Philippe Starck nous dévoile les secrets du Mondrian, nouvel hôtel de luxe qui ouvre à Bordeaux


ON A POUSSÉ LES PORTES – Au cœur du quartier bordelais des Chartrons, les groupes hôtelier et immobilier Ennismore et Pichet ont fait appel au designer Philippe Starck pour métamorphoser une bâtisse du XIXe siècle en un somptueux hôtel 5 étoiles. Le Figaro s’y est rendu juste avant son ouverture mardi 14 novembre.

Les Bordelais les plus vénérables désignent encore la demeure à la façade cossue comme « La Table Calvet », ancien restaurant gastronomique des prestigieux négociants du même nom qui y avaient établi leurs chais, à l’instar d’autres dynasties de la bourgeoisie commerçante ayant longtemps régné sur le monde du vin depuis le quartier des Chartrons. Aujourd’hui, c’est un autre grand, du design cette fois, qui a redonné toutes ses lettres de noblesse à la propriété du groupe Ennismore (Mama Shelter, Jo&Joe, Skybar, The Hoxton…) : Philippe Starck. Déjà aux manettes de la conception architecturale et de la direction artistique du Mondrian Los Angeles (le tout premier Mondrian Hotels & Residences, en 1996), le prolifique touche-à-tout signe ici une œuvre magistrale de brutalisme et de naturalité zen en collaboration avec le cabinet d’architecture Advento. Concepteur de plusieurs réalisations dans le Sud-Ouest (vélo-patinette Pibal, tour de contrôle de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, Château Les Carmes Haut-Brion, hôtels 5 étoiles La Co(o)rniche et L’Ha(a)ïtza au Pyla, chantier naval Couach de la SNSM à Gujan-Mestras…), l’infatigable créateur et globe-trotter a su rendre le plus bel hommage aux patrimoines architectural et historique locaux avec cette métamorphose ayant toutefois conservé le charme et l’excellence du bâtiment originel.

Le tout premier restaurant Morimoto d’Europe

Philippe Stark a mis les petits plats dans les grands pour accueillir la toute première table européenne du non moins célèbre chef japonais Masaharu Morimoto. Gaëlle Le Boulicaut

Conserver tout ce qui pouvait l’être : une « exigence absolue » pour Philippe Starck. Si les colonnes et les créneaux de la façade en pierre bordelaise, comme le portail en fer forgé, sont restés inchangés, une interminable et majestueuse marquise de verre surplombe désormais une allée pavée tout à fait graphique. La lourde porte en bois rouge a elle aussi cédé sa place à une belle ouverture principale tout en verre et en acier sculpté, invitant à pénétrer dans un univers aussi raffiné que dépaysant : le restaurant. Et quel restaurant ! Le célèbre designer a en effet mis les petits plats dans les grands pour accueillir la toute première table européenne du non moins célèbre chef japonais Masaharu Morimoto.

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C’est dans une ambiance délicieusement feutrée où le mobilier en bois (entièrement dessiné par Starck) côtoie la brique rouge et le béton brut que le chef nippon proposera une version éclectique de certaines de ses recettes favorites matinées d’ingrédients français locaux. Destination oblige, la carte des vins s’affiche riche et variée. Côté cocktails, le chef barman n’a pas ménagé sa peine pour dénicher les meilleurs sakés et proposera des cocktails signature à déguster soit au bar de la salle, soit dans l’une des alcôves nichées contre le mur rétroéclairé séparant le restaurant de la réception de l’hôtel et orné d’un triptyque d’images artistiques de coiffes de geisha, soit encore au cœur du luxuriant patio séparant le restaurant de la piscine et du spa. Mû par la même intention que Morimoto de marier saveurs asiatiques et occidentales, le designer français a lui aussi mêlé patrimoine bordelais et raffinement japonais, comme avec «ces grosses lanternes napoléoniennes à l’intérieur desquelles on a glissé des lanternes japonaises», s’amuse-t-il. Le créateur, qui confesse volontiers avoir été inspiré par un rêve pour ressusciter ce «château chai ou château entrepôt», souhaitait transporter chaque visiteur. Pari dignement relevé. Difficile en effet de ne pas se sentir propulsé au cœur de Shibuya face à l’impressionnante et inattendue robata trônant au milieu de la salle et dévoilant des cuisines ouvertes.

