le nouveau fantasme du voyage en solo de luxe


Quelque part dans l’océan Indien, sept chambres, un yacht privé et 28 personnes aux petits soins : cette adresse pousse le voyage en solo jusqu’à son expression la plus luxueuse. La solitude comme privilège absolu.

Voyager seul n’a jamais autant été dans l’air du temps. On part sans négocier l’heure du petit déjeuner, sans partager la salle de bains et, luxe suprême, sans devoir demander à personne ce qu’il souhaite faire de sa journée. Aux Maldives, Four Seasons, l’un des grands noms de l’hôtellerie de luxe internationale, pousse désormais le raisonnement jusqu’à son extrême : : pourquoi se contenter d’une chambre pour soi lorsque l’on peut disposer… d’une île entière ?

Four Seasons Private Island Maldives at Voavah se présente comme un refuge totalement privatisable, posé au milieu d’un sanctuaire naturel classé par l’Unesco. Ici, pas de voisin de transat, de buffet à heure fixe ni de bataille pour choisir la meilleure table face au lagon. L’île ne compte que sept chambres réparties entre deux villas et une Beach House, soit un généreux terrain de jeu pour celui ou celle qui aurait décidé de prendre très au sérieux l’expression « partir seul ».

Seul sur son île, mais jamais vraiment abandonné

Voavah : l’île du lâcher-prise aux Maldives.
Philip Lee Harvey / Four Seasons Private Island Maldives at Voavah


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La solitude, évidemment, est soigneusement organisée. Une équipe de 28 personnes — chefs, majordomes, thérapeutes ou biologistes marins — demeure disponible selon l’humeur du jour : présente lorsqu’on la sollicite, invisible lorsqu’on préfère entendre seulement le ressac. Une conception du service assez séduisante : avoir du monde autour de soi sans nécessairement avoir à le voir.

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Le programme peut ainsi tenir du monastère tropical ou du caprice de Robinson fortuné. Yoga au lever du soleil, soins ayurvédiques et thérapies au Ocean of Consciousness Spa pour commencer. Puis plongée autour des récifs, déjeuner imaginé avec le chef ou, plus radicalement, une journée entière sans notification.

Et lorsqu’une île entière finit malgré tout par sembler un peu petite, reste le Voavah Summer, petit yacht de 19 mètres disponible jour et nuit, en toute simplicité. Direction le large pour observer les raies manta, nager, lire au milieu de nulle part ou simplement regarder la lune se lever sur l’océan Indien.

Le voyage en solo, signé Voavah et Four Seasons Maldives.
Philip Lee Harvey / Four Seasons Private Island Maldives at Voavah

Reste un détail, et pas tout à fait accessoire : le prix de la solitude. La privatisation de Voavah débute à 45.000 dollars hors taxes la nuit, soit environ 38.600 euros. En ajoutant les 10 % de frais de service, la taxe touristique de 17 % et la taxe verte, la note approche les 50.000 euros par nuit. Autrement dit, une semaine seul au paradis peut flirter avec les 350.000 euros. À ce niveau-là, couper son téléphone devient presque une mesure d’économie.

Voilà sans doute le paradoxe de Voavah : vendre le voyage en solo en multipliant tout ce qui, d’ordinaire, l’entoure. De l’espace, beaucoup. Du personnel, énormément. Des distractions, seulement si on les demande. Le vrai luxe n’est peut-être finalement pas d’avoir une île pour soi, mais de pouvoir décider, pendant quelques jours, que personne ne viendra troubler le silence.

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