La saison de la dernière chance ? Cette station de ski prend une décision radicale


Le village de Méaudre, sur le plateau du Vercors, près de Grenoble. L’ensemble Autrans-Méaudre comprime son domaine à 24 pistes cet hiver, si la neige est au rendez-vous (photo d’archives). photo presse

Moins de ski alpin, de personnel saisonnier, de jours d’ouverture et un pari sur l’attrait d’un territoire de montagne : face à un déficit économique inquiétant et au manque de neige, la station d’Autrans-Méaudre, en Isère, change radicalement.

En Isère, les quelques remontées mécaniques qui emporteront ce samedi matin les premiers skieurs sur les hauteurs d’Autrans-Méaudre ouvriront une saison particulière pour ces deux stations de moyenne montagne. Celle de la dernière chance pour les contempteurs de l’activité, ou celle d’une nouvelle ère actant la fin du «tout ski alpin» comme l’espère le maire de ces communes fusionnées. Enfant du pays et de ce plateau du Vercors qui enchante été comme hiver des générations de Grenoblois et Lyonnais, mais aussi de Parisiens ou Belges, Hubert Arnaud a pris une décision radicale face à un déficit colossal de 700.000 € creusé par l’activité du ski alpin, gérée par la régie communale.

Quatre téléskis ferment définitivement, condamnant 4 pistes dont deux noires. 25 saisonniers seulement entretiendront le domaine alpin, soit 50% de moins que l’an dernier, le ratio d’économies à atteindre pour les charges en général. Ce n’est pas tout. Méaudre, située plus bas (1000 m), n’ouvrira ses remontées que le week-end et les vacances scolaires de Noël et d’hiver, si la neige naturelle est là. Autrans accueillera les skieurs tous les jours mais la saison sera abrégée au 10 mars. Demeure un terrain de jeu de 24 descentes balisées au total pour ces domaines reliés par navettes gratuites et étagés de 1000 à 1650 m.

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«Un territoire de montagne et pas seulement une station de ski»

Sur le domaine nordique. Le Vercors est l’un des territoires leader pour le ski de fond, les raquettes à neige, le biathlon… Les pistes y sont tracées et ouvertes depuis début décembre. (photo d’archives) Photo presse

«C’est un plan drastique face à une neige trop intermittente à nos altitudes et un réchauffement climatique qui impose de préparer l’avenir, diagnostique l’édile. Nous avons un an pour démontrer que cela peut fonctionner, sinon la Chambre régionale des comptes préconisera la fermeture des remontées». À lui seul, le dernier hiver a lesté les comptes de 500 000 €, avec seulement 50 jours d’ouverture des remontées faute de manteau neigeux.

«Pour le moment, nous gardons l’activité de ski alpin mais en étant raisonnables, expose Hubert Arnaud. Les télésièges qui structurent les domaines tourneront bel et bien. Mais les domaines skiables ne proposent plus de pistes noires pour faire la part belle aux familles, et six pistes sont dédiées aux enfants ». Deux dameuses – au lieu de quatre – entretiendront le domaine. «On change de monde et d’époque. On peut aussi skier sur des pistes qui ne sont pas que du billard», plaide l’élu, qui n’a pas cédé à la tentation d’installer des canons à neige. Avec un terrain de jeu rétréci, la station n’a pas non plus gonflé le prix des forfaits, resté sage par rapport à la moyenne. Il en coûte au maximum et pour un adulte 24 € pour un forfait 4 heures consécutives, très prisé de la clientèle locale, et 124 € le forfait 6 jours.

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Ce plan, construit avec les socio-professionnels pour s’éviter un destin à la Sambuy – une fermeture brutale des pistes -, doit renvoyer une nouvelle image aux amoureux des cimes. Selon Christophe Lebel, le directeur de l’office de de tourisme, Autrans-Méaudre se repositionne en «territoire de montagne où, l’hiver, le ski alpin est une discipline parmi d’autres. De toute façon, les grands skieurs se montrent désormais méfiants après l’hiver dernier», constate-t-il sur la base des chiffres de réservations.

Nordique et grotte

Le plan B, c’est de parier sur l’ensemble des activités du territoire. Et le Vercors, c’est d’abord un spot XXL pour les activités nordique. «On rivalise avec les meilleures stations et vous croisez des champions qui s’entraînent chez nous, comme Emilien Jacquelin», appuie Hubert Arnaud, rappelant qu’Autrans est déjà connu pour sa foulée Blanche, cette grande compétition de ski de fond ouverte à tous, dont la 46e édition se tient en janvier. Le domaine du plateau de Gève ou celui de la Molière cumulent plus de 80 km de traces qui serpentent entre les conifères. Comme pour d’autres stations nanties de domaines alpin et nordique, telle Bessans (Savoie), la complémentarité se matérialise dans les forfaits. «Les forfaits alpins à partir de 5 jours incluent un pass nordique illimité», illustre Christophe Lebel.

Hubert Arnaud parle encore des raquettes à neige, des chiens de traîneau, du biathlon et son pas de tir refait à neuf il y a deux ans, de la luge quatre saisons d’Autrans ou des grottes de Choranche et de la Maison du Patrimoine. Sans oublier le tremplin de saut à ski ouvert aux initiations, ou la spéléologie. «Nous sensibilisons aussi les moniteurs de ski à proposer d’autres activités, comme les sorties encadrées à Fatbike ou le ski de randonnée, qui peut désormais aussi se faire sur les pistes noires que nous ne damerons plus», enchaîne le maire, occupé en parallèle à animer des réunions publiques sur la «résilience des territoires de montagne face au changement climatique». 300 administrés ont déjà planché sur le sujet.

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