4 bonnes raisons de vous laisser tenter (et surprendre)


Un refuge n’est pas un hôtel et, des dortoirs aux douches payantes, une nuit dans l’un des 350 abris gardés de nos massifs serait une expérience rustique aux yeux des non-initiés. Si les conditions en très haute montagne rendent l’expérience ardue, les refuges de moyenne altitude sont, eux, accessibles à public plus large. Le séjour est sobre mais confortable. Et le décor unique.

La saison d’été est lancée pour les 350 refuges de montagne avec gardien, qui devraient cette année encore voir défiler les passionnés habituels mais aussi de nouveaux pratiquants. La Fédération française des clubs alpins et de Montagne (FFCAM) est le principal acteur de ce type d’établissement avec la gestion de 120 unités sur l’ensemble des massifs de l’Hexagone.

La fédération aux 100 000 licenciés a entrepris en 2017 un vaste plan de rénovation de ses bâtiments, prévoyant la réhabilitation de 26 refuges d’ici 2026. Niels Martin, directeur de la communication, explique qu’ : « à l’objectif principal de transmettre dans les meilleures conditions ce patrimoine montagnard aux générations futures, s’ajoute aussi celui de répondre aux attentes actuelles d’un public devenu plus large ».

Le tout en conservant un niveau de prix (une nuitée adulte peut généralement tourner autour de 20 €, hors petit-déjeuner, repas… et des tarifs groupes font encore baisser la note) que l’on peut considérer comme accessible : l’entretien et la logistique sont onéreux en altitude, et toutes les charges ne sont pas répercutées dans les tarifs.

Le refuge du Fond d’Aussois (Vanoise), ici en fin de journée. Perché à 2350 m, il propose 52 couchages en période de gardiennage. THIBAUT BLAIS

La nuit en refuge offre une parenthèse de simplicité et garantit, quelle que soit la météo, d’être bien au chaud et bien nourri le soir venu. Mais au-delà de l’abri, l’escale perchée permet un retour à l’essentiel, agréable voire vital de nos jours. On se débarrasse du superficiel et, après l’effort d’une randonnée, le coucher de soleil est encore plus beau et le repas partagé avec des inconnus semble naturel.

Certes, la nuit en dortoir, l’absence de douche et autres toilettes sèches peuvent rebuter certains. Sachez aussi que, là-haut, de nombreuses prestations auxquelles on est habitués sont inaccessibles en raison de la situation des refuges : en l’absence de réseau, n’espérez pas régler vos prestations par carte bancaire ! Pensez donc à emporter des espèces. De même, l’énergie étant précieuse, vous ne pourrez peut-être pas recharger votre smartphone ou votre appareil photo.

Ceux qui hésitent n’ont qu’à se dire qu’ils apprécieront davantage le confort de leur foyer au retour. La nuit en refuge offre sensibilisation à la rareté de l’énergie, à la fragilité de la nature et aux manières de vivre pleinement avec un impact minimal. Voici donc nos 4 bonnes raisons pour tenter l’expérience.

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Parce que le confort est (de plus en plus) au rendez-vous

Repos devant le refuge des Souffles, à 1975 m, dans le Valgaudemar (Hautes-Alpes). Photo presse / FFCAM

Un exemple parmi d’autres : dans le massif des Aravis, au-dessus du village du Grand-Bornand en Haute-Savoie, le refuge de Gramusset – La Pointe Percée (2164 m), qui offre un panorama somptueux sur le Mont-Blanc a par exemple été totalement reconstruit en 2022. En plus des normes de sécurité spécifiques mises à jour (portes coupe-feu, détecteurs de fumée…), le bâtiment offre une isolation optimale avec une attention particulière sur la gestion de l’énergie et de l’eau. La capacité d’accueil n’a pas évolué, à 34 personnes, mais les dortoirs sont scindés en plusieurs pièces plus petites de 8 à 10 lits superposés. Tarif de la nuitée : 26 € maximum pour un adulte en individuel, et c’est gratuit pour les enfants de moins de 8 ans.

Loin des couvertures qui grattent, les couchettes sont équipées de couettes moelleuses et d’oreillers (il est tout de même demandé aux randonneurs d’apporter leur propre drap de soie). La vaste salle commune, avec espace repas et chaleureux petit coin bibliothèque/jeux de société est baignée de lumière grâce à de belles baies vitrées donnant sur le paysage. Niels Martin rappelle tout de même qu’il y aura toujours des dortoirs et des repas communs et que le refuge n’est pas tout à fait un hôtel : « nous restons dans l’objectif de faire vivre une expérience de sobriété et de vivre ensemble, c’est aussi cela le rôle social du refuge ! ».

