Patagonie chilienne : la beauté du diable
GRAND REPORTAGE – Peu de noms, peu de géographies enflamment autant l’imaginaire. C’est peu dire qu’explorer cette nature à l’impérieuse beauté bouleverse. Récit de voyage, côté chilien, de Punta Arenas au Parc national Patagonia, en passant par Torres del Paine.
S’il y a un vol dans la vie pour lequel se battre pour un hublot vaut la peine, c’est bien celui qui relie Santiago du Chili à Punta Arenas. Pendant trois heures trente, son plan de navigation longe la cordillère des Andes sur son versant ouest, égrenant un chapelet de perles patagonnes. Se battre encore pour un siège à la gauche de l’appareil. Patienter une bonne heure après le décollage, et le spectacle commence. Là, ce parfait Fuji chilien, ce ne peut qu’être le volcan Osorno, et ces deux miroirs qui le cernent, Llanquihue et Todos los Santos, deux des géants de la région des Lacs.
Plus loin, s’ouvre le golfe de Corcovado, qui baigne l’est de l’île de Chiloé et nous indique que l’on vient de passer Puerto Montt, seuil de la Patagonie chilienne et kilomètre zéro de son épine dorsale : l’intrépide Ruta 7 ou Carretera Austral. Initiés en 1976, sous le régime du général Augusto Pinochet, les travaux de cette œuvre titanesque destinée à désenclaver certains des territoires les plus isolés…