Rochers roses, réserve ornithologique des Sept-Îles… Perros-Guirec, une ville solide comme du granit


La cité des Côtes-d’Armor, en Bretagne, accueille le grand départ de la Solitaire du Figaro Paprec, le 17 mai. L’occasion de découvrir cette cité au fort caractère.

« C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap ! » La fameuse tirade du nez de Cyrano de Bergerac  sied bien à Perros-Guirec, la bretonne des Côtes-d’Armor. De roc, la ville de 7 500 habitants n’en manque pas avec sa célèbre côte de granit rose. Un pic, elle en est un puisque « Penn-Ar-Roz », son nom en breton, signifie « sommet de la colline ». Quant au cap, c’est la pointe de la côte nord bretonne la plus avancée en mer. Celui d’où les skippers de la 57Solitaire du Figaro Paprec s’élancent ce dimanche 17 mai. D’ici là, il est possible de les rencontrer et de voir les bateaux au village de course qui a ouvert le 13 mai.

Mais la ville a choisi un slogan plus efficace. Depuis 2016, elle voit « La vie en Roz » ! « C’est facile à retenir au niveau international. Tout le monde connaît la chanson d’Édith Piaf ! », clame Didier Alno, directeur de l’office de tourisme. Selon lui, le grand public connaît Perros-Guirec de nom, mais pas forcément le site. Il se réjouit cependant qu’elle soit « dans le top cinq des villes bretonnes ». Elle serait dans le top dix qu’elle n’en serait pas ébranlée, tant cette station balnéaire, qui a su préserver son capital naturel, fait preuve de stabilité.


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La Solitaire du Figaro Paprec part de Perros-Guirec dès 1972, deux ans après sa création, et après l’ouverture du bassin à flot. « C’était une belle opportunité pour le faire connaître, raconte le maire divers droite Erven Léon, qui vient d’entamer son troisième mandat. Depuis, la course est venue seize fois et a servi de point de départ treize fois. Cette année sera le 14e. » Pour l’édile, organiser cet événement, c’est « l’occasion de donner un impact. En 2011, 100 000 personnes avaient arpenté le village de la course. Nous en espérons autant cette année. »

À Perros-Guirec, 40 % des emplois sont liés au tourisme. La ville, qui s’étire sur 12 km entre le port de plaisance et Ploumanac’h, dispose d’un autre atout que sa côte de granit rose : la réserve ornithologique des Sept-Îles. Sur ce bassin géologique de 8 km de circonférence, le granit a servi à la construction de superbes villas. « La ville n’est pas classée comme Dinard, mais il y a des ensembles architecturaux très intéressants, dit Didier Alno. Au départ, ce sont des artistes comme Ernest Renan ou Maurice Denis  qui ont donné l’envie. Puis des capitaines d’industrie, qui finançaient leurs œuvres, s’y sont installés. »

La ville n’est pas classée comme Dinard, mais il y a des ensembles architecturaux très intéressants

Didier Alno, directeur de l’office de tourisme de Perros-Guirec

Entre la plage de Trestignel (la plage du bas en breton) et celle de Trestraou (la plage du haut), un parcours « Villas balnéaires » serpente au milieu de belles demeures, dont celle du peintre nabi, toujours propriété de sa famille. Mais les Perrosiens et les artistes se sont souciés très tôt de la préservation de leur côte. « La première association loi 1901 a été créée pour protéger les rochers de Ploumanac’h. C’est un peu les prémices du conservatoire du littoral », explique Didier Alno.

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Dans un souci de cohérence, une action similaire vise à épargner les macareux qui nichent sur les îles en face. « Au début du XXsiècle, les chemins de fer faisaient la promotion de la région, notamment pour la chasse aux macareux. En 1912, les artistes et les habitants font pression auprès du Museum de Paris  pour créer une réserve ornithologique afin de les protéger. La LPO (Ligue de protection des oiseaux, NDLR) est née un peu plus tard et elle a adopté le volatile comme emblème », raconte le directeur de l’office de tourisme. Classée en 1976, la réserve fête ce cinquantenaire après avoir été agrandie en 2023, passant de 280 à 19 700 hectars. Ce qui en fait la deuxième plus grande en France métropolitaine après celle de Bonifacio.

