« Trop de fêtes, trop de monde, trop de tout » et pourtant… Pourquoi Marrakech reste la destination préférée des Français cet hiver


Le Maroc, première destination étrangère des Français au-delà de l’Europe, multiplie les liaisons aériennes pour développer de nouvelles destinations. Mais Marrakech reste le spot privilégié des Français pour les vacances d’hiver. Comment expliquer un tel succès, alors que le prix de l’expresso et l’affluence n’ont rien à envier à Paris ?

Trop chère, trop de monde… Certes, Marrakech compte des détracteurs. Mais, à en croire les derniers chiffres, elle compte toujours plus d’aficionados, et l’engouement pour la ville Rouge ne semble pas près de faiblir. Boostée par l’effet Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football en fin d’année, la capitale touristique du Maroc a battu des records de fréquentation en 2025 avec plus de 12,4 millions de nuitées (+3%, sur les 11 premiers mois de l’année). Et elle fait le plein pendant ces vacances d’hiver.

Les riads affichent quasiment complet selon l’Association des Maisons d’Hôtes de Marrakech et du Sud, avec des taux d’occupation moyens dépassant les 80%. L’optimisme est également de mise chez les hôteliers où l’on pointe l’absence d’incidence du ramadan, le mois sacré qui vient de commencer sur les réservations depuis quelques saisons. Les Français promettent d’être au rendez-vous : Marrakech arrive encore et toujours en tête des destinations réservées pour ces vacances de février sur le marché tricolore, selon le moteur de recherche Liligo, en phase avec une passion bien ancrée. Le marché français représente à lui seul un tiers environ de la fréquentation de la ville Rouge


Passer la publicité

Alors que de nouvelles destinations émergent un peu partout au Maroc, à la faveur notamment d’une amélioration de la connectivité aérienne, affichant des croissances à deux chiffres (+14% de nuitées à Tanger de janvier à fin novembre 2025 selon la Direction des Etudes et Prévisions Financières (DEPF), + 12% à Fès, + 13% à Rabat, +27% à Ouarzazate), cette prééminence de Marrakech interroge.

Voir aussi :  à Ibiza, la fête est bientôt finie

Liaisons aériennes

L’emblématique Grand Café de la Poste, dans le quartier du Guéliz.
ERIC MARTIN

« Climat doux, proximité et budget maîtrisé » : chez Liligo, on avance plusieurs raisons simples. La destination répond aux envies de soleil d’hiver sans (trop) grever le porte-monnaie si l’on considère le prix du billet d’avion : il s’affiche en moyenne à 173 euros l’aller-retour cet hiver (hors suppléments bagage), en recul de 18% par rapport à 2025).

À l’attrait du climat, il faut ajouter la facilité d’accès. « De nouvelles lignes aériennes s’ouvrent sans arrêt et, sur les marchés forts comme la France, on observe une multiplication des villes de départ ou l’ajout de nouvelles fréquences », constate Fabrice Castellorizos, directeur général du Radisson Blu Marrakech. Transavia assure ainsi cet hiver jusqu’à 61 vols hebdomadaires vers Marrakech au départ d’aéroports majeurs comme Paris-Orly mais aussi secondaires comme Biarritz ou Deauville, ce qui représente plus de 44% des vols de la compagnie pour le Maroc, toutes villes confondues.

Prix parisiens

Le luxueux Royal Mansour, l’un des plus beaux hôtels de Marrakech et du Maroc.
RAPHAEL GAILLARDE

Pourtant, la ville semble aussi rattrapée par son succès. « On ne retournera pas à Marrakech, trop de monde, trop de pollution », résumaient deux seniors croisées dans un avion pour Rennes tandis qu’un habitué de la ville Rouge affichait sa déception vis-à-vis de lieux pourtant emblématiques comme le jardin Majorelle « toujours inspirant bien sûr, mais trop balisé, on y est canalisé, tout est fait pour que l’on en sorte vite ».

Listes ou files d’attente pour certaines adresses prisées, hausse du ticket moyen dans les bars et restaurants dus en partie à l’envolée du coût des produits (le prix de l’expresso ou du cocktail y est souvent plus élevé qu’à Paris), gestion des flux compliquée entre piétons et mobylettes dans une médina plus moderne et moins authentique…

Voir aussi :  L'Espagne resserre la vis pour les touristes français


Passer la publicité

« Marrakech a des atouts indéniables avec sa médina, ses sites historiques, ses évènements culturels, son sens de l’accueil symbolisé par la bahja (joie de vivre), la proximité des montagnes, à 45 minutes de voiture, et de l’océan à 1h30 », résume Samuel Roure, président de l’Association des Maisons d’Hôtes de Marrakech et du Sud. «Mais des défis sont à relever en termes de mobilité et de gestion du secteur informel notamment. Si l’on veut s’affirmer comme une grande destination touristique il faut gérer la croissance ». L’association prône notamment un plan d’aménagement concerté de la médina avec sanctuarisation de certains axes pour contrer pollution et encombrements.

«On est loin de Venise»

« Trop de fêtes, trop de monde, trop de tout » comme le pointait le magazine marocain Tel Quel dans un article publié fin décembre ? « La ville a changé certes, et en bien, avec une amélioration des infrastructures, il y a du monde mais cela reste raisonnable, on est loin de Venise », tempère Fabrice Castellorizos, pour qui Marrakech reste, malgré tout, abordable pour toutes les bourses en hôtellerie comme en restauration. Et si la ville attire autant, en particulier les Français, c’est qu’outre la francophonie, elle est la seule ville marocaine à cocher toutes les cases, nourrissant une diversité d’expériences modulable selon les goûts et les moments du séjour.

« Marrakech offre un dépaysement certain avec une richesse culturelle et artisanale. Conjugué au développement du wellness, cela permet de proposer des expériences très intéressantes de visites et shopping tout en équilibrant avec des moments de détente », interprète Caroline Bauchet Bouhlal, Directrice générale adjointe du Es Saadi Marrakech Resort, soulignant également « l’offre extrêmement diverse et intéressante en matière d’entertainment comme sur le volet artistique ». Une démonstration qui se vérifie presque chaque week-end, avec un agenda culturel fourni et, pour les événements en plein air, l’Atlas enneigé en toile de fond.

Voir aussi :  Chat Qui Joue ?? ...?

En images – L’un des hôtels les plus luxueux de Marrakech a rouvert ses portes fin 2025 après rénovation : voici le nouvel Amanjena

Marrakech : visite en avant-première de l’Amanjena, l’un des hôtels de luxe iconiques, après sa rénovation


Accéder au diaporama (8)



Source link

Related posts:

Vous aimerez aussi...