Que faire et que visiter à Saint-Malo? Nos incontournables dans la cité corsaire


LE TEMPS D’UN WEEK-END – Hôtels légendaires, remparts hors d’âge, demeures historiques, la ville musée se régénère grâce à une nouvelle vague d’artistes et de chefs qui la font vibrer hors saison et dans tous les quartiers.

Route du rhum, festival Étonnants Voyageurs, Quai des bulles, les raisons de venir à Saint-Malo ne manquent pas. Sauf que, en dehors de ces temps forts, la cité malouine a longtemps été endormie. Mais, ça, c’était avant. Une nouvelle génération d’artistes et de chefs créatifs s’est installée, avec la ferme intention de faire vivre la cité toute l’année. Dans les pas de Stevenson, c’est le nom du carnet de voyage illustré d’Adeline Terpo et de l’exposition organisée au Pôle jeunesse (1), situé entre le quartier de la Découverte et celui de la Madeleine. Cent quarante-deux ans après l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson, cette illustratrice naturaliste, bretonne d’adoption, a parcouru les Cévennes en suivant ses pas : 225 km, 12 jours de marche avec son carnet et ses aquarelles et, pour seule compagnie, une ânesse, comme l’écrivain. Son ambition ? Inviter le spectateur à ralentir dans un monde qui accélère sans cesse et toucher du doigt la douceur de vivre cévenole. Objectif réussi.

Changement de quartier, direction Saint-Malo intra-muros pour en apprendre davantage sur l’histoire des grandes demeures malouines. Entre les pêcheurs qui partaient pour Terre-Neuve, la découverte du Québec par Jacques Cartier, natif de la ville, et le commerce des épices, l’histoire de la cité corsaire est intimement liée à la mer. Les malouinières (demeures du XVIIIe siècle) témoignent de la richesse des lignées de négociants et d’armateurs. La Demeure de corsaire (2) de François-Auguste Magon de la Lande, construite en 1725, est ouverte au public et dévoile ses coulisses en visite guidée. Salons à boiseries, antichambres aux cheminées en marbre, chambres d’apparat et caves sous le niveau de la mer : nous voici dans l’intimité de ce célèbre armateur de la ville, corsaire sous Louis XIV, puis directeur de la Compagnie des Indes orientales.

Dans les pas de Stevenson, au Pôle jeunesse, rue Salvador-Allende, jusqu’au 28 avril (gratuit). ville-saint-malo.fr
Demeure de corsaire, 5, rue d’Asfeld, ouvert tlj, à partir de 6 €.

Que visiter à Saint-Malo ?

LES REMPARTS

Le Fort National de Saint-Malo. SMBMSM

Même si Saint-Malo ne se limite pas à la vieille ville, difficile de faire l’impasse sur une visite intra-muros et ses remparts classés monuments historiques depuis 1886. La haute muraille, faite de granit, édifiée au XIIe siècle puis entièrement reconstruite après le grand incendie de 1661, est agrandie au XVIIIe par Siméon Garangeau, ingénieur-architecte, disciple de Vauban. Elle forme une boucle d’environ 2 kilomètres. On attaque la visite par la porte Saint-Thomas, située derrière la place Chateaubriand. Depuis cet accès, la vue, exceptionnelle, s’ouvre sur la grande plage du Sillon à droite, le Fort national en face et l’îlot du Grand-Bé, sur la gauche.

La première partie du chemin conduit jusqu’au Fort la Reine. Un peu plus loin, se trouve la tour Bidouane, ancienne poudrière en forme de fer à cheval, caractéristique des tours d’artillerie du XVe siècle. Sur la plateforme trône la statue d’un autre corsaire célèbre, Robert Surcouf. La tour Bidouane, souvent théâtre d’expositions, offre un panorama sur toute la baie de Saint-Malo et la meilleure vue sur les îlots du Grand-Bé et du Petit-Bé, accessibles à marée basse. En reprenant les remparts, prendre la direction du bastion de la Hollande pour contempler la plage de Bon-Secours et le fameux plongeoir de la piscine d’eau de mer dont la couleur et le niveau varient au gré des marées et de la météo.

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SAINT-SERVAN

Autre quartier, à une trentaine de minutes à pied de la vieille ville : Saint-Servan. Les amateurs de randonnée profitent (enfin !) du littoral grâce à l’aménagement d’un tronçon entre la plage des Fours-à-Chaux et le chemin des ­Cordiers. Le circuit de la Roche-aux-Mouettes réunit désormais Saint-Malo à Dinard. Il tire son nom de la propriété éponyme, qu’il contourne. D’ailleurs, du sentier, le manoir s’aperçoit. Cette balade offre un superbe panorama sur l’embouchure de la Rance, fleuve qui se jette dans la Manche. Jusqu’à présent, une partie du chemin n’était pas aménagée et obligeait les marcheurs à faire demi-tour. Depuis cet hiver, le dernier obstacle a été levé, après dix ans de bataille juridique. Ce circuit est accessible depuis la rue du Génie et le chemin des Cordiers ou depuis la plage des Fours-à-Chaux. Attention, à marée haute, il faut remonter un peu plus haut la rue des Fours-à-Chaux. Le chemin est escarpé par endroits.

