Ce grand nom de la mode nous livre ses bonnes adresses à Singapour


Extrêmement attaché à la terre de ses ancêtres, originaire de Singapour mais parisien depuis trente ans, le créateur Andrew Gn n’a pas son pareil pour livrer au visiteur le meilleur de ce que cette cité-État insulaire peut offrir, hors des parcours bien rodés.

Andrew Gn, seul grand nom de mode originaire de Singapour, a choisi des lieux chers à son cœur et à son histoire familiale, ancrée dans la culture sino-malaisienne, dite peranakan.« Des lieux très colorés, complexes et précis que je n’aurais pu dessiner moi-même sans les simplifier. J’ai donc opté pour un traitement à la fois manuel et digital, mariant photo, gouache et aquarelle, afin d’illustrer à ma manière cette culture si riche et variée », raconte-t-il.

Premier ressenti en descendant de l’avion

En débarquant, on comprend tout de suite pourquoi Singapour a été baptisé la « ville-jardin ». À chaque fois, je m’émerveille de redécouvrir combien tout est joli, vert et fleuri, depuis la sortie de l’aéroport jusqu’à downtown, sur l’autoroute longeant la mer, parmi les parcs à la végétation luxuriante. Ici, on ne traverse aucune banlieue moche, car le gouvernement a toujours fait en sorte que les quartiers les plus populaires soient abondamment arborés et pourvus d’espaces de loisirs bien entretenus. La grande caractéristique de cette toute petite île réside dans la cohabitation frappante de la verticalité de ses architectures contemporaines, voire futuristes, et de la nature omniprésente.

L’hôtel Raffles, un point de chute idéal

Le mythique Raffles est le plus bel hôtel de type colonial de la ville.
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Immanquable, au moins pour une visite ou un high tea dans le grand hall, le mythique Raffles est le plus bel hôtel de type colonial de la ville. Même s’il a été entièrement rénové, il reste d’abord pour moi lié à des souvenirs d’enfance, car nos parents nous amenaient toujours ici pour fêter les événements importants de nos vies. Les serveuses, en gants blancs, servaient aux Anglaises le curry indien dans un immense plat en argent. Dans un autre genre, le Capella, à Sentosa Island, est un fabuleux resort, ouvert depuis une vingtaine d’années. Il permet de s’exiler un peu du centre, dans une succession de très belles villas coloniales.

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Un endroit où se régaler

La cuisine peranakan s’est toujours transmise oralement au sein des familles et plusieurs restaurants formidables permettent de la découvrir.
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La cuisine peranakan, dont l’histoire s’est ancrée à Singapour, est à ne pas manquer ici car elle n’a pas de tradition écrite ; unique au monde, elle s’est toujours transmise oralement au sein des familles et plusieurs restaurants formidables permettent de la découvrir : le très raffiné Candelnut est à juste titre le plus connu de la ville grâce à son étoile Michelin. Mais je recommande aussi deux adresses plus authentiques qui me touchent : le très beau True Blue, à côté du Peranakan Museum, tenu par Benjamin qui a tout appris de sa mère, Daisy, qu’il a regardé faire toute son enfance, et Rumha Bebe, qui est ce que l’on appelle une « Peranakan Heritage House », un lieu à la fois salon de thé où acheter les gâteaux traditionnels faits par des femmes aux recettes secrètes, qui les apportent là pour les vendre, et un espace de couture, de cours de borderie où s’offrir des créations simples mais intimement liées à cette culture qu’on ne trouve plus ailleurs : costumes, petites chaussures perlées cousues main, etc.