L’île de Rouzic abrite la seule colonie de fous de Bassan présente en France métropolitaine.
Chimair

Si le macareux est un peu devenu l’emblème de Perros-Guirec et une attraction pour les visiteurs, le fou de Bassan reste la star des Sept-Îles. « C’est l’unique colonie française sur les cinquante-trois dans le monde. Ils sont environ 15 000, déclare Romain Morinière, responsable de la station LPO. Tous sont basés sur l’île Rouzic, dont la pointe blanchie par leurs déjections laisse une impression de neige éternelle visible depuis la terre par temps clair. Pour les observer, il faut réserver une place sur l’un des bateaux d’Armor Navigation. Aucun débarquement n’est autorisé, mais les capitaines aguerris savent s’approcher pour que chacun apprécie leur 1,80 m d’envergure, leur plumage blanc et leur tête jaune. Des géants des mers capables de voler des centaines de kilomètres pour chercher leur pitance et qui reviennent occuper le même nid chaque année.


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Dans l’eau, les phoques gris font le spectacle. « Nous sommes la première nurserie de France, avec un pic de naissances durant l’automne et l’hiver », explique Romain Morinière, dont la mission consiste aussi à gérer le centre de soins pour la faune sauvage en détresse. Il n’est pas rare non plus d’apercevoir des dauphins et même des requins-taupes, une espèce inoffensive. Avec jusqu’à quatorze rotations quotidiennes en juillet et août, Armor Navigation transporte en moyenne 135 000 passagers par an qui reviennent des Sept-Îles en longeant la côte de granit rose. Mais il arrive que la météo oblige la compagnie à rester à quai. Heureusement, ce que l’on voit en bateau est aussi visible à l’œil nu depuis la terre. Attention au choc la première fois : marcher au milieu de l’amas de rochers par le sentier des Douaniers, c’est l’assurance d’entrer dans un décor inédit et presque irréel.

Le port de plaisance de Perros-Guirec avec son bassin à flots construit en 1970.
Chimair

Sur les 9 km qui séparent Perros-Guirec de Ploumanac’h, la côte n’est que chaos avec des formations rocheuses gigantesques vieilles de 300 millions d’années, certaines dépassant les 20 mètres de haut. Des formes se dessinent ou s’imaginent : la sorcière, le chapeau de Napoléon, la tortue, la bouteille renversée. Tous ont servi de repères pour les marins et le rose change de teinte en fonction de la lumière, les rayons du soleil couchant apportant une douceur magique. En particulier sur le phare de Maen Ruz (« pierre rouge »), que Didier Alno n’hésite pas à qualifier de « tour Eiffel locale » ! Sans nul doute un clin d’œil à la première maison sur le sentier des Douaniers au départ de Ploumanac’h. La belle bâtisse avait en effet été construite par Gustave Eiffel pour son fils. Quand elle a été vendue, il y a quelques années, après être restée dans la famille, « il y avait encore du mobilier qui datait de Gustave Eiffel », signale Leon Erven, qui s’enorgueillit que « 900 000 personnes empruntent le sentier chaque année. C’est 900 000 occasions de sensibiliser au respect de la biodiversité. » Et de communiquer sur ce bassin géologique unique au monde : seules la Corse et la Chine possèdent ce type de granit rose.

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Le mois celtique, de la Saint-Guirec à la Saint-Patrick

Mais Ploumanac’h est unique. En devenant « Village préféré des Français » en 2015, beaucoup de visiteurs pensent que c’est une entité distincte de Perros-Guirec. « L’endroit s’appelait Poulmanac’h, “le marais du moine”. Mais au XVIIe ou au XVIIIe siècle, des cartographes ont cru qu’il y avait une erreur puisque dans la région beaucoup de villages commencent par “plou”, qui signifie “paroisse”, explique encore Didier Alno. Ploumanac’h s’est imposé et les visiteurs pensent que c’est une commune à part, alors que c’est un quartier de Perros-Guirec. » Quant à Guirec, le saint gallois qui a donné son nom à la plage de Ploumanac’h, il a pris une autre dimension en 2025. « La Saint-Guirec n’était pas fêtée. Comme c’est le 17 février, soit pile un mois avant la Saint-Patrick, le 17 mars, nous avons lancé Le Mois celtique, qui va de la Saint-Guirec à la Saint-Patrick », raconte fièrement Erven Léon.

Deux symboles qui exercent un fort pouvoir d’attraction et éclipsent un peu La Clarté, sa chapelle du XIVe entièrement en granit, et la tombe de Thierry Le Luron au cimetière. Cet autre quartier regroupait autrefois les ouvriers et les artisans d’art pour être au plus près des carrières de granit, toujours en activité, mais seulement pour l’extraction, et visitables. Des profondeurs de la terre à la mer, tout semble effectivement rose dans ce petit paradis. « Notre point noir, c’est l’accessibilité », confie le maire. La localité n’est en effet pas desservie par le train. « L’objectif de cette année est de créer des liaisons en car entre les gares TGV de Lannion et de Guingamp. » Une solution qui a tout son sens dans le contexte actuel.


