On est monté à bord de Renaissance, le paquebot qui signe le retour des croisières à la française


En armant cet ancien navire néerlandais, la toute nouvelle Compagnie Française de Croisières (CFC), créée pour l’occasion, entend se différencier des « géants des mers » et renouer ainsi avec les croisières d’antan plus intimes. Le Figaro a embarqué au Havre en avant-première.

Sa longue coque bleu sombre tirant sur le noir et surmontée d’une cheminée tricolore n’est pas sans rappeler l’élégance des paquebots transatlantiques du siècle dernier. Le Renaissance, tout nouveau navire battant pavillon français de la toute nouvelle Compagnie Française de Croisières (CFC) et qui accueillera ses premiers passagers ce jeudi 29 juin au départ du Havre, direction l’Écosse, casse en tout cas les codes actuels du « toujours plus gros, toujours plus démesuré », qui fait pourtant l’orgueil des « géants des mers » depuis une quinzaine d’années en Europe. Voire depuis un peu plus longtemps dans la Caraïbe et aux Amériques. Renaissance, long de 219 mètres et large de 31 mètres pour une capacité de 1100 passagers maximum et 560 membres d’équipages, assume en effet ce lointain cousinage avec l’ancien France, voire le Queen Mary II. Et entend en faire son identité pour se différencier de la concurrence. Un navire enregistré sous pavillon français, avec comme port d’attache Marseille, c’est un événement en soi dans le monde maritime et cela n’était pas arrivé depuis près de 40 ans.

L’ambition affichée des deux armateurs et cofondateur de la compagnie, Clément Mousset, comme président de CFC, et son complice Cédric Rivoire-Perrochat, au poste de directeur général, est même de « renouer avec le passé » en proposant des croisières premium à la française. « Nous souhaitons redonner des lettres de noblesse à cette activité qui, aujourd’hui, notamment à travers les géants des mers, ne correspond plus à la vision que nous nous faisons des voyages au long cours, élégants et intimistes d’autrefois », avance Clément Mousset, lors d’une pré-croisière organisée du 23 au 25 juin entre Le Havre et Zeebrugge en présence de quelques journalistes, 600 invités et partenaires VIP de CFC. « L’idée, complète Cédric Rivoire-Perrochat, est aussi de répondre à une offre que le marché n’avait plus. »

Voir aussi :  Covid-19 : L'Argentine ouverte aux voyageurs complètement vaccinés

Traduction : ici, entre ses ponts en teck parfaitement rénovés cet hiver à Brest pour plus 700.000 €, donnant l’aspect chic des paquebots d’antan, et ses cinq restaurants du soir, en plus du buffet en libre-service, une certaine « élégance à la française » est revendiquée. Un « code vestimentaire » est même recommandé avant embarquement. Pour le dîner, « une tenue élégante et décontractée » est à privilégier, tandis que le jean est fortement déconseillé pour se rendre, par exemple, au grand restaurant La table du chef sous son magnifique lustre de Murano. Avec des séjours de 11 à 15 jours en moyenne, voire de plus d’un mois, Renaissance, conçu pour faire des pointes à 21 nœuds, naviguera à 14 nœuds seulement « pour se donner le temps du voyage ». Les escales sont également prévues durer au moins 13h, contre 7h en moyenne chez les concurrents. Là encore pour « prendre son temps ».

