ce restaurant de Paris vous emmène tout droit au Québec


ON A TESTÉ – Pour sa troisième saison, l’adresse parisienne embarque ses convives dans une traversée du Québec, où la table devient récit et le goût mémoire. Une immersion ciselée avec la sobriété des rites anciens.

Au cœur de Paris, Atica invite à un voyage des sens en sept temps. Avec sa saison «Grand Nord», lancée le 12 novembre, la maison signe une immersion documentée du Québec et ses quatre saisons, célébrant la richesse de la culture autochtone et la générosité de la nature nordique. Un territoire que son fondateur, Ramzi Saade, libano-canadien, connaît intimement : «J’ai vécu dans la région, je la considère comme ma seconde maison. Chaque plat porte mes souvenirs et mon expérience du Nord», raconte-t-il au Figaro.

La dégustation du cocktail signature, Le Caribou, chaleureux et épicé, prépare les sens avant que l’on ne gagne le sous-sol, enveloppés d’une pénombre qui laisse place à la magie des projections. Rien d’ostentatoire : seulement l’alliance patiente de l’image, du parfum et du goût, tissant une traversée qui semble tirer ses racines d’un temps plus large que le nôtre. Les quatre saisons canadiennes y sont reconstituées sans caricature : la salinité du Saint-Laurent, les herbes forestières, l’érable, les baies sauvages, mais aussi la cuisine de subsistance et les gestes autochtones.

L’effacement des clichés

Les icônes culinaires du Québec revisitée dans un menu créatif qui ose «les clichés» avec finesse.
S.Baron / Atica


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Comme un clin d’œil au folklore que l’on croit connaître, l’expérience s’ouvre sur une séquence consacrée aux «clichés» du Québec. Le ton n’est ni moqueur ni didactique : Atica pointe du doigt l’imaginaire que nous transportons avec nous, pour mieux l’effacer aussitôt. Ce court préambule agit comme un dispositif narratif : il prépare l’œil et l’esprit à accueillir un Québec plus vaste, plus fidèle. Une fois cette mue accomplie, le récit peut s’élever, porté non plus par des symboles figés mais par des sensations.

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L’idée d’Atica naît d’une question simple et ambitieuse : comment créer un moment à la fois intense et mémorable ? «Si vous faites juste un très bon plat, les gens oublient. On veut que les sensations créent un souvenir», confie Ramzi Saade. Son inspiration puise autant dans les souvenirs des grandes scènes antiques – «à Rome, il y avait déjà des spectacles multisensoriels avec de la musique, des danseurs, et de la nourriture» – que dans son expérience personnelle des voyages et de la gastronomie nordique.

Les gens sont moins bêtes lorsqu’ils ont voyagé

Ramzi Saade, fondateur d’Atica

Éveiller l’esprit autant que les sens. «Ces séances sont autant d’explorations pour l’esprit : les gens sont moins bêtes lorsqu’ils ont voyagé. On sort de soi pour découvrir d’autres pratiques», soutient le chef. L’expérience Atica joue sur cette idée : faire voyager les sens et l’intellect pour éveiller la réflexion. Dans le Grand Nord, cette notion se traduit par la confrontation aux réalités autochtones et aux pratiques ancestrales, qui obligent les convives à élargir leur regard. «Les gens pensent connaître la gastronomie nordique ou les traditions autochtones mais comprennent qu’il y a toujours plus à découvrir».

Dans l’ancienne salle de cinéma du 5e arrondissement, le dispositif technique – projection en 16K – transforme le lieu en véritable fenêtre sur le monde. Les images, pensées comme des séquences contemplatives, donnent à voir les rivages du Saint-Laurent. Mais la technique seule ne suffit pas. La gastronomie guide les sens, goût et parfum mêlés aux images pour créer des souvenirs durables. Ramzi parle de ces moments comme de micro-voyages : «Chaque geste, chaque assiette, chaque image raconte une histoire. Quand les convives partent, ils ne se souviennent pas juste du goût, ils se rappellent la lumière, le parfum, les sonorités».


Atica. 8, rue Frédéric-Sauton, Paris 5e(01 56 81 94 41). Menu dégustation : 135 €.

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