Carnet de route

Y aller
Depuis Paris, comptez trois heures trente à quatre heures pour relier Montparnasse à Lannion en TGV. Puis dix minutes en voiture.


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Séjourner
Les Bassans. Sur son promontoire, l’ancien Manoir du Sphinx a été racheté il y a deux ans par Fontenille. Ce 4-étoiles dispose de 25 chambres toutes tournées vers le large. Sa décoration sobre incite à regarder la mer et à observer les Sept-Îles avec la longue-vue disponible. Un spa et un restaurant bistronomique complètent l’offre. À partir de 160 € la nuit. Tél. : 02 96 23 25 42 ; les-bassans.com

Agapa. Ce 5-étoiles a deux fils conducteurs : l’Art déco et le noir et blanc. Dans cette architecture de verre et d’acier, 45 chambres spacieuses et design allient confort et sérénité. Son restaurant Le Bélouga, ouvert aux hôtes extérieurs à l’hôtel, mêle cuisine classique avec des saveurs d’ailleurs. Le spa Codage dispose d’un bassin avec vue sur la mer. À partir de 150 €. Tél. : 02 96 49 01 10.

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Chambre d’hôtes Ker Peoc’h. Cette ancienne maison d’armateur offre deux chambres chaleureuses et un gîte de 60 m2. Une « maison de la paix » où, depuis le vaste salon et le jardin verdoyant, vous poserez votre regard sur les vagues avant d’arpenter le GR34. À partir de 95 €. Tél. : 06 73 68 99 54. ; kerpeoch.com

Bonnes tables
L’Haliotis. Carte locale dans l’assiette et la décoration pour le restaurant de la thalasso Roz Marine. D’anciennes portes de buffets bretons côtoient du mobilier contemporain. Les langoustines rôties sont fondantes à souhait. Menus à 35 € et 42 €. À la carte, comptez 75 €. Tél. : 02 57 63 02 22.

Le Coste Mor. Sur la plage de Saint-Guirec, on déguste plateaux de fruits de mer, turbot, sole, cochon ou suprême de pintade. Belle carte des desserts. Service sans effusion mais efficace. Menus à 36 € et 48 €. À la carte, comptez 75 €. Tél. : 02 96 91 65 55.

L’Ardoise. Face au port de plaisance, la carte contemporaine voit large : pizza, burger, tapas, salade, viande, poisson et un menu dédié à la coquille Saint-Jacques. Celui à 17,90 € s’avère un bon compromis. À la carte, comptez 55 €. Service aussi rapide qu’un ace à Roland-Garros. Tél. : 02 96 23 22 88.

À faire
Les Sept-Îles. Excursions avec Armor Navigation pour observer fous de Bassan, phoques gris, macareux moines, etc. Tous les jours, d’avril à septembre, si le temps le permet. À partir de 22 €. Tél. : 02 96 91 10 00.

Spa Roz Marine. L’établissement se distingue avec son parcours celtique qui vous fait passer par trois saunas, à 40 °C, 60 °C et 80 °C, puis par le hammam et enfin dans trois bains, à 39 °C, 26 °C et 17 °C. Des douches sensorielles – pluie tropicale, chutes du Niagara, brume froide – agrémentent l’ensemble. Situés au premier étage, deux bassins d’eau de mer – dont un avec différents jets – font face à la mer. Détente assurée. Journée de soins à partir de 119 €. Tél. : 02 57 63 00 44.

Se renseigner
Office de tourisme. Tél. : 02 96 23 21 15.


Village de course : demandez le programme

Du 13 au 17 mai, de nombreuses animations sont organisées au port de plaisance de Perros-Guirec avant le départ de la course.

Séance de dédicaces avec les skippers, concert, visite de bateaux… Les festivités au port de plaisance de Perros-Guirec, rue Guy-Ignolin, dureront cinq jours, du 13 au 17 mai, jour du départ en direction du sud de l’Angleterre avant de filer vers Vigo, en Espagne. Le programme est copieux. Côté musique, le groupe La Tchoutchouka mettra de la couleur dès le 13 mai, avec ses musiques d’Amérique latine et ses chemises colorées.

Le 14 mai, place au Cercle celtique Ar Skewell pour vivre les traditions bretonnes. Côté patrimoine, la marine nationale sera célébrée à travers un film qui plongera les spectateurs dans quatre cents ans d’histoire maritime. Pour ceux qui ont le pied marin, une visite du Figaro Bénéteau 3, le voilier de course utilisé sur le circuit, a lieu les 14, 15 et 16 mai. Et il ne faudra pas manquer le Cycloblaster, un concept innovant et itinérant mêlant musique et bonne humeur au sein du village.

lasolitaire.com



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