Week-end à Nîmes, romaine et contemporaine


La cité antique se met à l’heure de l’art actuel jusqu’à fin juin. Ainsi, les créations de la nouvelle triennale s’immiscent dans tous les quartiers, de l’Écusson aux jardins de la Fontaine.

Envoyée spéciale à Nîmes (Gard)

Dès la descente du train, soyez attentif ! L’expérience commence ici, en gare de Nîmes Centre, première étape d’un long parcours artistique qui serpente dans toute la cité antique. Le regard se lève pour découvrir, sur le fronton, les photographies du Belge Alassan Diawara. Ces visages sont ceux des habitants de la région. On retrouvera ensuite l’artiste au Carré d’Art, en duo avec Zineb Sedira (qui représentait la France à la 59e Biennale de Venise en 2022). L’aventure de la Contemporaine de Nîmes, première édition de la triennale de création contemporaine, se poursuit sur la grande montée arborée de l’avenue Feuchères conduisant aux arènes.

Toujours le nez en l’air, on lit des messages inscrits sur des bulles de tissus suspendus, tels des SMS cryptés. Une sorte de poème visuel composé par Delphine Dénéréaz et Sonia Chiambretto. C’est festif et coloré. Tout au long du parcours – dans l’espace public comme dans les musées -, ce sont douze binômes d’artistes qui sont réunis, un jeune et son mentor. Une volonté du couple de directeurs artistiques, venu de Pantin (93). Anna Labouze et Keimis Henni ont souhaité aborder la question « de la transmission intergénération nelle ». Le duo, à la tête d’Artagon (association accompagnant de jeunes artistes), qui connaît bien la scène émergente, fait une proposition à la fois originale et inégale selon les lieux d’exposition nîmois.

Les temps forts de cette toute nouvelle triennale foisonnante – se voulant « participative, en lien avec les acteurs du territoire » -, sont à voir, notamment, au Musée du Vieux Nîmes. Jeanne Vicerial, 33 ans, star montante de la Galerie Templon, y confronte ses costumes, aux allures monastiques, sculptés à l’aide de cordes noires ou blanches, aux toiles du grand maître de l’abstraction Pierre Soulages (1919-2022). Quatre belles pièces provenant, entre autres, du Musée de Rodez. Une rencontre presque mystique, entre fil et pinceau, dans la pénombre de cette institution (jusqu’au 24 nov.). Profitez-en pour vous attarder dans les salles de l’ancien palais épiscopal, détenant des collections d’objets populaires (céramiques, mobilier…) remarquables.

Danse des foulards, 1975, de Baya, gouache et aquarelle sur papier, au Musée des beaux-arts.
Baya, 2024 & Mennour, Paris

Autre halte indispensable au Musée des beaux-arts, où la jeune plasticienne Neïla Czermak Ichti, 28 ans, dialogue avec Baya (1931-1998), pionnière de la peinture algérienne (une rétrospective à l’IMA en 2023 a permis de la (re)découvrir). Ici, les superbes gouaches poétiques, naïves et colorées de Baya font face aux installations suspendues et « punchy », comme les boxeuses très pop de Neïla. Enfin, ne manquez pas d’aller jusqu’aux magnifiques jardins de la Fontaine pour admirer le Water Lines, œuvre monumentale en bois, tel un aqueduc aux lignes graciles (clin d’œil au fameux pont du Gard), réalisée conjointement par le Franco-Afghan Feda Wardak et le grand artiste et architecte japonais Tadashi Kawamata. La vertu de cette manifestation – au-delà de la découverte de la création en ébullition- est d’arpenter la ville et ses lieux historiques sous un autre regard.

