à Biarritz, l’été sous tension de l’une des plus belles plages de France


La fréquentation croissante de la Côte des Basques s’accompagne d’une montée des risques. Incivilités, tensions entre surfeurs et baigneurs… Les sauveteurs sont sur tous les fronts. 

Cette soirée du 8 juillet dernier s’annonçait pourtant idyllique à Biarritz. Armés de leur smartphone, les touristes immortalisent le coucher de soleil sur la Côte des Basques, avant le drame. Peu après 21h30, un surfeur est retrouvé en arrêt cardio-respiratoire, à proximité de sa planche, devant la Villa Belza. Malgré l’intervention rapide des secours, il n’a pu être ranimé. La victime, un sauveteur en mer, profitait de son temps libre pour évoluer en foil, cette planche dotée d’une aile sous-marine qui la fait glisser au-dessus de l’eau. Une enquête est en cours pour déterminer les causes exactes du décès. Selon plusieurs témoins, les courants étaient particulièrement forts ce soir-là.

Réputée pour sa beauté, la Côte des Basques attire chaque année des milliers de visiteurs. Une renommée qui s’accompagne d’une recrudescence de fréquentation. Et des aléas qui en découlent. Pourtant, la mairie de Biarritz ne ménage pas ses efforts : 58 sauveteurs sont mobilisés pour la surveillance des plages, ainsi que 4 CRS et 2 pilotes de jet-ski pour l’ensemble des six plages de la cité impériale. Ce qui représente un budget de 700 000 € par an. Mais la configuration même de la Côte des Basques complexifie la tâche. Avec ses 800 mètres de linéaire au pied des falaises, la plage offre de multiples accès à l’eau.

Nouveau mirador

À Biarritz, 58 sauveteurs sont mobilisés pour la surveillance des plages, ainsi que 4 CRS et 2 pilotes de jet-ski
Mairie de Biarritz


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«Les gens ont tendance à se baigner partout, surtout avec le nouvel ensablement au sud qui a créé une nouvelle plage très prisée. Pour cette raison, nous installons un nouveau mirador afin de surveiller cette partie», indique Jean-Philippe Oustalet, chef du service des brigades littorales et environnement.

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Le manque de civisme, devenu un phénomène général, touche aussi les plages. Les sauveteurs passent un temps considérable à faire de la prévention et à rappeler à l’ordre des baigneurs qui s’éloignent des zones surveillées et des surfeurs qui ne respectent pas leur zone de jeu. En haute saison, entre 6 000 et 7 000 personnes, surfeurs et baigneurs confondus, fréquentent chaque jour la plage, l’une des plus belles de la côte basque.

« Les gens sont de moins en moins respectueux et n’en font qu’à leur tête sans se préoccuper du danger. N’étant pas CRS, nous n’avons pas le droit de verbaliser, ce qui diminue notre autorité. Nous devons faire appel à la police municipale qui n’est pas toujours disponible dans l’immédiat », confie un sauveteur, sous couvert d’anonymat.

Surfeurs débutants

Les brigades littorales sont constituées de professionnels en poste d’avril à novembre épaulés de renforts pour la période estivale. En première ligne lors des interventions, ils ont sauvé, l’an dernier, deux personnes en arrêt cardiaque, en attendant l’arrivée du SAMU. Autre point de crispation : les écoles de surf. De plus en plus nombreuses, 20 au total, dont la moitié rien que sur la Côte des Basques, elles sont accusées de réduire drastiquement l’espace réservé à la baignade.

Pourtant, la surface de la zone surveillée est ajustée en fonction du nombre de pratiquants. « En augmentant le nombre d’écoles, nous n’avons pas augmenté le nombre d’élèves présents en même temps dans l’eau. Cela reste autour de cent », précise Géraldine Verget, conseillère municipale en charge du surf, des sports de glisse, de la sécurité et du plan d’eau.

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Surf sans leash

À cela s’ajoutent des surfeurs débutants, qui louent des planches pour une dizaine d’euros de l’heure sans aucun encadrement ni formation aux règles de sécurité ou de priorité. Et une nouvelle tendance inquiète particulièrement les habitués : le surf sans leash (le lien attaché à la cheville qui évite que sa planche ne parte à la dérive en cas de chute).

« Ce mouvement vient de l’origine du surf, où l’on pratiquait sans leash. Celui-ci est apparu dans les années 70 et est ensuite devenu obligatoire avec l’augmentation du nombre de surfeurs », rappelle Sylvain Cazenave, le pionnier de la photo de surf en France. Mais cette mode revient en force. Résultat : des planches volent dans le bain surveillé, mettant en danger les nageurs. « Même le bain devient un cauchemar avec tous ces surfeurs sans leash qui s’approchent trop des baigneurs. L’autre jour, trois planches ont fini dans la zone de baignade », témoigne un couple d’habitués de la Côte des Basques, excédé.



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