Quelles activités ?

SE DÉLASSER AUX THERMES MARINS

Situé dans le quartier de Paramé, avec vue sur la grande plage du Sillon, l’édifice haussmannien a vu le jour en 1883. De nombreux aristocrates de France et de Navarre ont séjourné dans l’ancien Grand Hôtel de Paramé. Il faut dire que le développement des stations balnéaires, à la fin du XIXe siècle, a fait de Saint-Malo une destination privilégiée. Mais il faudra attendre 1963 pour que les Thermes marins ouvrent leurs portes. Formule à la journée, à la semaine, avec ou sans nuitée, restaurant gastronomique, l’établissement propose de nombreuses possibilités. Comptez 40 euros pour le parcours aquatonic avec 14 ateliers, hammam, sauna et fontaine de glaces.

100, boulevard Hébert. Tél. : 02 99 40 75 75.

APPRENDRE À FAIRE DES KOUIGN-AMANN

Tous les secrets de la cuisine bretonne, dans une ambiance chaleureuse. Vim Vallée

À deux pas des Thermes marins, Vim Vallée, chef et auteur culinaire, propose des ateliers de cuisine depuis 2017 dans sa demeure malouine. Originaire du Laos, cette Bretonne d’adoption transmet les secrets de ses deux cuisines de cœur dans une ambiance chaleureuse. Après quinze ans d’expérience comme responsable marketing dans l’édition, elle passe son CAP cuisine au lycée hôtelier Jean-Drouant, à Paris, tout en faisant ses classes dans l’équipe d’Éric ­Frechon, au Lazare. À ses côtés, on apprend les grands classiques de la cuisine bretonne : carpaccio de saint-jacques, sauce beurre blanc, kouign-amann, palet breton ou encore caramel au beurre salé, mais aussi les classiques de la cuisine laotienne : riz gluant, salade de poulet, salade de papaye verte et vietnamienne : ­bobuns, nems, etc. Elle enseigne aussi les gestes techniques, comme lever des filets, préparer un fumet de poisson, pocher des choux, confectionner des macarons… Et si on veut juste profiter d’un bon repas sans se fatiguer, Vim Vallée propose des prestations de chef à domicile.

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Cours collectif, team building, EVJF, à partir de 89 €/pers. 9, rue Louis-Aubert. Contact : chef@lateliersavoureux.com

Quelles excursions alentour ?

LE CAP FRÉHEL EN BATEAU

Le Cap Fréhel. Adobe Stock

Découvrir la Côte d’Émeraude par la mer – Saint-Éogat, Saint-Lunaire, Saint-Briac, Lancieux, Saint-Cast – et longer jusqu’au Fort la Latte, datant du XIVe siècle. La réserve ornithologique de la Fauconnière regorge de guillemots, pingouins torda, cormorans, fous de Bassan. La position avancée du cap Fréhel dans la Manche, entre la baie de Saint-Brieuc et la rade de Saint-Malo, est l’endroit idéal pour un phare. Le premier y fut construit sous Louis XIV, le second, plus moderne et plus haut, en 1836, et l’actuel date de 1946. Visite commentée.

Tarif : de 9 € à 34 €. Ouvert d’avril à novembre. compagniecorsaire.com

LA VALLÉE DE LA RANCE

La Rance prend sa source à Collinée, dans les Côtes-d’Armor, à environ 40 minutes au sud-ouest de Dinan et se jette dans la Manche entre Dinard et Saint-Malo. Une vallée classée site Natura 2000. Depuis Saint-Malo, on peut facilement remonter l’estuaire à vélo en faisant halte à Saint-Suliac, situé à 12 km. Fondé par le moine gallois Suliau en 560, Saint-Suliac est classé parmi les plus beaux villages de France. Il abrite l’une des plus vieilles églises de Bretagne et de jolies maisons de pêcheurs. Empruntez la ruette du ­Petit-Puits pour profiter des cafés sur le port de Saint-Suliac et de la vue sur la Rance. À découvrir hors saison.

Où s’attabler ?