Mondrian Bordeaux Les Carmes, les premières images

Visite en images du Mondrian Bordeaux Les Carmes

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«Les gens de l’Atlantique ont été des explorateurs, de grands marins, et il y a vraiment ici un parfum d’aventure qu’on ne trouve pas ailleurs, ça sent les grands bateaux au bout du quai, et je tenais à garder l’histoire», souffle Philippe Starck. Un parfum d’aventure à humer jusque dans les trois étages accueillant 97 chambres et suites intimistes (de 25 à 52 mètres carrés) abritant une véritable prouesse technique puisque les murs sont réalisés en béton banché, c’est-à-dire constitués de panneaux entiers de béton brut coulé dans la masse. Rehaussé de moulures en creux, de miroirs et de bronzes, réchauffé par les nuances acajou du parquet, le béton se fait alors, ô surprise, chaleureux. Un antagonisme qui n’est pas pour déplaire au visionnaire qui voit dans cet établissement un oxymore à lui tout seul : «Le travail est très sophistiqué, ce qui est amusant parce qu’originellement, la peinture et les moulures servaient surtout de cache-misère», rappelle-t-il. Nos yeux, habitués aux moulures et aux lambris en plein, doivent même composer avec l’illusion provoquée par ces ombres inversées. Les associations de matériaux (cuir, brique, bois, laiton, béton) se font insolites. Le décor, cosmopolite. Tout, dans les chambres, évoque l’élégance et le confort douillet, de l’éclairage hyper-tamisé à l’épaisse moquette géométrique en passant par le plaid Inata en alpaga jeté sur chacun des lits. Souci du détail que l’on retrouve dans les salles de bains où sont proposés les produits MALIN+GOETZ.

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L’art du voyage

Tout, dans les 97 chambres et suites intimistes, évoque l’élégance et le confort douillet. Gaëlle Le Boulicaut

« Le Mondrian est plus qu’un hôtel : c’est une façon de voyager », selon la devise du groupe Ennismore que l’hyperactif Philippe Starck a magistralement honorée avec toute l’authenticité et la poésie dont il est capable. Ainsi, des cheminées incandescentes ponctuent le parcours bien-être et encerclent la vaste cour intérieure à la nuit tombée. Le voyage ne s’arrête pas à la porte de la salle de sport puisqu’ici, même l’espace fitness (équipé Technogym) revêt les atours de l’établissement. « Pour des raisons de vérité et d’écologie, je ne couvre plus les choses : le gris vient du béton, l’ivoire vient de la pierre, le rouge de la brique… Je n’utilise que les couleurs de l’existant », soutient le progressiste engagé. Une ligne de conduite que l’on retrouve jusque dans le spa Codage où l’on dispense soins corps et visage personnalisés à partir des cosmétiques de la marque française mixte sur-mesure, mais aussi des mises en beauté avec la gamme de maquillage certifiée vegan et bio Le Rouge Français, sans oublier la ligne de soins naturels et gourmands Nougatine Paris, exclusivement dédiée aux pré-ados et aux enfants.

Retraite détente 100% piscine, hammam et sauna ou bien séjour d’affaires, projections et réunions ? Et pourquoi pas tout à la fois puisque Mondrian Bordeaux Les Carmes dispose aussi de deux studios offrant un espace de réunion combiné équipé des dernières technologies pour accueillir meetings et événements. Une expérience immersive et inspirée entre Orient et Occident au cœur d’un des quartiers bordelais les plus prisés. À partir de 320 euros la nuit (hors petit déjeuner, à 32 euros).

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Mondrian Bordeaux Les Carmes, 81, cours du Médoc, 33300 Bordeaux. Tél. : 05 35 54 10 84.




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