Excédés par le surtourisme, des habitants des Dolomites font payer l’accès à un sentier aux visiteurs
Des propriétaires de terrains agricoles font payer 5 € l’accès à l’un des sentiers menant au sommet du mont Seceda, en Italie. Une initiative symbolique qui déplaît aux autorités locales.
Un tourniquet au sommet : c’est la curieuse idée de quelques habitants des Dolomites italiennes pour lutter contre ce qu’ils nomment le «terrorisme touristique». Excédés par l’afflux de visiteurs – plusieurs milliers par jour en été -, les déchets qu’ils laissent à leur passage et les dommages qu’ils causent à leurs pâturages, quatre propriétaires de terrains agricoles ont investi dans un portique automatique.
Depuis fin juillet, les randonneurs doivent débourser cinq euros (par carte ou en espèces) pour pouvoir emprunter les 300 derniers mètres d’un sentier menant au Seceda, montagne de 2519 mètres d’altitude populaire sur les réseaux sociaux. Pour ne pas payer, les visiteurs peuvent toujours emprunter d’autres sentiers un peu plus longs mais ne traversant pas les terrains privés en question.
Une initiative illégale
Problème : le tourniquet a été installé sans autorisation officielle. L’initiative privée est d’autant plus illégale que la loi garantit un accès libre aux parcs naturels. L’office de tourisme local, qui a demandé aux autorités de désactiver ce tourniquet, affirme que des gardes forestiers ont été engagés pour veiller à ce que les touristes restent sur les sentiers balisés et n’empiètent pas sur des terrains privés.
Carlo Alberto Zanella, président du Club alpin du Haut-Adige, assume cette initiative : «Cela sert à attirer l’attention du public sur un véritable problème», a-t-il déclaré à CNN. Et d’ajouter : «J’augmenterais le prix de 5 à 100 euros et je fermerais les comptes des influenceurs du voyage.» Selon lui, le téléphérique qui relie la ville d’Ortisei au sommet du Seceda contribue à la surfréquentation, une partie de ses usagers choisissant de descendre à pied voire en VTT. Le projet de modernisation des remontées mécaniques destiné à tripler les capacités actuelles n’a fait que raviver les inquiétudes des habitants.
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