Un lieu enchanteur

Thomson Nature Park est une pépite totalement méconnue au centre de l’île.
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À l’opposé du célèbre Jardin botanique tropical qui a enraciné en moi l’amour de la nature – c’est l’un des plus beaux d’Asie, inscrit par l’Unesco au Patrimoine mondial de l’humanité – et ses collections-laboratoires de gingembres et d’orchidées mondialement connues, Thomson Nature Park est une pépite totalement méconnue au centre de l’île, accessible depuis 2019 seulement. Ce parc me touche beaucoup car c’était un ancien village d’immigrés chinois, déserté et revenu depuis un demi-siècle à la nature, à une sorte de forêt incroyable en pleine ville avec singes et oiseaux, parsemée de ruines – comme celles de l’école ou des petits commerces. Avis donc aux amateurs de jungle et de vestiges !

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Les musées à ne pas manquer

Le musée Peranakan, le premier au monde dédié aux origines et à l’héritage de cette culture si singulière.
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Le musée des Civilisations asiatiques est l’un des meilleurs de la région. Superbe bâtiment colonial anglais, à taille humaine et très riche, il illustre le rôle majeur de Singapour comme ville portuaire et carrefour maritime de l’Asie, et abrite de magnifiques collections dont l’une des plus rares d’art religieux de l’Asie du Sud-Est.

C’est là, de mai à juillet dernier, que s’est tenue la toute première rétrospective de mon travail (Vingt-huit années de création) lors de laquelle j’ai fait don de 160 modèles originaux (des prototypes) qui vont constituer le début d’un fonds de mode. Je suis si fier d’être Singapourien !

L’autre lieu est une ancienne école devenue le musée Peranakan, le premier au monde dédié aux origines et à l’héritage de cette culture si singulière. Je le visite comme une déambulation dans ce qui constitue mon histoire maternelle. La collection inouïe de photos d’archives est particulièrement touchante, je la vois comme un album de famille. Chaque image me procure une grande émotion.

Un quartier où faire du shopping

Dominé par le dôme doré de la Mosquée du Sultan, le quartier musulman de Kampong Gelam a toujours été un quartier de marchands.
Ronnie Chua / ronniechua – stock.adobe.com

Le quartier musulman de Kampong Glam, autour de la première mosquée de Singapour. Il y a plein d’échoppes avec des produits artisanaux : du batik (que vous pouvez choisir, avant de faire réaliser sur place une tenue, robe ou chemise), des vases produits en Asie du Sud-Est, des céramiques de Thaïlande peintes à la main, et toutes sortes d’articles d’artisanat musulman : tissus, parfums, bijoux d’Indonésie ou de Malaisie…

Une balade inspirante

Le très pittoresque quartier Joo Chiat Katong.
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Dans le très pittoresque quartier Joo Chiat Katong avec ses célèbres maisons multicolores datant de la fin XIXe-début XXe, petites boutiques, cafés et salons de thé sont un régal visuel et une curiosité en soi. Au plus près de la mer se trouve la maison des années 1930 de mes grands-parents. Cette palette de couleurs a imprégné mon subconscient. Mon travail est intimement lié à ces lieux-là.

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Une rencontre exquise

Andrew Gn, seul grand nom de mode originaire de Singapour, a choisi des lieux chers à son cœur.
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Le meilleur fleuriste du pays est un ancien architecte n’utilisant que des végétaux locaux – repéré par l’ex-fondatrice de Colette, il vient d’ouvrir à Paris en collaboration avec Just an Idea, et conseille également Hermès pour ses compositions florales. On peut se rendre à This Humid House, l’atelier où il travaille, ou commander en ligne et le voir composer sur Zoom sur mesure. C’est sans égal et superbe !

Une sortie nocturne

Wild Rice est un théâtre à l’ancienne dont la disposition scénique permet d’interagir avec les acteurs, mais c’est surtout à mes yeux l’un des lieux de culture les plus avant-gardistes de la ville. Il est dirigé par le charismatique Ivan Heng, qui a révolutionné les arts de la scène à Singapour en osant faire valoir une pensée progressiste et programmer des œuvres dont les sujets n’étaient pas abordés jusqu’alors ici. C’est un lieu où l’expression s’est libérée.

Extrêmement attaché à la terre de ses ancêtres, le créateur Andrew Gn est originaire de Singapour mais parisien depuis trente ans.
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