Les «premiers pas» des personnes atteintes de la maladie de Parkinson sur les Chemins de Compostelle


L’association Les Premiers Pas propose des itinéraires spécialisés pour permettre aux personnes ayant la maladie de Parkinson de parcourir les chemins de Compostelle.

C’est l’un des périples spirituels les plus célèbres au monde. Marcher sur l’un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, c’est se fondre dans une tradition ancienne et universelle. Preuve en est : en 2023, près de 440.000 personnes ont été enregistrées au centre d’accueil des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. Un chiffre en hausse depuis quelques années. Si ces itinéraires sont plutôt faciles d’accès pour des personnes en pleine capacité physique, ils le sont moins pour celles en situation de handicap.

Une problématique bien identifiée par l’association française Les Premiers Pas. Cette dernière, qui a l’habitude d’accompagner des pèlerins (valides) sur les Chemins de Compostelle, a mis en place un programme dédié aux personnes touchées par la maladie de Parkinson. Après une première édition réussie, la petite structure organise un nouveau départ, prévu pour le 18 mai. Pendant près d’une semaine, dix participants marcheront aux côtés de six encadrants (médecins, kinésithérapeutes, infirmiers et membres de l’association), entre le Puy-en-Velay et Saint-Alban-sur-Limagnole, soit une trajectoire de 60 kilomètres.

Entre 9 et 17 kilomètres par jour

Pour mettre en place un tel périple, Les Premier Pas se sont alliés avec la structure belge Association Parkinson, qui vient en aide aux malades. Leur objectif : «ouvrir ces chemins à tous, en avançant en fonction de ses moyens et ses possibilités», assure Juliette Carpentier, fondatrice des Premiers Pas et encadrante lors de la première édition, en 2023. Pour rappel, on estime à 272.500 le nombre de personnes touchées par la maladie de Parkinson en France. Cette maladie dégénérative peut entraîner des tremblements, des difficultés d’élocution, des déséquilibres, ainsi que des troubles cognitifs.

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Le 18 mai, le prochain départ se fera depuis Le Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Les participants parcourront une partie de la «Via Podiensis», l’un des chemins les plus renommés du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils marcheront entre 9 et 17 kilomètres par jour et s’arrêteront dans des hébergements adaptés, présélectionnés en amont du voyage. «Je me suis arrangée pour trouver des gîtes de plain-pied car les participants ne peuvent pas monter les escaliers», précise Juliette Carpentier.

Participante de la première édition du parcours, accompagnée par Juliette Carpentier (en rouge).
Association “Les Premiers Pas”

Pendant la marche, un groupe de parole sera également organisé, comme lors de la précédente édition. «La maladie isole énormément, alors c’est important d’échanger. Les participants étaient très heureux de se rencontrer, de parler de leur maladie et de ne plus être seul face à ce poids», poursuit la fondatrice des Premiers Pas.

Rendre les Chemins accessibles à tous

Ces parcours adaptés ne peuvent être réservés individuellement. Il faut forcément passer par une structure, telle qu’une association d’aide aux malades, qui prendra contact avec Les Premiers Pas. À l’heure actuelle, l’association se limite à l’accompagnement de personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Une réalité que Juliette Carpentier voudrait élargir. «Nous voulons nous développer et accueillir d’autres pèlerins avec différentes maladies ou difficultés psychiques. Mais pas seulement, notre but est de rassembler des personnes avec les mêmes problématiques et de parcourir les Chemins de Compostelle ensemble», souligne-t-elle.

Dans les années à venir, la fondatrice aimerait même aller plus loin dans sa démarche, et accompagner un groupe uniquement composé de femmes victimes de violences sexuelles. «On se ressource en marchant et on retrouve de la solidarité et une certaine bienveillance. Selon moi, c’est un chemin de reconstruction», affirme Juliette Carpentier. Dans ce cas, pas besoin de passer par une association, les futures participantes pourront directement la contacter. Autant de manières d’ouvrir la voie vers une nouvelle forme de pèlerinage.

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EN VIDÉO – Découvrez les Chemins de Compostelle



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