Sculpter des radis, jouer la momie, dîner chez KFC… Les traditions de Noël les plus insolites du monde


Chaque pays a sa propre manière de célébrer les fêtes de fin d’année. Du Mexique au Japon, en passant par l’Ukraine, tour d’horizon des coutumes les plus insolites.

Saumon fumé, huîtres et foie gras. En France, ce menu de fête devrait trôner sur les tables de nombreux gourmets le soir du 24 décembre. Sur les sapins, les guirlandes auront été accrochées depuis le début du mois. Mais ailleurs dans le monde, d’autres rituels, parfois surprenants, rythment la période des fêtes de fin d’année. Passage en revue !

Sculpter des radis au Mexique

Des sculptures de radis lors de la Noche de Los Rábanos au Mexique. PATRICIA CASTELLANOS / AFP

Loin de la dinde et autres marrons de Noël, les radis sont à l’honneur au Mexique. Chaque 23 décembre, la ville d’Oaxaca de Juárez, dans le sud du pays, se met à l’heure de la «Noche de Los Rábanos» («nuit des radis»). Les sculpteurs rivalisent d’inventivité pour découper, tailler et donner vie aux petits légumes roses. Le but ? Créer des petites scènes qui se disputeront des prix, auxquels correspondent des sommes d’argent.

Pour savoir d’où vient cette tradition, il faut remonter plusieurs siècles en arrière. Oaxaca a, des années durant, perfectionné son savoir-faire en matière de sculpture sur bois. À l’arrivée des colons espagnols (et, avec eux, des radis), cette technique leur a été transposée. Il faudra attendre 1897 pour qu’un concours des meilleures sculptures de légumes voie officiellement le jour.

Manger chez KFC au Japon

Au Japon, les nuggets de poulet remplacent la dinde à Noël. KAZUHIRO NOGI / AFP

Plutôt volaille pour les repas des fêtes ? Au Japon, on s’approche de la traditionnelle dinde de Noël… version fast-food ! Environ 3,6 millions de familles nippones se rendent chez KFC le 25 décembre. Un succès qui pousse certains Japonais à réserver leurs tenders de poulet frit plusieurs mois à l’avance.

Mais comment est née cette drôle de tradition ? Tout commence dans les années 1970 quand l’enseigne américaine lance une campagne de marketing toute particulière : «Kurisumasu ni wa Kentakkii» («Kentucky pour Noël»). Le slogan trouve rapidement des adeptes. En cause : l’absence de réelles traditions de Noël au Japon, où les chrétiens représentent une part minoritaire de la population.

Chercher le cornichon dans le sapin aux Etats-Unis

Sur les sapins de Noël américains, les cornichons trônent à côté des guirlandes. Adobe Stock

À Noël, dans le Midwest américain, tous les yeux se tournent vers un cornichon… dissimulé dans les épines du sapin. Après la mise en place minutieuse des décorations, un «Christmas Pickle» («cornichon de Noël») est caché parmi les branches de l’épicéa. Le premier enfant qui parvient à le retrouver peut soit recevoir un cadeau supplémentaire, soit déballer ses cadeaux en premier. Le petit concombre vinaigré est considéré comme un symbole de chance pour l’année à venir.

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D’après les habitants du Midwest américain, la coutume prendrait sa source en Allemagne – assertion réfutée par nos voisins germaniques. Ce qui n’a pas empêché la ville de Berrien Springs (Michigan) de se proclamer «capitale mondiale» du Christmas Pickle.

Des toiles d’araignées comme décoration en Ukraine

En Ukraine, les sapins de Noël se couvrent de toiles d’araignée. Adobe Stock

En Ukraine, quand vient l’heure de Noël, il flotte comme un air d’Halloween. Et pour cause : les sapins de Noël se couvrent de toiles d’araignée ! La tradition veut que ces pièges de soie, utilisés pour orner les maisons le 31 octobre, soient recyclés à Noël. Cette drôle de pratique découle d’une superstition de ce pays de l’est de l’Europe, où les toiles d’araignées sont associées à un heureux présage.

Derrière cette croyance se cache une fable locale. Un jour, alors que Noël approchait, une famille très pauvre aurait trouvé avec bonheur un sapin dans son jardin. Celui-ci avait poussé à partir d’une pomme de pin tombée par hasard sur leur terrain. Très heureux à l’idée de le décorer, les enfants auraient vite déchanté : trop pauvres, leurs parents ne pouvaient pas acheter de décorations. Les araignées du cabanon, au son de leur désespoir, se mirent à tisser leurs plus belles toiles entre les branches du sapin. Au matin, la famille découvrit le travail d’orfèvre qui, une fois le soleil levé, se changea en fils d’or et d’argent. La famille était sauvée de la précarité.

Aller à la messe en rollers au Venezuela

À Caracas au Venezuela, on chausse ses rollers pour se rendre à la messe de Noël. AdobeStock

Dans le centre-ville de Caracas, la capitale du Venezuela, vous ne verrez pas de voitures sur les routes le jour de Noël. Ni même les jours précédents. Celles-ci sont formellement interdites de circuler dès 8 heures du matin lors la «Nochabuena», le réveillon de Noël. Derrière cette mesure, se cache une simple raison de sécurité. En effet, les croyants se rendent à la messe de Noël… en rollers. Pourquoi ? L’origine de la pratique demeure incertaine. Certains suggèrent qu’elle résulte de la difficulté à faire de la luge en décembre au Venezuela – les températures allant de 15 à 27°C. L’alternative des rollers se serait donc imposée aux habitants de Caracas.