Voir aussi :  Pratique : Bien choisir son assurance voyage pour des vacances en toute sérénité

Jusqu’au 23 juin. contemporainedenimes.com

Le parcours à Nîmes proposé par le Figaroscope
Le Figaro

Visite

1. Musée de la Romanité

Parmi les lieux si bien conservés, témoignant de la présence romaine, des arènes à la Maison Carrée (inscrite au Patrimoine mondial par l’Unesco en 2023), on s’arrête au Musée de la Romanité pour admirer le riche passé antique de Nîmes. En 2006-2007, lors des fouilles préventives précédant les travaux des allées Jaurès, une domus (maison romaine) et deux mosaïques, dites d’Achille et de Penthée, ont été retrouvées. Ces pièces en excellent état de conservation, qualifiées par les spécialistes de « plus belles pièces après celles de Pompéi » font désormais partie des collections valorisées par l’architecture ultramoderne d’Elizabeth de Portzamparc. Sobre, légère et épurée, la structure composée de plus de 6000 carreaux de verre semblables à de la mosaïque, inaugurée en 2018, donne à l’ensemble un effet drapé très aérien.

16, bd des Arènes. museedelaromanite.fr

Où dormir ?

2. Odalys City Nîmes Arènes

Avec sa vue plongeante sur les arènes, cet établissement confortable mais à la décoration très minimaliste est un bon compromis pour qui veut un hébergement complet avec chambre équipée d’une kitchenette en plein centre historique. Sans grand charme, les 78 studios et 5 appartements de 2 pièces pour 4 personnes, ont le mérite d’être fonctionnels. Autre atout ? Le petit déjeuner (copieux), servi au dernier étage, avec terrasse et vue sur les toits de la ville. Le studio de 18 à 25 m2, pour 2 personnes, à partir 90 € ; petit déjeuner : 16 €.

4, rue Alexandre-Ducros. Tél. : 04 66 05 07 05. odalys-vacances.com

3. Margaret-Hôtel Chouleur

Margaret-Hôtel Chouleur.
Maxime Pietri

Les onze chambres et suites font de ce 5-étoiles un lieu d’exception à Nîmes. Logée dans un bel hôtel particulier classé du XVIIe siècle, au cœur de l’Écusson, la demeure s’articule autour d’un vaste patio. À l’intérieur, l’escalier monumental (pas d’ascenseur) conduit aux chambres et aux salons élégamment décorés. Le ton est donné : parquet point de Hongrie, murs aux teintes mates (gris, terre cuite…), mobilier contemporain, œuvres d’art, bibliothèque et jardin arboré… avec petite piscine extérieure. Pour les plus petites chambres de 26 m2, comptez 190 € ; chambres de 33 m2, 250 € et suite à partir de 400 €. Petit déjeuner, 25 €. Deux restaurants, Rouge (gastronomique, 1 étoile au Guide Michelin) et le bistrot Gigi (voir ci-après), complètent l’offre de cet établissement, l’un des fleurons du groupe The Social Club.

Voir aussi :  VLOG THAÏLANDE #18 - CONSEILS ET ASTUCES - COMMENT ÉCONOMISER SON ARGENT EN THAÏLANDE

6, rue Fresque. Tél. : 04 48 27 08 00. margaret-hotelchouleur.com

À table !

4. Gamel

Cristian Moisa, en cuisine, et sa compagne, Morgane André, en salle, font de cette petite adresse de seulement 23 couverts (dedans) et plus de 40 en extérieur, sur une charmante place ombragée, le dernier rendez-vous bistronomique intime de la ville. Les asperges de Camargue, le dos de cabillaud rôti au beurre, risotto de petit épeautre, tombée d’épinards, aneth et fraises gariguettes sont la combinaison gagnante de Gamel. Ouvert du mercredi au dimanche le soir (et à midi sam. et dim.), deux menus sont proposés : en 3 temps (40 €), en 5 temps (55 €).

8, rue Xavier-Sigalon. Tél. : 04 66 36 25 80.

5. Gigi

Le bistrot chic de Margaret-Hôtel Chouleur baigne dans une atmosphère chaleureuse aux tons rouge mat. En salle, mobilier de bois aux lignes fines, long comptoir et tabourets hauts. En coulisses, la chef Georgiana Viou compose une cuisine méditerranéenne bien enlevée, aussi soignée que goûteuse. La carte, courte, propose une entrée façon « vitello tonnato » où un étonnant guacamole aux olives remplace la crème aux anchois (11 €), un agneau des Alpilles en deux cuissons, juste rosé, accompagné de légumes croquants au vin jaune (34 €). Dans le verre ? Un vin blanc de Marsanne de Julien Pilon (7 €).

