nos plus beaux reportages de l’année 2022


De l’Antarctique au Panama, en passant par New York ou la Tanzanie, la rédaction a sélectionné 12 reportages du Figaro Magazine qui ont fait 2022. De quoi clôturer une année contrastée en étant bien inspiré…

Dans l’archipel des Australes, à la découverte la Polynésie originelle

À 600 kilomètres au sud de Tahiti, il existe une Polynésie secrète et attachante. Les trois îles principales, Rurutu, Tubuai et Raivavae, ont un air de paradis préservé et apaisant, idéal pour les voyageurs en quête d’expériences intimistes et de nature souveraine. Loin du tumulte du monde. Rien de commun ni avec les îles de la Société, ni avec les atolls des Tuamotu, ni avec les îles hautes des Marquises. En juin, le journaliste Jean-Bernard Carillet et le photographe Stanislas Fautré ont commencé leur voyage sur l’île de Rurutu. Surnommée « le rocher qui jaillit », Rurutu, longue de 10 kilomètres et large de 5, est un cas d’école géologique que les spécialistes désignent par le terme de makatea. Voici plusieurs millions d’années, après être passé sur un point chaud volcanique, l’ensemble de l’île s’est exhaussé de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, laissant apparaître de vertigineuses falaises côtières criblées d’immenses grottes et de cavités. Résultat : pas de lagon, mais un récif frangeant qui ourle une forteresse troglodytique nimbée d’une ambiance mystérieuse.

Grande traversée du Jura, empreintes de liberté

Pas à pas dans un paysage sauvage, doux, hypnotique… au bord du mont d’Or. Eric Martin / Le Figaro Magazine

Plus près de chez nous, l’hiver livre sa féerie et sa rigueur en impressions Grand Nord. Entre les départements du Doubs, du Jura et de l’Ain, le massif du Jura se déroule – tel un croissant – sur 250 kilo­mètres du nord au sud, 60 kilomètres d’est en ouest. D’altitude modeste – le crêt de la Neige, son sommet, culmine à 1 720 mètres – il se plisse, se dresse, se courbe, se creuse de monts en crêts, de combes en dolines, de vals en eaux vives ou en lacs. Et propulse d’un monde à l’autre. En février, la journaliste Alice Brouard et le photographe Eric Martin, raquettes aux pieds, y ont fait de divines échappées, en espérant croiser lynx boréal, chamois ou grand tétras.

En Antarctique, croisière en mer de Weddell à la découverte des plus grands icebergs de la planète

Une nature extrême, fragile et pure que ce navire à propulsion hybride explore avec précaution. Stanislas Fautré / Le FIgaro Magazine

Le Commandant Charcot n’est pas seulement un palace flottant ultraconfortable, il est surtout un brise-glace conçu pour voguer, croiser et caboter au-delà des cercles polaires et de latitudes réputées hostiles. Pour sa première saison de navigation, il emmenait pour Le Figaro Magazine en février le journaliste Stéphane Dugast et le photographe Stanislas Fautré sur sa route là où d’autres ne peuvent s’aventurer : en mer de Weddell, à l’est de la péninsule Antarctique, une immense étendue d’eau glacée de plus de 2 millions de kilomètres carrés, particulièrement riche en vie sous-marine et rarement fréquentée par des navires.

En Occitanie, la Narbonnaise, une autre idée de la Méditerranée

Le Salin de l’île Saint-Martin à Gruissan. Eric Martin / Le Figaro Magazine

De la mer aux étangs, du massif de la Clape au vignoble, le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée est une «petite Aude» qui invite à vivre autrement. En avril, la journaliste du Figaro Magazine Laurence Haloche et le photographe Eric Martin ont posé ses valises sur le quai de la gare de Narbonne pour découvrir la région. Quelques minutes suffisent pour voir poindre les premières vignes, le massif de la Clape, ses ­falaises de calcaire chapeautées de pins d’Alep… «Une autre vie s’invente ici», claironne la devise touristique du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée. Elle dit vrai : entre mer et étangs, sable et garrigue, la ­liberté de s’octroyer plusieurs bribes de vie est infinie.

