Deuxième voyage au Canada ? Cap sur l’Ontario, de villes-mondes en étendues sauvages


Après le Québec, l’Ontario dévoile un Canada plus anglophone, plus démesuré aussi. D’Ottawa au parc Algonquin, de Toronto aux chutes du Niagara, cet itinéraire de huit à dix jours alterne musées nationaux, quartiers cosmopolites et forêts infinies.

Les voyageurs francophones, qui privilégient logiquement le Québec pour effectuer leurs premiers pas au Canada, ne peuvent appréhender l’immensité du pays sans poursuivre leurs découvertes vers l’Ontario. La transition s’effectue en douceur, en enjambant la rivière des Outaouais qui sépare les villes de Gatineau et d’Ottawa. Cette dernière fut choisie comme capitale nationale par la reine Victoria en 1857 pour sa position stratégique entre les deux grands pôles linguistiques du pays.

Tout est à portée de jambes dans cette cité élégante, qui concentre quelques emblèmes nationaux : les bâtiments néogothiques du Parlement, le vénérable hôtel Château Laurier ou les écluses du canal Rideau, classées par l’Unesco. Nature, beaux-arts, aviation, agriculture, sciences… Tous les domaines du savoir ont droit à leur musée à Ottawa.


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Mais si, faute de temps, il n’y en avait qu’un seul à visiter, il faudrait retourner à Gatineau, où le Musée canadien de l’Histoire dresse sa silhouette toute en courbes face au Parlement. Allégorie du paysage, son architecture d’inspiration autochtone vaut à elle seule le détour.

En canoë dans l’Algonquin

Quelque 1600 kilomètres de voies navigables serpentent à travers le parc Algonquin et son dédale de 2400 lacs.
Jean-Claude Urbain / Le Figaro

Depuis Ottawa, l’itinéraire prend la direction de l’ouest. Les banlieues s’effacent, les forêts s’épaississent. Avant de retrouver le bitume, il faut s’accorder au moins deux journées au grand air. Établi en 1893, l’Algonquin fut le premier parc provincial de l’Ontario. La route 60, qui traverse sa partie méridionale sur 56 kilomètres, est jalonnée d’aires de camping et de sentiers pédestres. Certains suivent le cours d’une rivière, d’autres conduisent à un belvédère ou font le tour d’un lac.

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Ici, le voyage change de rythme. Le téléphone ne capte plus, l’air sent la résine et les panneaux invitent à se méfier des orignaux. Castors, loups et ours noirs peuplent également cette forêt boréale. C’est pourtant sur l’eau que l’Ontario révèle sa vraie nature. Le parc Algonquin possède un labyrinthe de voies navigables et de portages. Le canoë reste une activité accessible au plus grand nombre, à condition d’être bien équipé et de savoir lire une carte. En automne, ce type d’escapade sur l’eau permet de retrouver le Canada originel : celui des grands espaces sauvages et des érables flamboyants.

Toronto, un bouillon de cultures

L’hôtel de Ville de Toronto (ouvert en 1965) conçu par l’architecte finlandais Viljo Revell devant la place Nathan Phillips Square.
ERIC MARTIN

Après ce bain de silence, l’arrivée à Toronto produit son effet. Les voies rapides s’élargissent, les tours obstruent peu à peu l’horizon. Capitale politique de la province, Toronto est surtout la ville la plus active du pays. Sa densité, sa superficie et ses gratte-ciel peuvent intimider. Mais il ne faut guère de temps pour tomber sous le charme de son métissage. Toronto est une des villes les plus cosmopolites du monde.

Elle en a fait sa devise : «Diversity, Our Strength» – «La diversité, notre force». Y parler anglais avec l’accent français ne vous désigne donc pas d’emblée comme un touriste. Haute de 553 mètres, la CN Tower offre une vue spectaculaire sur cette Babel nord-américaine. À ses pieds, la ville ne possède pas de centre bien délimité : elle se lit par quartiers, et surtout en marchant : Cabbagetown et ses maisons victoriennes, Kensington Market et ses échoppes animées, Old Town et ses bâtiments historiques, Queen Street West et ses ateliers de créateurs. Prestige oblige, Toronto possède, elle aussi, de nombreux musées de premier ordre. Parmi eux, le Royal Ontario Museum est le plus grand du pays.

