« Les gens ne veulent plus être soignés par un médecin égyptien dont ils ne comprennent pas un mot »


LES ARCHITECTES DU VOYAGE – Annulation, perte ou vol de bagages, accident ou encore frais de santé imprévus à l’étranger… Depuis 20 ans, Geoffroy Bonnet-Eymard, directeur de Chapka by Aon, peut sauver vos vacances. Rencontre avec un courtier, leader de l’assurance de voyage.

Entre le moment où l’on réserve ses futures vacances et celui où l’on part, de nombreux imprévus peuvent surgir comme l’a dramatiquement illustré la pandémie de Covid-19. Et il en va de même ensuite au cours du séjour. La plupart des assureurs aujourd’hui proposent des packages ou « assurance multirisques » qui regroupent toutes ces garanties à la fois et viennent renforcer celles déjà acquises dans les cartes bancaires ou les complémentaires santé. Chapka Assurances, créé en 2002 par Geoffroy Bonnet-Eymard, est un pionnier sur ce marché grâce à un savoir-faire historique en termes de création de solutions d’assurance adaptées aux besoins des professionnels du tourisme et des particuliers. En 2019, le courtier est racheté par AON (multinationale britannique, acteur majeur dans les domaines de la gestion des risques, NDLR), mais continue de se distinguer en misant sur la simplicité de la souscription, la clarté des garanties et surtout, la réactivité. Et cela fonctionne, en 2024, Chapka by AON est en croissance de 30 % par rapport à 2023. On en parle avec son dirigeant, Geoffroy Bonnet-Eymard.

LE FIGARO – Qu’apporte Chapka by AON au voyageur lambda ?

Geoffroy Bonnet-Eymard – L’idée de départ, c’était d’apporter du service. Nous ne sommes là que pour ça. Notre volonté est de rendre l’assurance compréhensible de tous, simplifier la souscription et faciliter les remboursements. On a vulgarisé les polices d’assurance pour expliquer clairement à des clients que s’ils ont 3000 dollars de frais médicaux aux États-Unis, on va leur rembourser trois mille dollars. C’est aussi simple que cela. C’est très important à nos yeux. Simplification, cela veut dire aussi réactivité, être capable de donner en quelques secondes un tarif en ligne et d’expliquer à des gens qui ne sont pas à l’aise avec l’assurance voyage, c’est-à-dire la grande majorité des voyageurs, les garanties qu’il y a dans leur carte de crédit.

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Qui assurez-vous ?

Nous assurons tous types de voyageurs : les vacanciers d’une semaine ou deux, ceux qui partent effectuer un long séjour, un tour du monde, un volontariat, mais aussi ceux qui vont étudier, faire un stage ou vivre une expérience au pair à l’étranger. Nous sommes également spécialistes des expatriations courtes en visa vacances-travail.

Comment expliquez-vous que 80 % de vos clients aient entre 20 et 35 ans ?

Chapka est très présent sur les réseaux sociaux comme Instagram ou Tiketok et nous organisons beaucoup d’événements avec de grandes écoles, ou même des « apéros voyageurs » avec des jeunes voulant parcourir le monde. Nous travaillons également, par exemple, en partenariat avec l’ambassade d’Australie pour promouvoir le programme Vacances-Travail, qui permet de voyager et de travailler et qui existe depuis vingt ans. Toutes ces actions font qu’effectivement nous sommes tournés vers une jeune génération de voyageurs longue durée et qui ont besoin d’assistance et qui sont bien conscients que, quand on part 6 mois ou un an à l’autre bout du monde, on a vite fait d’avoir un pépin. Pour de courtes durées, ils nous appellent également, de la même manière qu’ils nous appellent quand ils vont faire des stages à l’étranger.

Les séjours en Asie du Sud-Est, qui est très courue des jeunes Français, peuvent entraîner des situations compliquées.

Combien coûte une assurance voyage en moyenne ?

J’aime bien parler en pourcentage et, globalement, une « multirisque » aujourd’hui c’est entre 4,5 et 6 % du montant du voyage, une « annulation » seule – que la garantie avant de partir – vous allez être à 3,5 %. Nous ne jouons pas sur les peurs chez Chapka, les Français savent très bien que quand ils partent sans assistance, la Sécurité Sociale ne va pas rembourser grand-chose à l’étranger, voir rien du tout au-delà de 90 jours. Les séjours en Asie du Sud-Est, qui est très courue des jeunes Français, peuvent entraîner des situations compliquées. Tout comme aux États-Unis où les frais médicaux jusqu’à cinq fois plus élevés qu’en France. C’est un vrai risque de devoir faire une cagnotte en ligne pour faire un appel aux dons pour payer des soins ou une hospitalisation. Certaines personnes ont même été obligées de vendre leur appartement.

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Pourtant, nous sommes tous couverts par nos cartes bancaire…

Il n’est pas rare que les touristes français pensent être déjà couverts pour leur voyage grâce au contrat d’assurance inclus dans leur carte bancaire. Dans les faits, les cartes bancaires « classiques » ou « Premium » (Carte Visa Premium, Mastercard Gold, Visa Infinite…) vous couvrent en France mais n’incluent pas nécessairement de couvertures adaptées aux séjours à l’étranger. La couverture liée à la prise en charge des frais médicaux à l’étranger est bien souvent minimaliste pour les cartes classiques.

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Pourquoi la proportion de voyageurs assurés est-elle en augmentation constante ?

Il y a d’abord une croissance naturelle du tourisme mondial, dont on bénéficie. Ensuite, le deuxième signe, c’est que les gens sont de plus en plus concernés par cette assurance voyage parce que le monde est un peu plus risqué qu’avant. Il est plus risqué sur les guerres ou sur la maladie. À cause du Covid il y a quelques années, vous ne pouviez pas voyager sans une attestation… Cela a obligé un grand nombre à appeler des courtiers spécialisés car souvent les banquiers étaient incapables de répondre au sujet des garanties de la carte bleue tandis que les agences de voyages n’étaient pas toujours très à l’aise… Depuis l’an dernier, un Français sur deux a l’intention de souscrire à une assurance voyage, quand c’était un sur quinze il y a vingt ans. Nous ne sommes pas les moins chers, en revanche nous essayons d’être le plus précis dans nos échanges avec le client. Et puis, les voyageurs posent des questions qui sont de plus en plus pointues. Leur niveau de connaissance est monté d’un cran, notamment depuis le Covid.

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Y a-t-il de nouvelles garanties ?

On essaie surtout d’avoir de meilleures garanties plutôt que de nouvelles garanties. On a mis en place la téléconsultation : à tout moment du jour ou de la nuit, n’importe où dans le monde, vous pouvoir obtenir un rendez-vous avec un médecin parlant français qui, en plus, va pouvoir vous prescrire une ordonnance. C’est un service qui est absolument devenu indispensable dans l’assurance voyage aujourd’hui. Les gens ne veulent plus être soignés par un médecin égyptien dont ils ne comprennent pas un mot. Cela va dans le sens de ce qu’attendent nos clients. Autre chose : la facilité à déclarer un sinistre. Tout se fait sur notre application en quelques clics, de n’importe où à l’étranger. La carte d’assistance est dans le téléphone, il suffit d’appuyer sur bouton pour joindre quelqu’un gratuitement, via le Wifi. L’assisteur est informé et vous rappelle automatiquement. C’est très important si vous êtes à l’autre bout du monde. L’assurance devient un élément indispensable, comme une valise ou un visa.


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