Seules les pierres témoignent d’une présence passée, de la vie d’hommes et de femmes d’avant le temps de l’électricité. Notre sélection vous mène visiter ces lieux fantomatiques à visiter par une belle journée de pluie automnale pour encore plus de sensations fortes.

La Chartreuse de Vaucluse (Jura), 45 mètres sous les eaux

En 1139, des moines chartreux prennent possession d’un coin de forêt en bordure de l’Ain pour fonder leur abbaye. Au fil des siècles, maison des convers, hôtellerie, cloître et chapelle se développent en bâtiments imposants et élégants déposés sur une vaste esplanade. En 1968, la construction d’un barrage électrique engloutit à jamais cette vieille splendeur devenue ferme à la Révolution. Les plongeurs expérimentés rôdent parfois dans les profondeurs troubles du lac, entre silures géants et vieilles pierres oubliées. Mais attention, la chartreuse gît entre 45 et 65 mètres de profondeur et la plongée doit impérativement être encadrée par un club détenteur d’un agrément spécial. Se procurer le frisson ultime ne doit pas pousser à négliger la sécurité.

Goussainville Vieux-Pays (Val d’Oise), un village muré aux portes de Roissy

En 1973, l’ouverture de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle signe l’arrêt de mort de ce bourg de 1000 âmes. Le village est situé en bout de piste et le ballet incessant des avions pousse une grande partie de ses habitants à déménager. Les dizaines de maisons à l’abandon, les ouvertures murées, les toitures bringuebalantes, les façades taguées font régner une atmosphère désolée. La grande maison bourgeoise située derrière l’église a des allures de squat. Le Vieux Pays de Goussainville attire nombre d’artistes inspirés pour des tournages sauvages de clips vidéo, de séances photos de mode. Mais le village n’est pas complètement fantôme. Il reste suffisamment d’habitants pour maintenir l’école primaire ouverte. Au nombre de 350, ils se battent pour maintenir un semblant de vie sociale et organisent tous les ans le festival Jazz au Village.

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Cumières-le-Mort-Homme (Meuse), une commune « morte pour la France »

Si la nature semble avoir repris ses droits, les paysages sont hantés par la tragédie de la guerre. Ici, le monument aux morts. Meuse Attractivé / S. Latourte

De ce village ravagé par la Grande Guerre, il ne reste rien ou presque. Pendant plus d’un an, Français et Allemands se sont battus sans relâche pour tenir ou s’emparer de la colline du Mort-Homme. Gare, mairie, moulin, huilerie et habitations se désintègrent sous le pilonnage constant des obus. En 1917, Cumières n’est plus qu’un champ de pierres éclatées et de pieux décimés. Aujourd’hui, une sapinière occupe le site. Vous déambulez entre les arbres et les trous d’obus quand soudain se dressent les piliers et un pan de mur de l’ancienne église, quand vous butez sur les fondations d’une ancienne maison ou le bief du moulin. Si la nature semble avoir repris ses droits, les paysages sont hantés par la tragédie de la guerre. Au total, ce sont neuf communes des alentours de Verdun qui ont disparu de la carte.

L’Ile-aux-Marins (Saint-Pierre-et-Miquelon), la mémoire tourmentée des terre-neuvas

L’église Notre-Dame-des-Marins de l’île aux Marins. Adobe Stock / brimeux

Le passé âpre des pêcheurs à la morue s’effiloche au gré des vents violents qui labourent ce confetti de terre. Placée comme une vigie face au port de Saint-Pierre, l’île renaît peu à peu de ses cendres, tentant de sauver la mémoire des terre-neuvas venus de Normandie et de Bretagne. Ils ont été plus de 600 à vivre de l’églefin avant que le dernier marin ne regagne la terre ferme en 1965. Les maisons de bois peintes de couleur vive et les graves aménagées pour faire sécher les poissons sont restées à l’abandon pendant une trentaine d’années. Depuis 1990, associations et habitants de Saint-Pierre se mobilisent pour sauvegarder les bâtiments qui tiennent encore debout, comme l’église ou l’école. L’île se visite en empruntant le bateau qui effectue la navette de mai à octobre, et en tendant l’oreille, on peut parfois saisir la complainte des marins portée par le vent.

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Le Poil (Alpes-de-Haute-Provence), un village qui donne le vertige

Le Poil en 1935. Georges Baillache

Adossé à une ligne de crête abrupte, à plus de 1000 mètres d’altitude, le hameau du Poil ressemble à un paradis perdu. Mais y accéder nécessite d’avoir le cœur bien accroché. Une piste défoncée à peine assez large pour laisser passer un 4×4 serpente à flanc de falaise pour gagner le village. Ou ce qu’il en reste. Ronces et arbrisseaux ont pris possession des maisons à moitié effondrées. L’Association des Amis du Poil retape patiemment les ruines de pierres sèches et entretient les lieux en mémoire des paysans qui vivaient ici en autarcie. Les conditions difficiles, l’isolement et l’absence d’eau courante et d’électricité ont chassé les derniers habitants entre les deux guerres. Le village compte encore quatre âmes qui accueillent les randonneurs de passage, venus s’offrir l’une des plus belles balades sur les PR de Haute-Provence.

Occi (Haute-Corse), dentelle de pierre et poésie

En toile de fond, le bleu du ciel et celui de la Méditerranée. Adobe Stock / Jon Ingall

Au-dessus du village de Lumio, en Balagne, court un sentier dans le maquis désolé. Derrière un bouquet de chênes verts, le village fantôme d’Occi dévoile sa dentelle de pierre. Les maisons aux toitures effondrées et aux murs éventrés se fondent dans les crêtes en saillie du massif granitique. En toile de fond, le bleu du ciel et celui de la Méditerranée. Le dernier occupant, Fra Felice, est mort entre les deux guerres mondiales, donnant vie à sa légende. Il aurait appartenu à la société secrète des « carbonari », connu personnellement Napoléon III et enterré un trésor. Il n’en fallut pas plus pour que déboulent les pilleurs de magots. De lingots ils ne trouvèrent point, mais ils s’emparèrent des linteaux, des portes et de tout ce qui pouvait être vendu ou réutilisé. Ne subsistent que des amas de pierre, jouant les équilibristes, et la poésie des lieux.

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Issandolanges (Puy-de-Dôme), une mélancolie médiévale

Seuls le murmure de la Dolore et le pépiement des oiseaux viennent troubler la mélancolie du hameau abandonné depuis 1936. Christel Gay

Au cœur d’une forêt de sapin clairsemée surgissent les ruines d’un village médiéval oublié de tous. Issandolanges conserve les traces de son passé moyenâgeux dans son four à pain, sa chapelle, son moulin et les fortifications de son château. Les ruelles en terrasse du village dessinent un parcours fantomatique où l’on devine les fondations des anciennes maisons. Seuls le murmure de la Dolore et le pépiement des oiseaux viennent troubler la mélancolie du hameau abandonné depuis 1936. Le nom du village lui-même est obscur et aucun linguiste n’a réussi à en percer le mystère. Pour y accéder, empruntez le chemin qui s’enfonce dans la forêt depuis Issandolangettes et suivez la musique du ruisseau.



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