La nouvelle vie du Renaissance

Mais attention, Renaissance n’est pas un bateau neuf. Armé une première fois en 1993, il a déjà eu plusieurs vies. Certains éléments de décors datent même des premiers armateurs néerlandais et américains, puis britanniques. Autant dire que ce mélange de goûts des premiers armements dégage un parfum parfois suranné, presque nostalgique, en certains endroits du bateau. Comme Le théâtre Belle Époque revisité avec… les canons des années 1990 ! « J’ai l’impression de retrouver l’ambiance des croisières de ma jeunesse. C’est très sympathique », s’extasie cette habituée des traversées devant les rampes en laiton du grand escalier menant à la salle de réception. Mais que l’on se rassure encore. Les parties communes, à l’image des ponts en teck, ont été restaurées avec soin et les moquettes changées. Certains éléments de cabines peuvent néanmoins apparaître un peu plus vieillots. Voire défraîchis par endroits. Les dernières devraient être progressivement restaurées à court terme. Le service, des « stewards de pont » sont rattachés à chaque cabine, est quant à lui impeccable. Mais il faudra encore que l’équipage, au complet depuis mi-avril, se rode un peu au contact des premiers passagers et apprenne à mieux travailler ensemble pour une meilleure coordination. « La gestation fut longue. Cette fois, nous y sommes. Il s’agit d’une renaissance pour le bateau, mais aussi pour les croisières à la française. D’où ce nom de Renaissance… », glisse Clément Mousset. Battant encore pavillon des Bermudes pour quelques semaines pour des raisons juridiques, Renaissance hissera enfin, avec fierté, son nouveau pavillon tricolore en septembre prochain. Mais déjà, la compagnie CFC travaille au rachat de deux nouveaux paquebots « à taille humaine » pour… 2026 et 2028.

Voir aussi :  Hong Kong : Palace Museum : un nouveau musée consacré à l'art de Chine

Bien choisir sa cabine et sa formule

Balcon d’une cabine, pont 9. Rodolphe Geisler / Le Figaro

Avec ou sans balcon privé, simple cabine ou suite, forfait boisson ou pas, la compagnie CFC offre une vingtaine de formules. Difficile de toutes les énumérer. Mais le prix moyen par jour pour un passager est de 240 € (contre 150 € pour les croisières de masse). Attention aux extras. Le business plan de CFC estime qu’un passager dépense à bord 7% du prix de son billet en plus. Bien vu, les voyageurs en solo seront les bienvenus à bord, car si les prix restent affichés sur une base double, les singles ne paieront pas de supplément (sur certaines catégories).

Les croisières

Au départ du Havre, Islande et îles Féroé : 6 escales, 14 nuits du 23 juillet au 6 août 2023. Illustration CFC

Ici, chaque destination et itinéraire est unique. La majorité des croisières sera supérieure à 12 nuits, des voyages plus longs, dérogeant au format « 8 jours/7nuits » qui oblige souvent les navires à fréquenter les mêmes ports sur des circuits identiques. Au départ du Havre, Renaissance propose plusieurs croisières en direction du Royaume-Uni, de la Norvège, voire de l’Islande pour aller admirer des aurores boréales. Au départ de Marseille, un tour de la Méditerranée (22 jours), avec notamment escale en Grèce, Jordanie, Israël, ou encore un tour de l’Afrique (96 jours) sont, par exemple, prévus dans le programme 2024-2025.

La restauration

Restaurant La Table du chef, situé sur 2 niveaux, sous un immense lustre de Murano. Rodolphe Geisler / Le Figaro

L’un des atouts de Renaissance. Avec un buffet, un grill et cinq restaurants de qualité, le moment du repas rythme la croisière. Cuisine française, carte renouvelée chaque jours, le navire dispose également d’un restaurant asiatique pour les amoureux de sushis. Naturellement, le thé sera proposé tous les après-midi à partir de 16h avec sa cohorte de petits sandwiches et de gâteaux, sans oublier le bouillon de 11h servi dans la grande tradition sur les ponts, lors de journées de mer dans les pays du nord, en passant par le retour d’un buffet de minuit exceptionnel lors des croisières de longues durées.

Voir aussi :  COMMENT FAIRE UN ROAD TRIP AU VIETNAM ? [Acheter une moto, conduire, police, corruption]

Les loisirs

Vue sur la piscine découverte du pont 10. Rodolphe Geisler / Le Figaro

Avec deux piscines, dont une sous un toit ouvrant, un spa et ses cabines de massage (compter 99 € une heure), son hammam, sa salle de sport, ses 8 bars, sa discothèque avec vue panoramique sur le pont 12, sa bibliothèque et ses espaces de lectures reposants, sa salle de spectacle, ou encore ses boutiques, sans oublier son casino et ses machines à sous, Renaissance offre tout le confort discret qu’un passager peut attendre sans jamais tomber dans l’excès et la masse.

Plus d’infos :cfc-croisieres.fr



Source link

Vous aimerez aussi...