6, rue Fresque. Tél. : 04 48 27 08 00. margaret-hotelchouleur.com

Expérience

6. Coutellerie Domingo

Au cœur du savoir-faire de la coutellerie Domingo
COUTELLERIE DOMINGO

L’atelier de Jérôme Domingo est digne d’être exploré. Enfouis sous des couches de poussière après chaque affûtage, les outils et machines servant à fabriquer ses couteaux valent le détour. Fort d’une expérience de plus de dix-sept ans passés à Thiers, le maître artisan est revenu dans sa ville natale pour ouvrir sa boutique-atelier, il y a une quinzaine d’années. Il y fabrique notamment le Nîmois, le Minot et le DOM (modèles déposés), dotés d’une lame en inox et d’un manche en olivier ou en Plexiglas nacré (de 130 € à 150 €). Ce passionné de tauromachie propose aussi des manches en corne de taureau, avec décor guilloché et inscriptions gravées sur mesure. Le samedi après-midi, on vient observer son travail de 14 h 30 à 18 h 30. Les passionnés peuvent revenir en semaine pour un stage d’apprentissage (195 € la journée).

15, rue Saint-Castor. Tél. : 04 66 67 01 28. coutelleriedomingo.com

Excursion

L’abbatiale de Saint-Gilles

L’abbatiale de Saint-Gilles.
Nîmes Tourisme

À une trentaine de kilomètres au sud-est de Nîmes, l’ancienne cité fortifiée au XIe siècle fut une importante destination de pèlerinage et le centre politique des comtes de Toulouse. Située sur le chemin de Compostelle, l’abbatiale de Saint-Gilles s’impose comme un édifice majeur de la chrétienté au XIIIe siècle, par son emplacement et ses dimensions. Sa façade large de 33 mètres – inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1998 – impressionne. On peut y lire de gauche à droite, du portail nord au portail sud, des scènes issues du Nouveau Testament représentant les épisodes de la semaine sainte et de la Pâque. Habilement restaurée, l’abbatiale classée monument historique depuis 1840 cache, en sous-sol, une remarquable crypte sous sa nef. Elle se distingue par le décor de ses voûtes sur croisée d’ogives et ses piliers d’inspiration antique. La visite guidée est passionnante.

Voir aussi :  new mycanal checker by X KILLER تشاكر الذي يبحث عليه جميع

Place de la République. Tél. : 04 34 39 58 10. saint-gilles.fr ; entrée : 3,50 €. Ou comprise dans le City Pass de Nîmes : de 2 à 7 jours, de 29 à 39 €. nimes-tourisme.com

Emporter un souvenir

7. Les croquants de L’Huilerie

La boutique est un peu la caverne d’Ali Baba des becs fins depuis plus de cinquante ans. Dans cette épicerie de produits du terroir pour la plupart, tout attire l’œil et suscite la gourmandise. De l’huile d’olive Picholine AOP bio (14 € le flacon de 25 cl) au Bon Malakoff, une barre de chocolat praliné aux éclats de noisette (10 € le paquet de 12 barres), en passant par le miel de thym du Gard (22,90 € le pot de 500 g), plus rare, selon l’épicier.

10, rue des Marchands. Tél. : 04 66 67 37 24. lhuilerie.com

8. La Maison de la Brandade

Au pied de la tour de l’Horloge, en plein centre de l’Écusson, les Nîmois s’empressent d’aller acheter la brandade de morue crémeuse à étaler sur un bon pain toasté, à l’apéritif. La famille Mouton, qui détient le secret d’un savoir-faire depuis des générations, enrichit au fil du temps ses recettes artisanales, avec ou sans lactose, de la plus authentique (à partir de 7,70 €, le pot de 200 g) à la « Romaine » aux asperges, au printemps. Pour la petite histoire, cette spécialité locale est le fruit de la rencontre au XVIIIe siècle entre pêcheurs bretons (qui cherchaient du sel pour conserver leurs morues) et vendeurs d’or blanc du salin d’Aigues-Mortes.

9, rue de l’Horloge. Tél. : 04 34 04 26 96. lanimoise.fr



Source link

Vous aimerez aussi...