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Niagara, le bouquet final

La rivière Niagara sépare le Canada et les États-Unis. Ses chutes sont accessibles de part et d’autre de la frontière, mais elles ne s’admirent de face que du côté canadien.
Jean-Claude Urbain / Le Figaro


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À moins de deux heures de route de Toronto, les chutes du Niagara offrent un spectacle dont la célébrité n’a pas entamé la puissance. L’urbanisation alentour a beau multiplier néons et attractions, le tumulte de la cataracte demeure toujours aussi captivant. Une promenade sur les balcons qui bordent le gigantesque gradin en fer à cheval suffit à comprendre pourquoi les Iroquois l’appelaient le « Grand Tonnerre des eaux ». Au plus fort, son débit dépasse les 2800 m³ par seconde. Les Canadiens ont imaginé plusieurs façons d’approcher ce bouillonnement : par-derrière, depuis des tunnels creusés dans la roche ; par-devant, lancé en tyrolienne ; par-dessus, installé dans le cockpit d’un hélicoptère.

Le bateau reste toutefois le meilleur moyen de s’approcher du tumulte. Ne pas oublier son poncho : la douche est garantie. Après la capitale policée, les lacs silencieux et la mégalopole hyperactive, le périple en Ontario s’achève dans les embruns. Bien plus qu’une deuxième étape après le Québec, cette province est un condensé de Canada : sauvage, accueillant et vertigineux.

Pratique

SE DÉPLACER

Idéal pour un premier aperçu de Toronto, mais également très pratique pour y circuler, le bus City Sightseeing Hop-On Hop-Off effectue un circuit commenté de 2 h passant par les principaux sites de la ville. Les départs sont programmés toutes les 20 min depuis la place Yonge-Dundas. Mais il est possible de monter à bord, ou de descendre, à chacune des 20 stations. 
Site Citysightseeingtoronto.com

SE LOGER

À l’ombre du Fairmont Château Laurier, les écluses réalisent une jonction navigable entre la rivière des Outaouais et le canal Rideau, jusqu’au lac Ontario.
Photo presse


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Face à la colline parlementaire d’Ottawa, le Fairmont Château Laurier est une institution. Sa construction, en 1912, a changé la face de la capitale canadienne. Ses chambres, qui ont accueilli des dignitaires du monde entier, ont été remises au goût du jour. À noter que les heureux membres du réseau Fairmont Gold bénéficient ici d’un étage réservé, véritable « hôtel dans l’hôtel ». Fairmont.com

Très pratique d’accès en voiture à l’entrée de Toronto, l’Hôtel X Toronto est un établissement haut de gamme aux prestations impressionnantes : galerie d’Art, piscine de toit, salle de cinéma, cours de tennis couverts, etc. Au calme, son éloignement des quartiers les plus animés n’est pas un problème puisque des limousines sont à la disposition des clients pour les emmener gratuitement jusqu’à la station de métro Union. Hotelxtoronto.com

Une autre façon d’apprécier les chutes du Niagara est de se réveiller directement en face ! Pour cela, l’hôtel Marriott Fallsview & Spa de Niagara Falls est le mieux placé puisqu’il domine littéralement le fameux « fer-à-cheval ». Plus on monte dans les étages, plus la vue plongeante sur la cataracte est spectaculaire. Marriott.com

EXCURSIONS

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En plus de proposer tout l’équipement nécessaire pour bivouaquer dans la nature, le réseau de magasins Algonquin Outfitters propose des services complets d’excursions en canoë. Ces circuits d’une demi-journée à trois semaines peuvent être envisagés avec un guide ou en autonomie. La compagnie se charge alors de toute la partie logistique. L’enseigne possède trois emplacements accessibles depuis la route 60 qui traverse le parc. 
Algonquinoutfitters.com

SITES OFFICIELS



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