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Panama confidentiel : voyage au paradis perdu des Bocas del Toro

À seulement une quinzaine de kilomètres du continent panaméen, l’Escudo de Veraguas est une île fascinante. Stanislas Fautré / Le Figaro Magazine

Situé au nord-ouest du Panama, à quelques encablures de la frontière costaricaine, cet archipel longtemps oublié est un éden caribéen, luxuriant et indompté, où l’on peut encore se sentir seul au monde. C’est ici où se sont rendus en mars la journaliste Sarah Chevalley et le photographe Stanislas Fautré, sur les traces de Christophe Colomb. Pratiquement laissé à l’état sauvage jusqu’au XIXe siècle, Bocas del Toro a ainsi préservé sa biodiversité. Depuis 1988, le sud de Bastimentos et ses îlots ont été décrétés Parc national marin. Réputé pour ses lamantins et ses grenouilles multicolores, le parc abrite deux îles minuscules totalement vierges et pro­tégées par un récif corallien, les Cayos Zapatillas (îles pantoufles), dont la beauté incarne une certaine idée du paradis terrestre.

Voyage en Istrie, paradis croate des hédonistes

Façades pastel, campanile vénitien et palais baroques à Rovinj. Éric Martin / Le Figaro Magazine

Avec sa double culture – italienne et croate –, son architecture vénitienne, son passé austro-hongrois, son littoral adriatique, ses villages perchés et ses produits du terroir, l’Istrie ravit aussi bien les gastronomes éclairés que les amateurs de farniente. En avril, le journaliste Jean-Louis Tremblais accompagné du photographe Éric Martin partait pour Pula. C’est dans cette agglomération portuaire sise à la pointe méridionale de la péninsule qu’il convient d’amorcer tout périple en Istrie. Une introduction historique puisqu’elle projette le visi­teur vingt siècles en arrière, en un temps où la ville constituait l’un des fleurons de l’Empire romain. Vestige de cet antique mais glorieux passé : l’imposant colisée, autour duquel s’articule tout l’urbanisme de la cité.

Entre art et nature, la nouvelle sève brésilienne de São Paulo au Minas Gerais

Les sculptures géantes (jusqu’à 10 mètres de haut) de Karen Cusolito à Ibiti. Éric Martin / Le Figaro Magazine

En avril, la journaliste Bérénice Debras, accompagnée du photographe Éric Martin partait au sud-est du Brésil où des projets touristiques et culturels au chevet de la biodiversité font renaître une nature blessée et malmenée. L’État du Minas Gerais, plus grand que la France, fut le témoin de la fièvre de l’or et du développement des villes baroques d’Ouro Preto, Tiradentes, Diamantina… dès la fin du XVIIe siècle. Auguste de Saint-Hilaire notait déjà la « destruction funeste des forêts » due à une agriculture « sans intelligence » et déplorait la disparition trop rapide de la végétation primaire. Deux siècles plus tard, la gouvernance de Jair Bolsonaro n’a fait qu’ajouter du sel sur une plaie déjà béante. Aujourd’hui, la forêt Atlantique, courant du Nordeste jusqu’au nord de l’Argentine, serait dévastée à près de 90%.

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Voyage dans l’archipel des Açores, neuf îles atlantiques et ensorcelantes

Le mystérieux mont Pico. Sur ses flancs luxuriants, des bribes de laurisylve, la forêt endémique des Açores. Stanislas Fautré / Le Figaro Magazine

À mi-chemin ou presque entre Lisbonne et New York, l’archipel s’éparpille sur près de 600 kilomètres au milieu de l’Atlantique Nord. Ces neuf îles volcaniques, qui fascinèrent autrefois les navigateurs portugais, restent l’une des destinations les plus exotiques du continent européen. Forgé par ­plusieurs milliers de volcans émergés des fonds marins, l’archipel se divise en trois groupes, Santa Maria et São ­Miguel à l’est, Terceira, Graciosa, São Jorge, Pico et Faial au centre, enfin, assez éloignées vers l’ouest, Flores et Corvo. Les Açores se trouvent à la jonction des plaques tectoniques nord-américaine, eurasienne et africaine, ce qui rend leur activité sismique intense. Perdues au milieu de l’Atlantique, ce sont les îles les plus éloignées du continent européen, situées à quelque 1500 kilomètres à l’ouest du Portugal, auquel elles sont rattachées, et distantes de moins de 2500 kilomètres de la côte est des États-Unis. ­Faisant partie de la Macaronésie, l’archipel partage sa flore avec ­Madère, les Canaries ou le Cap-Vert. Mais son climat est moins printanier. Sarah Chevalley et Stanislas Fautré s’y sont rendus en mai.

