Se rendre en Corse en ferry va bientôt devenir (beaucoup) plus confortable


L’une des cabines spacieuses des futurs navires de La Méridionale, prévus pour relier le continent à l’île de Beauté dès 2027. Studio Jean-Philippe Nuel/perspectiviste Axe 3D Studio

Cabines avec balcon, pollution réduite… La compagnie La Méridionale vient de passer commande de deux navires aux lignes futuristes et aux intérieurs dignes des croisières au long cours.

Aller en Corse en ferry, c’est souvent tout sauf une sinécure. Afin de rendre ces longues heures de traversée plus agréables, la compagnie marseillaise La Méridionale, qui opère la liaison entre la cité phocéenne, Ajaccio et Porto-Vecchio, a investi auprès d’un chantier chinois dans deux nouveaux navires particulièrement innovants. Ils seront conçus en collaboration avec deux grands noms de l’architecture : l’architecte d’intérieur Jean-Philippe Nuel, expert de l’hôtellerie de luxe qui a imaginé pour Ponant les intérieurs du Commandant Charcot , et le cabinet d’architecture navale nantais Stirling Design, qui planche actuellement sur le futur (et futuriste) Orient Express Silenseas .

Ces deux ferries de 180 mètres de long pour 31 de large pourront transporter jusqu’à mille passagers. Les 264 cabines pourront loger jusqu’à quatre personnes et seront réparties en sept catégories. Grande nouveauté, 21 cabines labellisées «Luxe» disposeront même d’un balcon comme il en existe sur les croisières au long cours. De quoi passer une nuit – rappelons que la traversée entre Marseille et Ajaccio dure en moyenne une douzaine d’heures – des plus confortables à bord.

Vers un ferry vert

Le futur «bar lounge» des navires de La Méridionale. Studio Jean-Philippe Nuel/perspectiviste Axe 3D Studio

Mais si ces deux bateaux sont révolutionnaires, c’est aussi sur le plan environnemental, notamment grâce à une propulsion au gaz naturel liquéfié (GNL). Ce carburant, le plus propre qui existe à ce jour pour le transport maritime, permet d’éliminer 99% des émissions de soufre et de particules fines et 80% des émissions d’oxyde d’azote. Les émissions de CO² seront, elles, réduites de 50%, grâce à «d’autres choix technologiques tels que des hélices à 5 pales au dessin optimisé, l’optimisation énergétique des cabines, la récupération et le stockage d’énergie sous forme d’eau chaude, ou encore l’optimisation de la carène aux vitesses adéquates». Leur conception permettra aussi d’embarquer, à terme, des carburants alternatifs encore plus «verts» que le GNL, comme le biogaz et le méthane synthétique.

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Enfin, comme les quatre autres embarcations de la compagnie, ces deux navires seront capables de se brancher à quai lors des escales. Cette technologie est cruciale car elle permet d’éviter ces fumées noires qui ont si mauvaise presse auprès des riverains. Sauf que, et c’est là que le bât blesse, le port de Marseille n’en est, lui, pas encore équipé… Dommage pour une ville où la pollution occasionnée par les ferries et les croisières fait couler tant d’encre ! Le port devra toutefois vite se mettre au pas : cela sera obligatoire en Europe à compter de 2030. En attendant, les navires embarqueront aussi une pile leur permettant de faire tourner leurs infrastructures hôtelières sans polluer lors des arrêts.

Ce n’est en tout cas pas la première fois que La Méridionale se distingue par ses efforts en matière environnementale. En 2022, la compagnie mettait déjà à l’eau son premier ferry «zéro particules» grâce à une technologie de filtrage perfectionnée, le Piana.

Un nouvel élan pour la destination Corse ?

Ces deux ferries de 180 mètres de long pour 31 de large pourront transporter jusqu’à mille passagers. Stirling Design International

Pour monter à bord de l’un de ces deux bijoux, il faudra encore être patient. Ils devraient être mis à l’eau «au premier trimestre» de l’année 2027. De quoi redonner envie aux voyageurs d’aller en Corse ? Cet été, l’île de Beauté n’a pu que constater une forme de désamour à son endroit, avec des chiffres de réservation en berne, à peine contrebalancés par une arrière-saison tout juste correcte. Environ 7 millions de personnes ont pris l’avion ou le bateau pour venir en Corse d’avril à fin octobre. La faute, notamment, à l’augmentation des tarifs sur place et pour se rendre en Corse, dont ceux du ferry…

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