OTONALI

Trop à l’étroit dans le centre, le plus asiatique des chefs malouins, Bertrand Larcher, a déménagé son « izakaya » (bistrot servant une cuisine populaire au Japon) sur le port. Otonali, qui signifie « à côté », est le nom de cette enseigne du groupe Breizh Café installée quai Duguay-Trouin. Ambiance industrielle à souhait : murs bruts, sol en béton ciré, lumière tamisée. Derrière le comptoir, le chef Yasu envoie d’affolantes assiettes. En entrée, on savoure le maki de homard breton légèrement relevé et son gingembre mariné, suivi d’un tonkatsu d’échine de porc (pané et frit) parfaitement équilibré entre le fondant de la viande et le croustillant de la panure, accompagné de chou rouge mariné à la citronnelle. En dessert, au choix : un «mille-crêpes » à la crème de haricots rouge azuki au yuzu et sa chantilly maison ou un sablé au sarrasin et sa ganache chocolat noir, compotée de banane au sucre noir d’Okinawa. Belle carte de vins, de saké et de thé. Un véritable voyage des sens, pour un budget minimum de 50 euros par personne.

Otonali. Ouvert sam. et dim. midi et du mer. au dim. soir. 53, quai Duguay-Trouin. Tél. : 02 23 18 76 81.

TANDEM

Dans ce petit restaurant de 25 places, Émeline Landais et Baptiste Veissier-Turpin mettent les bonnes choses à l’honneur du côté de Saint-Servan. Tandem, c’est le duo qu’ils forment. Lui, en cuisine, elle, en salle et à la sommellerie. Mais c’est aussi celui qu’ils forment avec chaque producteur. Le résultat ? Une vraie bonne cuisine bistronomique ouverte sur le monde, des vins de bonne facture et une ambiance sympathique dans un décor rustique où les chaises sont faites dans des tonneaux. Au déjeuner, ce jour-là, des dolmas de blettes (blettes roulées comme des feuilles de vigne) à la chair d’araignée servie avec un bouillon combawa, coriandre qui fait décoller les papilles ou un surprenant saumon mariné mi-cuit au miso lie de saké (partie solide qui reste après le pressage du saké), bouton d’ail des ours et sésame. Pour suivre : un cabillaud breton rôti accompagné d’une pulpe de chou-fleur à la cardamome blanche à plonger dans une sauce oignons rouges coco, gingembre. Et, en final fatal : la tarte tatin, sablé au sarrasin, caramel au rhum, surmontée d’une glace vanille maison.

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Formule en semaine au déjeuner à prix très doux (19/23 €), sinon plat autour de 27 euros le samedi et le soir.
Du mar. matin au sam. soir, sf mer. soir. 41, rue Ville-Pépin. Tél. : 02 99 56 65 10.

Où dormir ?

HÔTEL FRANCE & CHATEAUBRIAND

Quatre générations se sont succédé à la tête de ce monument classé. Kathleen Junion

Situé au pied des remparts, l’Hôtel France & Chateaubriand propose 80 chambres qui plongent le visiteur dans une autre époque. Maison familiale depuis 1906, quatre générations se sont succédé à la tête de ce monument classé. L’ambiance doucement surannée de cette demeure (verrière, fauteuils capitonnés, grande salle de réception avec lustre) plaira aux amateurs d’histoire. Les plus chanceux pourront observer le Fort national depuis leur chambre ! Le bar et le restaurant, au rez-de-chaussée, ont été joliment relookés tout en gardant les vestiges du passé. Certaines parties de l’hôtel mériteraient quelques rénovations (fenêtres et couloirs), mais le dépaysement est réussi. En sortant de l’hôtel vous pourrez apercevoir sur votre droite, la maison qui a vu naître François-René de Chateaubriand, le 4 septembre 1768. Ne manquez pas son tombeau, sur l’îlot du Grand-Bé (accessible à marée basse).

À partir de 90 euros la chambre double (basse saison), petit déjeuner buffet à 15 euros, très copieux et varié. 12, place Chateaubriand. Tél. : 02 99 56 66 52.

LE GRAND BÉ

Changement de style. Pour les amateurs de design moderne, l‘Hôtel Golden Tulip Saint-Malo – Le Grand Bé propose 55 chambres spacieuses ainsi qu’un espace bien-être, un restaurant et un bar. Surplombant la place des Frères- Lamennais, l’édifice de style brut a accueilli le palais de justice, puis la sous-préfecture et l’hôtel des impôts jusqu’en 2013. Entièrement rénové en 2017, le bâtiment a su conserver quelques éléments d’origine, comme l’actuelle bagagerie, qui hébergeait les coffres du Trésor public, ou les voûtes de l’espace bien-être datant du XVIIe siècle. L’impressionnant atrium a été repensé par l’architecte d’intérieur Philippe Lucazeau. À partir de 129 euros la nuit (basse saison).

1, place des Frères Lamennais. Tél. : 02 23 18 99 90.



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