Agatha Christie à Istanbul, le temps suspendu

Vue sur l’estuaire de la Corne d’Or depuis la mosquée de Soliman le Magnifique. Eric Martin / Le Figaro Magazine

La reine du crime en a rêvé, elle l’a fait. En 1925, quatre ans après son tour du monde, son septième livre, Le Meurtre de Roger Ackroyd, lui assure une place de figure majeure du roman policier. Alors qu’elle a tout pour se réjouir, Agatha disparaît à Istanbul. En août 2022, la journaliste Marine Sanclemente, accompagnée du photographe Eric Martin, se rend sur place. La locomotive 2251 entre en gare de Sirkeci. Chargé d’effluves marins, un vent glacial s’engouffre par l’entrebâillement de la fenêtre du train, soulève les voilages et fait frissonner les corps somnolents. Après soixante heures de trajet, les voyageurs de l’Orient-Express débarquent dans ce hall grandiose, porte d’entrée d’un monde mystérieux pour des Occidentaux en mal d’exotisme. Noyée dans la foule, une passagère affublée d’un attirail masculin se faufile. Traits tirés, regard fuyant. Elle monte dans une chaise à porteurs, pour un pénible et cahotant trajet…

La fièvre de Manhattan : nos nouvelles adresses et nos coups de cœur

Fenêtre sur la skyline de Manhattan depuis le bar restaurant Gitano Island. Eric Martin / Le Figaro Magazine

Après la pandémie, le plus célèbre quartier de New York n’a rien perdu de sa superbe. Résilient et trépidant, Manhattan poursuit sa poussée vertigineuse, faisant tourner les têtes et les repères. Manhattan a trop longtemps tourné le dos à l’East et à l’Hudson Rivers. En septembre, Bérénice Debras et Eric Martin ont arpenté la ville. Les nombreux projets les intègrent ­désormais entièrement à l’instar de Little Island, ce ­nouveau promontoire perché sur pilotis, ou encore Pier 25 et 26 devenus tous deux des lieux de promenade. Ou bien encore le nouvel hôtel Casa Cipriani dans un terminal de ferry. Sur la scène culinaire, Anna Polonsky, coauteur du site The Deligram présentant les artisans des métiers de bouche, note une évolution. «Pendant la pandémie, il y a eu une grosse différence entre Manhattan et Brooklyn. Quand le premier se vidait, le second s’organisait et les restaurants de quartier rivalisaient d’idées. Beaucoup de chefs interviennent désormais sans lieu fixe, sans restaurant.»

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En Tanzanie, la grande épopée de la migration des gnous

Franchir la rivière pour survivre : les gnous jouent à quitte ou double. Stanislas Fautré / Le Figaro Magazine

Chaque année, des millions de gnous traversent la plaine du nord du Serengeti en quête d’une herbe plus verte. « Le cycle commence au début de l’année dans le sud du Serengeti, puis se poursuit à l’ouest du parc national, puis au nord jusqu’au Masai Mara voisin (Kenya), et enfin à l’est, pour revenir au sud. Et ainsi de suite chaque année, explique le guide au journaliste Vincent Noyoux en octobre. Les gnous suivent la pluie, synonyme de prairies vertes à brouter. Ils restent dans le nord du Serengeti de mi-juillet à début octobre, mais c’est en août et septembre qu’on en voit le plus. Il y en a actuellement 1,5 million ». La migration se déroulerait sans trop d’embûches si la rivière Mara ne se dressait pas sur leur chemin. Cette rivière qui prend sa source dans la vallée du Grand Rift, côté Kenya, et se jette dans le lac Victoria, est la plus longue et la plus large des rivières du Serengeti. C’est surtout la plus périlleuse à franchir…

En Arabie saoudite, expédition sur les traces de l’Orient éternel

Maraya, qui signifie « miroir » en langue arabe, réfléchit les ambitions d’al-Ula. Stanislas Fautré / Le Figaro Magazine

Au nord-ouest du pays, Hégra, deuxième ville la plus importante des Nabatéens après Pétra, en Jordanie, est désormais à la fois une destination archéologique et touristique dans la région d’al-Ula. Son ouverture aux étrangers déverrouille comme jamais le royaume des Saoud. Pour Le Figaro Magazine, Valérie Sasportas a pu y aller en novembre en exclusivité, accompagnée du photographe Stanislas Fautré. Dire qu’on est dans le Hedjaz ! Au nord-ouest de la péninsule arabique, cette région abrite les principaux lieux saints de l’Islam, les villes de La Mecque et de Médine. Or, on est là dans une histoire préislamique. Ce gros bourg aux maisons blanches et basses peuplé de 35 000 habitants jouxte la cité antique dont la première vue laisse perplexe : sous l’écheveau inextricable de constructions grises effondrées se cachent des venelles et des maisons de pierre et de pisé dont les murs recèlent des peintures colorées de palmiers…



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