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Du pudding au plafond en Slovaquie

En Slovaquie, le dessert est jeté au plafond avant la dégustation. Adobe Stock

«On ne joue pas avec la nourriture»… sauf le soir de Noël en Slovaquie ! Le pudding, dessert de prédilection le 25 décembre dans le pays, finit effectivement collé au plafond. La tradition veut que l’homme le plus âgé de la famille en jette une cuillère en l’air avant de commencer la dégustation. Dans le folklore, plus le pudding reste fixé au plafond, plus la famille aura de la chance l’année suivante.

De drôles de bûches en Catalogne

Des bûches à forme humaine appelées Caga tió. AdobeStock

En Catalogne, les cadeaux de Noël ne sont pas placés sous le sapin. Début décembre, les familles installent dans leur cuisine une bûche en bois à laquelle elles donnent une apparence humaine. Jambes, yeux, nez, bouche, sans oublier la «barretina» en feutre ou en laine (le béret typique catalan) et une couverture rouge pour la protéger du froid… Le tronc à forme humaine devient le Caga tió. Il sera nourri du jour de l’Immaculée Conception (le 8 décembre) jusqu’au soir de l’Avent (24 décembre). À l’origine, le Caga tió recevait seulement des bonbons. Aujourd’hui, il se voit également offrir des cadeaux de plus grande envergure.

Le 24 décembre, avant le dîner, le Caga tió devient un véritable punching-ball. Battu par les enfants de la maison, il expulse ce qui lui a été donné en donnant l’impression de déféquer – d’où son nom très évocateur… À l’origine, ce Caga tió avait pour fonction de réchauffer toute la maison, puisque la bûche finissait jetée au feu après avoir «expulsé» les cadeaux. Ses cendres étaient, par la suite, réparties dans les champs.

Un bol de porridge pour le lutin protecteur du foyer en Norvège

En Norvège, le Nisse est censé protéger les enfants et la ferme. Adobe Stock

En France, la tradition veut qu’on laisse quelques biscuits ainsi qu’un verre de lait au Père Noël, la nuit du 24 au 25 décembre. En Norvège, un cadeau similaire est offert au Nisse. Cet équivalent norvégien du lutin ou de l’elfe est censé protéger les enfants et préserver la ferme du mauvais sort. Il vit sous le plancher des demeures où il officie comme bienfaiteur.

À Noël, les habitants de la maison remercient le Nisse pour ses bonnes actions (et pour les cadeaux qu’il glisse sous le sapin). Pour ce faire, les Norvégiens lui offrent un gros bol de porridge, de bouillie ou de riz. Un passage obligatoire, puisque le Nisse ne fait pas le bien par plaisir ou par générosité. Selon la légende, ceux qui négligent leur Nisse en subissent la vengeance. Traditionnellement, sous la forme d’un malheur s’abattant sur la ferme…

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Se déguiser en momie en Lettonie

En Lettonie, se déguiser en momie garantirait un Noël prospère. AdobeStock

Après les toiles d’araignée ukrainiennes, place aux momies lettonnes à Noël. Pendant les fêtes de fin d’année, les Lettons se parent d’une multitude de bandelettes blanches. Le but : ressembler à des momies. Ils vont ensuite de porte en porte munis de cadeaux. Ils les échangent alors contre d’autres présents, donnés par les personnes qui leur ouvrent. Chacun récite ensuite des bénédictions. L’objectif de ce drôle de manège ? Garantir un Noël prospère, rien de moins.

Entendre le chant du cheval mort au Pays de Galles

Mari Lwyd peut être représenté avec un vrai crâne de cheval ou une version en papier mâché. Flickr/giveawayboy

Au Pays de Galles, c’est l’effrayante tradition de Mari Lwyd qui rythme les fêtes de Noël. Selon la coutume, à la nuit tombée, un groupe de Gallois se rend de maison en maison avec une perche. À son extrémité est accroché un crâne de cheval – ou, à défaut, une version en papier mâché. Coiffée de rubans, de fausses oreilles et d’yeux en verre, la tête est habillée d’un grand drap blanc.

Devant chaque porte où il marque l’arrêt, le groupe se met à chanter, dans l’espoir d’être reçu à dîner. C’est ensuite aux habitants de la maison d’argumenter pour que le petit clan n’entre pas, toujours en chantant. La présence de la Mari Lwyd est censée apporter de la chance pour l’année à venir. Les résidents doivent donc, selon l’usage, finalement accepter les chanteurs. Celui qui tient la perche est censé effrayer les enfants de la maison en entrant.

L’origine de la menaçante Mari Lwyd reste incertaine. Dans de nombreuses mythologies européennes, le cheval est un animal qui peut passer du monde des vivants à celui des morts. Il incarne aussi une figure biblique. Cependant, bon nombre de personnes associent Mari Lwyd à l’ère préchrétienne.



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