à l’Île Maurice, le désastre Belal n’a pas fait éclater la bulle du tourisme


Le cyclone a violemment frappé l’île, moins préparée que la Réunion. Le secteur touristique, crucial pour l’économie, semble se relever plus vite, même s’il n’a pas été épargné.

Pour cette Française installée à l’Île Maurice depuis des années et qui vit du tourisme, le constat est à la fois sévère et d’une «tristesse infinie» : «le passage du cyclone Belal a été mal anticipé par les autorités et les premières victimes sont les Mauriciens eux-mêmes», tranche-t-elle. «Les grands acteurs du tourisme avaient mieux anticipé la gravité de la situation, et ce poumon économique souffrira peu.»

Hôteliers, loueurs, guides… Tous les professionnels contactés par Le Figaro ce mardi tiennent à rassurer sur la situation, alors que les autorités déplorent un décès à cette heure -un motocycliste victime d’un accident de la route. Un bilan qui devrait s’alourdir tant les pluies diluviennes ont durement frappé certaines zones de l’île, la capitale Port-Louis en tête. L’alerte rouge a été levée en début d’après-midi, heure locale. Le confinement décrété à la hâte un jour plus tôt est terminé, même si la prudence reste de rigueur avec une mer déchaînée et des vagues de 5 à 7 mètres.

Si la colère éclate parmi la population, le secteur du tourisme, lui, joue la résilience, même si certaines infrastructures ont subi de lourds dégâts. Il faut dire que l’activité pèse à elle seule un quart du PIB mauricien et que la haute saison touristique bat son plein en cet été austral. Ironie du sort, les autorités avaient annoncé il y a quelques jours à peine d’ambitieux objectifs. L’éden de l’océan indien veut accueillir 1,4 million de visiteurs cette année, soit autant que sa population, après avoir franchi la barre du million de voyageurs en 2023. Prochaine étape attendue désormais, la reprise du trafic aérien. «Elle sera annoncée rapidement même si les routes vers l’aéroport restent jonchées d’arbres», pronostique, fataliste, notre Française. Le message publié sur X (ex-Twitter) à midi par Mauritius Tourism se veut rassurant sur ce point, entre autres.

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«Je ne pense pas que cela aura des conséquences sur la fréquentation ces prochaines semaines»

«Nous avons terminé de nettoyer et à l’heure où vous m’appelez, le ciel est bleu et la mer reste agitée», expose Isabelle Bouvier, directrice générale du Royal Palm Luxury de Grand Baie, qui appartient au groupe Beachcomber (huit établissements sur l’île). « Nous sommes en saison cyclonique et même si cela faisait quelques années que nous n’avions pas subi un événement d’une telle intensité, nous avons eu le temps de nous préparer depuis 72 heures.»

Mobilier extérieur mis à l’abri, branches coupées, noix de coco retirées des arbres, générateurs et circuits de drainage vérifiés puis activés… Les process sont rodés. «Il est toujours difficile de prévoir les conséquences d’un cyclone, alors on préfère anticiper et faire en sorte que tout le monde soit protégé, employés et clients. Je ne pense pas que cela aura des conséquences sur la fréquentation de ces prochaines semaines.»

À Tamarin, photo prise ce mardi midi.
Mathieu Appassamy

Mathieu Appassamy nous a transmis ce midi une photo prise en direct de Tamarin, sur la côte ouest. Ciel bleu, mer agitée. Ce dirigeant et cofondateur de «Muse Villa», de luxueuses maisons nichées dans les lieux exceptionnels de l’île l’assure lui aussi : «notre groupe s’était bien préparé au pire avec des protocoles dont nous avons l’habitude». De fait, une dizaine de tempêtes ou cyclones traversent chaque année le sud-ouest de l’océan Indien pendant la saison cyclonique, qui s’étend de novembre à avril. «La plupart de notre vingtaine de villas se trouve en bord de mer et l’eau a pu monter jusque dans les cours, mais tout sera remis en ordre rapidement. Les clients qui séjournent actuellement chez nous sont restés sauf un, qui est parti à Dubaï et va revenir dès que la situation sera rétablie.»

Tout le monde n’a pas autant de chance. Les deux villages du Club Med, à Albion et La Pointe, ne déplorent aucun incident ni aucun blessé parmi les 900 clients et 850 employés de service durant la nuit et la journée du 15 janvier. Mais les deux établissements proches des plages ont subi des dégâts matériels. «30 chambres dont des suites se trouvant face à la mer ont été envahies par l’eau, précise notamment le service communication du groupe, joint par le Figaro. L’activité des deux Villages reprend progressivement mais nous ne commercialiserons pas les chambres de bord de mer ces prochains jours. Nous proposons aux clients qui le souhaiteraient des reports ou d’autres destinations.»

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Anne Venkiah, tout opérateur chez Lokal Adventure, spécialiste des activités écoresponsables comme les sorties à bateau sans moteur, a évidemment annulé toutes les sorties en mer ces prochains jours. «Je me suis fié aux autorités et j’ai été surprise par la violence du cyclone», déplore-t-elle. La colère semble vive mais le volontarisme point. Elle devrait reprendre les sorties en mer ce week-end. «Maintenant que le confinement est terminé, ça va repartir très vite, on va nettoyer les maisons et vous allez voir les guides locaux remettre les chemins de bord de mer en état. Ils sont habitués à se débrouiller de la sorte, sans aide de l’état.»


En vidéo – Cyclone Belal: le directeur de la météo de l’île Maurice débarqué



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