Parce qu’on y mange bien

Repas au refuge de la Dent Parrachée, dans le parc national de la Vanoise (Savoie). Thibaut Blais FFCAM

Autre uppercut sur les idées reçues de la vie « là-haut » : les repas sont particulièrement équilibrés, sains et … souvent délicieux ! Les gardiens aux fourneaux ont à cœur de faire découvrir aussi leur amour de la montagne aussi par l’assiette. Les plats sont donc élaborés essentiellement à base de produits locaux, de saisons et, la plupart du temps, bio !

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Les papilles de ceux qui ont goûté au velouté de pois cassé du refuge d’Avérole, à la tartiflette au cumin de Gramusset, à la tarte à la rhubarbe du refuge du fond d’Aussois ou encore aux sorbets au serpolet du refuge de l’étang d’Araing en Ariège s’en souviennent longtemps. De mémoire de parents, il n’y a également jamais eu autant de soupes de légumes englouties par les enfants.

Également sportifs et montagnards, les gardiens connaissent les besoins nutritionnels nécessaires aux randonneurs plus engagés ou aux alpinistes : que ceux-ci soient rassurés, les assiettes sont bien remplies. Enfin, en bons épicuriens, ils savent aussi que rien ne vaut une bonne bière après une belle randonnée. Vous trouverez souvent de celles-ci, bien fraîches, à décapsuler face à un panorama grandiose.

Parce que c‘est un lieu qui accueille tous les publics

Le refuge de Vallonpierre (Valgaudemar) dans les Hautes-Alpes, Alix / choucashoot – stock.adobe.com

Cela a toujours été le cas, et c’est d’ailleurs l’essence même du refuge, qui porte un rôle officiel d’intérêt général en tant qu’abri. Mais les non-connaisseurs de randonnées ou d’alpinisme se sentaient naturellement peu concernés par ce type d’hébergement. L’attrait grandissant pour la montagne et les grands espaces en été ont aussi poussé les refuges à adapter leur accueil aux néophytes.

Les gardiennes et gardiens de refuge conseillent volontiers les randonneurs sur les merveilles à découvrir alentour. Ivan Olivier

Ainsi, les gardiennes et gardiens de refuge ont conscience d’être de réelles portes d’entrée sur l’environnement montagnard . Grâce à leur formation et leur pédagogie, ces professionnels savent conseillent sur la gestion des horaires, le choix des itinéraires, la météo et les précautions à prendre.

Ils sont aussi les mieux placés pour débusquer les marmottes ou savoir où diriger ses jumelles pour apercevoir des bouquetins et expliquer le mode de vie de la faune locale. Certains sont de fabuleux conteurs, d’autres sont spécialisés dans l’astronomie ou la cueillette de plantes comestibles… Mais tous, échangent avec passion, y compris pour expliquer le fonctionnement d’un refuge, avec ses règles de vie et d’horaires à respecter.

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Il n’y a pas de réseau… et c’est une bonne nouvelle

Montée en famille au refuge. Ivan Olivier Photographies FFCAM

C’est un peu triste d’être surpris par le fait de voir les gens se parler… mais c’est pourtant ce qui ressort de nombreux témoignages ! Là-haut, le réseau téléphonique est la plupart du temps inexistant et le wifi encore moins fréquent : donc sans smartphone, les randonneurs s’ouvrent davantage à la discussion, entre eux : familles et amis, mais aussi envers les gardiens et les autres hôtes !

Ce phénomène est renforcé par les repas pris en commun sur de grandes tables partagées. La proximité et le fait d’être dans un environnement dépaysant aide à l’échange. Anoura Barré, gardien du refuge de l’étang d’Araing dans l’Ariège, situe d’ailleurs cet élément au centre de son métier passion : « l’échange vrai, les rencontres, il y a ressenti diffèrent entre le refuge et la vallée, un décalage qui est aussi social car ici tout le monde se tutoie, le grand patron s’assoit à a même table que l’ouvrier, des gens de milieux très différents se rencontrent, et tout le monde est au même niveau. »


Vidéo – Dans les pas d’un baliseur de sentiers de randonnée



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